Lauréat 2020 de l'aide à l'écriture et à la publication d'un essai critiqueAide proposée par l’INHA (Institut national d’histoire de l’art) et l’Institut français, en partenariat avec le ministère de la Culture – Direction générale de la création artistique et la revue CRITIQUE D’ART.

Myvillages, Salle de classe, projet « Eco Nomadic School » : le jardin de Mihaela Efraim, 2016, Brezoi, Roumanie

Camille Azaïs est la cinquième lauréate de l’aide à l’écriture et à la publication d’un essai critique, mise en place en 2015. 

Afin de soutenir la production intellectuelle innovante et engagée dans le domaine de la critique d’art, cette aide permet à de jeunes auteurs, français ou vivant en France depuis au moins cinq ans, arrivés à un stade de première reconnaissance professionnelle, de visiter une ou plusieurs manifestations dans le champ de l’art contemporain à l’étranger, de publier et de diffuser l’essai critique qui résultera de ce voyage.

Camille Azaïs est critique d’art et auteur de fiction, membre de l’AICA. Ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure de Lyon, elle collabore régulièrement à des revues spécialisées (ZéroDeux, Revue Profane) et écrit pour des institutions (Centre Pompidou, Collection Pinault, Radio France). Elle a été commissaire d’un certain nombre d’expositions, notamment à la galerie Florence Loewy ( « Faire des fleurs » en 2014, « Subterranea » en 2017 et une exposition collective à venir en 2020, « Extinction »). En 2017, elle fonde la revue Ingmar, dédiée à l’écriture de fiction dans le champ des arts visuels, qui se prolonge par un cours sur ce thème à l’École supérieure d’arts et médias de Caen en 2019. Son travail critique s’intéresse aux multiples dimensions des rapports entre l’art contemporain et le vivant, et au rôle que peut jouer l’écriture de fiction dans l’invention d’un autre rapport à la nature.

Le projet de Camille Azaïs pour l’aide à l’écriture et à la publication d’un texte critique, intitulé « Art en contexte rural : quels enjeux au regard de la crise écologique ? » s’intéresse à la transformation des campagnes dans le contexte contemporain et notamment aux artistes ou collectifs d’artistes qui choisissent de travailler avec et depuis le contexte rural.

La bourse lui permettra de visiter plusieurs expositions : en avril, l’exposition « Countryside : The Future » de Rem Koolhaas au Guggenheim Museum de New York, et en septembre, la 39e Biennale de l’Irlande qui prend cette année pour point de départ les notions de terre, d’exploitation et de valeur.  Cette bourse lui permettra également de faire un voyage d’étude en Angleterre afin de rencontrer plusieurs artistes et institutions implantés en contexte rural : Grizedale Arts, le programme « More Than Ponies » de New Forest, le collectif « MyVillages » (Kathrin Böhm, Wapke Feenstra et Antje Schiffers), dont le travail a été présenté dernièrement à la Whitechapel Gallery de Londres. Prise entre les enjeux liés aux excès de notre époque (artificialisations et néo- urbanisation, spéculation et accaparement par des grands groupes, désertification, dégradation des sols, réchauffement climatique…) et sa capacité à offrir un espace d’expérimentation et de résistance à ceux qui font le choix de s’y installer, « la terre » évolue bien plus vite, dans son organisation et dans ses représentations, que ce que notre vision teintée de romantisme ne le laisse penser. L’enjeu de cette recherche est de montrer que l’art dans les campagnes est le miroir de la transformation de notre civilisation, et la polyactivité, la résilience, l’entraide et l’auto-régulation des leviers puissants pour penser le futur.

Le texte de Camille Azaïs sera publié en français et en anglais dans la rubrique « Essai » au sommaire du n°55 de la revue Critique d’art : actualité de la littérature critique sur l’art contemporain / The International Review of Contemporary Art Criticism [automne/hiver 2020]

Aide attribuée par un jury composé d’historiens de l’art, de commissaires d’exposition, de critiques d’art membres de l’AICA (Association International des Critiques d’Art) et de représentants de l’Institut français et de l’INHA.

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Légende du visuel :

Myvillages, Salle de classe, projet « Eco Nomadic School » : le jardin de Mihaela Efraim, 2016, Brezoi, Roumanie