Les Journées européennes du patrimoine à l'INHAProgramme du samedi 16 septembre

Pour la première fois l’Institut national d’histoire de l’art participe aux Journées européennes du patrimoine les 16 et 17 septembre prochains sous le signe de la recherche et de la jeunesse. À cette occasion l’INHA organise différentes animations qui seront autant de moments pour le public de mieux comprendre le sens et les enjeux de l'histoire de l'art.

 

SAMEDI 16 SEPTEMBRE  : Une galerie de chercheurs à parcourir

Dans la galerie, chercheurs, universitaires, conservateurs de musée, spécialistes de l’image, de l’architecture et archéologues, se prêteront à l’exercice tout au long de la journée du samedi 16 septembre en proposant, autour d’un chef d’œuvre de l’histoire de l’art, des conférences, des ateliers pour adultes et enfants, une exposition et des films. 

MÉDIATION

Des élèves de l’École du Louvre seront présents tout au long de la journée pour vous accompagner dans votre visite et répondre à vos questions sur l'architecture de la galerie Colbert et sur le rôle de l'INHA.

CONFÉRENCES (auditorium)

Conférences en entrée libre. Afin d’anticiper et de réguler l’affluence, nous vous proposons de vous inscrire sur Eventbrit

Présentation et modération Émilie Badel (Université Paris-Panthéon Sorbonne / ArScAn) et Katia Schaal (INHA / École du Louvre / Université de Poitiers)

10H30 - Du temple de la déesse Inanna à Uruk à la porte d’Ishtar à Babylone, 3000 ans de cités et déesses de légendes

Dès la période proto-urbaine, le fait urbain est intimement lié à la divinité, et tout particulièrement aux lieux où elle se manifeste de manière privilégiée, que ce soit dans les plus anciennes cités comme Uruk ou dans les grandes mégapoles du Ier millénaire telle Babylone. L’archéologie orientale a construit ou reconstruit depuis 170 ans maintenant une nouvelle image des métropoles inscrites depuis longtemps dans la légende et dans l’imaginaire de nos sociétés. Cités de légende dès le IIIe millénaire avant notre ère pour certaines d’entre elles, ces villes étaient le lieu de mises en scènes grandioses qui célébraient le pacte entre des dieux, des rois et un pays qui les nourrissait. À travers quelques exemples précis, on montrera ce que nous savons aujourd’hui de ces scénographies et de leur parure monumentale.

Image : La déesse Ishtar tenant son arme, terre cuite d’Eshnunna, Musée du Louvre. © 2007 Photo RMN / Franck Raux

  • Pascal Butterlin (Université Paris-Panthéon Sorbonne / EPHE / ArScAn) 

11H30 - Les figurations animales de la Porte d’Ishtar : préhistoire et protohistoire

Sur la porte d’Ishtar, déesse souveraine de la sexualité et de la guerre (entre autres), trois espèces animales sont représentées : des lions, des taureaux et des dragons (mušhuššu) – sur la porte ou sur les remparts attenants. Le thème de la femme et du carnivore sauvage se rencontre dès le néolithique proche-oriental, avec la célèbre dame assise de Çatalhöyük, et se poursuivra jusque dans la Grèce antique, avec la « maîtresse des animaux » (potnia therôn), sinon avec certaines saintes du christianisme. La représentation privilégiée de la femme et d’animaux dangereux émerge même dès les débuts du paléolithique supérieur, en rapport probable avec la sexualité, et dans la mesure où, dès l’origine, les humains se pensent à travers les animaux. Par ailleurs, l’association entre la femme et le taureau est un autre thème traditionnel, si l’on reprend les interprétations d’André Leroi-Gourhan pour le paléolithique, et que l’on retrouve, d’après Jacques Cauvin, dans le néolithique proche-oriental. Ainsi peut-on s’interroger ici sur les relations entre héritages et innovations, sachant que tout système mythologique procède à des réarrangements structurels à partir de thèmes préexistants.

Image : La porte d’Ishtar au Pergamonmuseum de Berlin (détail)

  • Jean-Paul Demoule (Université Paris-Panthéon Sorbonne)

14H - Les portes monumentales assyriennes

Avant que la porte d’Ishtar ne soit édifiée à Babylone, d’autres portes monumentales ont été érigées en Mésopotamie. Des vestiges particulièrement impressionnants ont été mis au jour dans la région assyrienne, au nord de la Babylonie. Les rois assyriens, qui les ont commanditées au Ier millénaire avant notre ère, avaient également bâti un immense empire couvrant une bonne partie du Proche-Orient. Leur héritage fut ensuite en partie repris à leur compte par les souverains babyloniens à qui l’on doit la porte d’Ishtar.

