Lauréate 2019 de l’aide à la mobilité internationale « Recherche innovante en art contemporain »Aide proposée par l’INHA et l’Institut français, en partenariat avec le ministère de la Culture et de la Communication – Direction générale de la création artistique.

Simon Danby, Dear Big Photographers, Londres, 1974, photographie, 13,87 cm x 18,89 cm.

Mathilde Bertrand est la quatrième lauréate de l’aide à la mobilité « Recherche innovante en art contemporain », mise en place en 2015 dans le but de promouvoir la recherche française portant sur la création artistique des années 1960 à nos jours et sa diffusion à l’international.

Ce prix a pour but de permettre à la lauréate de mener une recherche et d’être accueillie au sein d'une université ou d'un institut de recherche à l'étranger afin de stimuler les échanges entre les communautés scientifiques française et internationale. Il est destiné à des chercheurs français ou vivant en France depuis au moins cinq ans, titulaires d’un doctorat et arrivés à un stade de première reconnaissance professionnelle. L’aide proposée permet de couvrir le déplacement et le séjour du lauréat à l’étranger.

Maîtresse de conférences en civilisation britannique à l’Université Bordeaux-Montaigne, Mathilde Bertrand est l’auteur d’une thèse soutenue en 2013 sur la photographie indépendante politiquement radicale en Grande-Bretagne, sur une période allant de la fin des années 1950 à la fin des années 1980. À partir de l’étude de fonds d’archives, d’entretiens, d’analyses d’images et de textes théoriques produits sur la période, cette recherche rend compte de la structuration et du développement de collectifs de photographes politisés. Acteurs décisifs dans l’émergence de pratiques alternatives dans le champ de la photographie, ces collectifs ont contribué à forger une esthétique documentaire dans laquelle les principes de création collective, de production indépendante et de contestation politique sont intimement liés. 

Depuis la thèse, ses travaux poursuivent l’exploration de la culture visuelle des années 1970 et 1980, dans ses liens étroits avec les mouvements sociaux et les conflits politiques, autour de l’exigence d’une indépendance de la production artistique et culturelle.

Le projet soutenu par l’aide à la mobilité, intitulé « La photographie indépendante au Royaume-Uni dans les années 1970 et 1980 : structuration, effets et mémoire d’un courant artistique politiquement radical » permettra de réaliser un séjour de deux mois dans l’institution d’accueil, la School of Arts de Birkbeck University, à Londres. Le projet suit deux axes principaux. Le dépouillement d’archives situées à Londres, Birmingham, Manchester ou encore Newcastle, ainsi que le recueil de témoignages d’acteurs de la période à travers le pays viendront étoffer encore davantage les connaissances sur l’histoire de la photographie britannique politiquement radicale. Mais il s’agit également de parvenir à une vision plus précise de la mémoire de ces pratiques photographiques alternatives et des réseaux créés alors, à notre époque. En allant à la rencontre de photographes engagés, Mathilde Bertrand compte explorer la question des conditions d’existence matérielles, idéologiques et sociales de telles pratiques politiques, collectives et contestataires, dans la création photographique actuelle en Grande-Bretagne.

Aide attribuée par un jury international composé d’enseignants-chercheurs en histoire de l’art, de commissaires d’exposition et de représentants de l’Institut français et de l’INHA.

Voir le rapport du jury