Lauréat 2019 de l'aide à l’écriture et à la publication d’un essai critiqueAide proposée par l’INHA (Institut national d’histoire de l’art) et l’Institut français, en partenariat avec le ministère de la Culture et de la Communication – Direction générale de la création artistique et la revue CRITIQUE D’ART.

Sadek Rahim Les ingénieurs [Port d’Alger- 1954] Tapis, métal, pastel à l’huile, 200/230 cm, 2015. © Sadek Rahim. Collection privée.

Florian Gaité est le quatrième lauréat de l’aide à l’écriture et à la publication d’un essai critique, mise en place en 2015. 

Afin de soutenir la production intellectuelle innovante et engagée dans le domaine de la critique d’art, cette aide permet à de jeunes auteurs, français ou vivant en France depuis au moins cinq ans, arrivés à un stade de première reconnaissance professionnelle, de visiter une ou plusieurs manifestations dans le champ de l’art contemporain à l’étranger, de publier et de diffuser l’essai critique qui résultera de ce voyage.

Critique d’art et de danse, membre de l’AICA, Florian Gaité travaille pour la presse écrite (The Art Newspaper) et la radio (« La Dispute » sur France Culture). Rédacteur pour des institutions culturelles (Centre National de la Danse, Festival d’automne) et des compagnies (Jérôme Bel, Alexandre Roccoli), il endosse de manière plus ponctuelle le rôle de curateur (maison des arts de Malakoff, Point éphémère). Docteur en philosophie, diplômé de l'université Paris Ouest Nanterre, il a soutenu sa thèse « L'art et la schize du sujet. Plasticités contemporaines » en 2013, sous la direction de Catherine Malabou. Depuis 2016, il est chercheur rattaché à l'Institut ACTE (Sorbonne Paris 1-CNRS), chargé de cours aux Universités Lille III et Paris VIII et enseignant invité à l'ESADTPM (Toulon). Il a également été co-directeur d'un séminaire au Collège International de Philosophie. En 2019, il est l’auteur de l’article « La démarche chaloupée, une performance subversive. Bruce Nauman entre Californie et Algérie » paru dans la revue Chimères, et prépare la publication d’un recueil de critiques Tout à danser s’épuise (éditions Sombres torrents, à paraître 2019).

Le projet de Florian Gaité pour l’aide à l’écriture et à la publication d’un texte critique, intitulé « Exposer au bled pour un artiste contemporain algérien », s’intéresse à des artistes relativement invisibilisés à l’international, souvent confondus avec leurs homologues franco-algériens issus de la diaspora, qui eux n’exposent que peu ou pas leur pays d’origine.

La bourse lui permettra de réaliser deux séjours en Algérie en mai et en juillet 2019, à Alger et à Oran, afin de rencontrer les artistes ainsi que les acteurs du monde culturel, et de réaliser sur place trois études de cas qui illustrent autant de rapports à l’institution : un salon international initié par le gouvernement dans la capitale, l’exposition « Gravité » de Sadek Rahim au Musée d’art moderne d’Oran et les activités estivales des « Ateliers sauvages » à Alger. L’objet de son essai sera de fournir des éléments de réflexion historique qui permettent de rectifier la vision quelque peu tronquée de cette scène nationale en se concentrant sur des artistes qui travaillent à même le territoire et y trouvent les moyens de production ou de diffusion de leurs œuvres, malgré le manque d’infrastructures, de programmes de recherche, de financements publics ou privés, comme de politique d’acquisition et de soutien à la création. Florian Gaité propose d’élaborer un discours critique sur ce que produit cette scène artistique et sur son rapport à la catégorie « art contemporain », considérée d’un point de vue postcolonial comme un moyen potentiel de promouvoir les valeurs de l’Occident. Particulièrement sensible dans le contexte d’une décolonisation encore douloureuse par bien des aspects, la question d’une scène artistique algérienne qui fait l’épreuve de la mondialisation ne peut faire l’économie d’une analyse des moyens mis en place par les artistes pour œuvrer à la décolonisation des imaginaires de l’art contemporain. Florian Gaité cherche ainsi à comprendre comment l’affirmation d’une singularité nationale négocie ici entre résistance aux hégémonies du monde occidental, inscription dans une scène globalisée et tentation du repli identitaire.

Son texte sera publié en français et en anglais dans la rubrique « Essai » au sommaire du n°53 de la revue Critique d’art : actualité de la littérature critique sur l’art contemporain / The International Review of Contemporary Art Criticism [automne/hiver 2019] critiquedart.revues.org

Aide attribuée par un jury composé d’historiens de l’art, de commissaires d’exposition, de critiques d’art membres de l’AICA (Association International des Critiques d’Art) et de représentants de l’Institut français et de l’INHA.

Voir le rapport du jury