  • Ariane Thomas (Musée du Louvre)

15H - Portes monumentales en trompe-l’œil dans la peinture de Pompéi

La peinture romaine de « IIe style pompéien » (80-30 av. J.-C.) a développé un motif d’intrigantes portes monumentales intégrées dans des architectures massives en trompe-l’œil pour décorer des espaces domestiques, souvent des chambres à coucher. Représentent-elles les portes du palais d’un roi hellénistique, d’un temple, d’une scène de théâtre ? Sur quoi ouvrent-elles, se ferment-elles ? Sommes-nous à l’intérieur ou à l’extérieur ? Si leur interprétation reste ouverte, elles marquent sans aucun doute le seuil d’un imaginaire avec lequel on continue de jouer, comme Fellini dans son Satyricon.

  • Stéphanie Wyler (ANHIMA / Université Paris-Diderot)

 16H - La porte de bronze d’Hildesheim

La porte de bronze d’Hildesheim est l’une des œuvres les plus célèbres de l’an Mil. Ses seize panneaux historiés sont à lire comme une expression de l’histoire du monde – épisodes de l’Ancien et du Nouveau Testament –, comme une typologie qui se joue du temps linéaire – les panneaux du vantail gauche et du vantail droit se répondent dans une logique d’anticipation et de dévoilement téléologique – mais aussi, et surtout, sur le plan ontologique, à savoir que c’est dans la profondeur des lois originelles régissant l’ensemble du Créé que se joue, en réalité, le devenir de l’humanité.

Image : Portes de Bernward de la cathédrale d'Hildesheim (détail), L'adoration des rois mages, 1015

  • Isabelle Marchesin (INHA)

17H - Parlantes ou révolutionnaires ? Jean Jacques Lequeu (1757-1826) et la langue des portes

Architectures parlantes ou encore révolutionnaires, comme l’historiographie s’est plu à les étiqueter ? Six mois avant de disparaître dans le dénuement et l’oubli, Jean Jacques Lequeu déposait à la Bibliothèque royale l’une des œuvres graphiques les plus singulières de son temps : plusieurs centaines de dessins témoignant d’une dérive obsédante, de l’édifice à l’organique, du sexe cru à l’autoportrait. Cette quête de lui-même sans sortir de son atelier, de temples en buissons, de grottes factices en palais, de kiosques en souterrains labyrinthiques, nous introduit dans les dédales et les jardins d’une cité monstre et imaginaire, que cette communication se propose de revisiter, en s’attachant au cas particulier des portes.

  • Jean-Philippe Garric (Université Paris-Panthéon Sorbonne)

18H - Reconstructions, répliques, reprises : le musée face à l’histoire

Dès ses premiers pas, le musée d’art et d’histoire se construit autour d’une promesse impossible : donner accès à une présence hic et nunc, en dépaysant cependant l’objet ou l'œuvre exposé tant de son cadre architectural que de ses contextes de production et d’usage initiaux. Cette ambigüité est d’autant plus prégnante lorsque les artéfacts exposés ne sont que partiellement accessibles et fragmentaires, que ce soit en raison de leur dimension, de leur état de conservation ou de leur inscription spatiotemporelle spécifique. Cette communication s’intéressera aux stratégies de reconstruction, de réplique ou de reprise par lesquelles se traduisent au sein des musées différents rapports à l’histoire (réification d’un objet révolu, appel à l’expérience immédiate, écart entre passé et présent…), à l’exemple de quelques reconstitutions d’œuvres et d’expositions issues de l’avant-garde russe postrévolutionnaire.

  • Elitza Dulguerova (INHA)

ATELIER POUR ENFANTS (salle Pereisc)

14H (5-7ans) – 16H (8-10ans)  La porte dans l’histoire des arts, les œuvres d’art comme portes
Réservation obligatoire à l'adresse inscription @ inha.fr


Deux ateliers seront, comme l’an dernier, proposés en deux groupes d’âges, 5-7 et 8-10 ans, autour d’une thématique unique inspirée par la Porte d’Ishtar : la porte dans l’histoire des arts, les œuvres d’art comme portes. Il s’agit d’abord de répertorier et classifier les portes dans l’histoire de l’art : portes de villes, arcs de triomphe, portes ornées d’édifices divers, portes intérieures et extérieures dans des représentations picturales, tableaux qui se replient comme des portes, et même portes au théâtre ou au cinéma. Dans un deuxième temps, prenant appui sur ce panorama, on s’interrogera : en quoi les œuvres d’art sont-elles des portes ? À quoi nous donnent-elles accès, vers quoi nous font-elles passer ? Mondes imaginaires, autres cultures, différentes visions du monde présent… La discussion ouvrira sur une réalisation plastique.

  • Mildred Galland-Szymkowiak (CNRS / THALIM)
  • Ada Ackerman (CNRS / THALIM)
  • Anne Launois (Université de Nantes)

ATELIER TOUS PUBLICS ( Projection salle Grodecki / Pratique salle Demargne

10H – 18H  L’école des scribes
Atelier en entrée libre

Cécile Michel est spécialiste des langues et écritures de la Mésopotamie. Elle propose de découvrir avec cet atelier l’écriture cunéiforme (appelée ainsi d’après le « coin » formé par son signe de base), écriture qui fut utilisée au Proche-Orient ancien entre la fin du IVe millénaire et le début de notre ère.
Cet atelier se déroulera en deux temps :
1. Une projection du film L’écriture cunéiforme, écrire et compter (17 minutes). Ce petit film, réalisé par V. Tubiana-Brun et C. Michel, retrace l’histoire de l’écriture cunéiforme, détaille son fonctionnement, l’éducation des scribes, et propose des explications pour reproduire les gestes des scribes et apprendre à écrire en cunéiforme sur de l’argile fraîche. 2. Une mise en pratique consistant à fabriquer une tablette d’écriture à partir d’une argile fraîche, à écrire son nom et à réaliser une table de multiplication dans le système arithmétique sexagésimal.

  • Cécile Michel (CNRS / ArScAn)
  • Saussan Alachkar (INHA)
  • Louise Dorso (Université Paris-Panthéon Sorbonne)
  • Brigitte Lion (Université Lille 3)

PROJECTION (salle Benjamin)

10H – 19H  L’épopée de Gilgamesh
Abed Azrié a traduit ce texte de l’arabe, d’après des tablettes sumériennes ; il en a fait une version poétique, qu’il adresse au grand public, parce que ces phrases sont toujours aussi vivantes, après 5000 ans… « Je suis juif, chrétien, musulman ; nous sommes tous dans la même culture, le même terreau, le même bassin. »

Image : Héros maîtrisant un lion. Bas-relief de la façade du palais de Sargon II à Khorsabad (Dur-Sharrukin), 713-706 av. J.-C.

EXPOSITION (salle Longhi)

Des livres pour l’histoire de l’art
La bibliothèque de l’INHA recèle d’importantes collections d’ouvrages sur l’archéologie du Proche-Orient ancien. Cette journée sera l’occasion de présenter quelques-unes de ces richesses au public, depuis les récits de voyage des explorateurs du XVIIe siècle aux expositions les plus récentes sur l’art et la culture matérielle des civilisations de la Mésopotamie, en passant par le déchiffrement de l’écriture cunéiforme et, bien entendu, les fouilles de Babylone autour de 1900, grâce auxquelles la Porte d’Ishtar a été redécouverte et reconstituée.

  • Sébastien Biay (INHA)
  • Grégory Chambon (EHESS / ANHIMA)
  • Isabelle Périchaud (INHA)

PROJECTION - DÉBAT (auditorium)

19h – 20h30  Le collectif Abounaddara

Depuis le début du soulèvement en Syrie au mois de mars 2011, le collectif Abounaddara s’est notamment engagé dans une critique sans répit de l’orientalisme qui façonne notre regard sur ce pays. À partir de la projection d’une sélection de ses films, il s’agira de montrer comment Abounaddara déplace notre perception du territoire syrien, de son patrimoine historique comme de ses destructions en cours. Il s’agira aussi, dans un second temps, de mettre en évidence comment ces films se distinguent d’autres types d’images (médiatiques, propagandistes, documentaires...) qui servent de vecteur à la représentation de ce que l’on appelle le « conflit syrien ».

  • Présentation et modération Dork Zabunyan (ESTCA / Université Paris VIII)

LIBRAIRIE (salle Warburg)

Pour accompagner les conférences, les jeux et la visite des lieux, un stand librairie assuré par la Librairie Tschann sera présent en salle Warburg, à la sortie de l'auditorium. Vous y trouverez de quoi lire sur tous les sujets abordés au cours de la journée et vous y ferez la découverte des publications des éditions de l'INHA.
Parcourir les publications de l'INHA
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Informations pratiques

Les Journées européennes du patrimoine à l'INHA
Le samedi 16 septembre 2017 : 10h-20h30
INHA - Galerie Colbert
6, rue des Petits-Champs – 75002 Paris

Métro
ligne 3 : Bourse
lignes 7, 14 : Pyramides
lignes 1, 7 : Palais Royal – Musée du Louvre

Conférences en entrée libre. Afin d’anticiper et de réguler l’affluence, nous vous proposons de vous inscrire sur Eventbrit

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