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La Bourse Yavarhoussen récompense exceptionnellement trois lauréats ex æquo
Mis à jour le 20 juillet 2026
Actualités de la recherche
Pour sa sixième édition, la Bourse Yavarhoussen-INHA distingue, pour la première fois depuis sa création, trois lauréats ex æquo. Le jury a retenu les projets de Ndranto Jacob Ranarivelo, Armelle Malvoisin et Julie Rateau-Holbach, dont les recherches contribueront à enrichir la connaissance de l’histoire de l’art, du patrimoine et de la création artistique à Madagascar.
Cette décision reflète la qualité exceptionnelle des candidatures reçues cette année ainsi que la complémentarité des projets présentés. Tous trois explorent des aspects encore peu étudiés de l’histoire de l’art malgache et participent à renouveler les regards portés sur son patrimoine artistique, depuis la caricature de presse jusqu’aux circulations artistiques entre Madagascar et la France, en passant par la redécouverte d’une figure majeure de la création malgache.
Une sixième édition qui témoigne du dynamisme de la recherche sur l'histoire de l'art de Madagascar
Créée en 2021 à l’initiative du Fonds Yavarhoussen en partenariat avec l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), la Bourse Yavarhoussen-INHA a pour vocation de soutenir les recherches consacrées à l’histoire de l’art de Madagascar.
Chaque année, elle accompagne des projets originaux portant sur le patrimoine, les pratiques artistiques et l’histoire culturelle malgaches. Grâce à une dotation destinée à financer les missions de terrain, les recherches en archives ou encore l’étude des collections, la bourse favorise le développement de nouvelles connaissances et leur diffusion auprès de la communauté scientifique comme du grand public.
Trois projets pour enrichir l'histoire de l'art de Madagascar
Ndranto Jacob Ranarivelo : écrire la première histoire de la caricature malgache
Le projet de Ndranto Jacob Ranarivelo, intitulé La caricature malgache : de la presse imprimée à la satire numérique, constitue la première recherche d’ensemble consacrée à l’histoire de la caricature à Madagascar.
À partir de la presse nationaliste des années 1940 et 1950, des collections conservées aux Archives nationales de Madagascar ainsi que du fonds du dessinateur Elisé Ranarivelo, cette recherche analysera l’évolution de la caricature jusqu’aux formes contemporaines diffusées sur les réseaux sociaux.
En étudiant cette production graphique comme un espace d’expression artistique et politique, le projet met en lumière un patrimoine visuel encore largement méconnu, tout en interrogeant son rôle dans la construction du débat public à Madagascar.
Étudiant en master d’histoire à l’Université d’Antananarivo, Ndranto Jacob Ranarivelo mène parallèlement des actions de médiation culturelle auprès de l’Office régional du tourisme d’Analamanga (ORTANA).
Armelle Malvoisin : redécouvrir l’œuvre de Victoire Ravelonanosy
Avec son projet Victoire Ravelonanosy (1910-1981) : circulations artistiques, réappropriations culturelles et construction d’une modernité malgache, Armelle Malvoisin propose de remettre en lumière une artiste encore peu étudiée.
Fondée sur l’étude d’importants fonds d’archives conservés en France, à Madagascar et en Tunisie, cette recherche s’intéresse aux influences artistiques qui ont nourri son œuvre et à la manière dont celle-ci participe à l’émergence d’une modernité artistique proprement malgache.
Le projet apporte également un éclairage inédit sur la place des femmes artistes dans le contexte de la fin de la période coloniale et des premières décennies de l’indépendance de Madagascar.
Après une longue carrière de journaliste spécialisée dans l’art et de commissaire d’exposition indépendante, Armelle Malvoisin poursuit aujourd’hui un master d’histoire de l’art à l’Université Rennes 2.
Julie Rateau-Holbach : retracer le parcours des artisans et artistes malgaches aux expositions coloniales de Marseille
Le projet de Julie Rateau-Holbach, Les artisans et artistes malgaches aux expositions coloniales de Marseille (1906-1922), ambitionne de restituer la place des créateurs malgaches ayant participé aux grandes expositions coloniales organisées à Marseille au début du XXᵉ siècle.
En croisant les archives conservées en France avec celles des Archives nationales de Madagascar, cette recherche permettra d’identifier les artisans, tisserands, peintres, sculpteurs, chapelières et autres créateurs recrutés pour ces manifestations.
À terme, ces travaux donneront lieu à la réalisation d’un répertoire inédit contribuant à une meilleure connaissance des circulations artistiques entre Madagascar et la France durant la période coloniale.
Docteure en histoire de l’art contemporain depuis 2025, Julie Rateau-Holbach a consacré sa thèse aux arts présentés lors des expositions coloniales de Marseille de 1906 et 1922.
Un nombre record de candidatures pour cette édition
Pour cette sixième édition, la Bourse Yavarhoussen-INHA a enregistré 16 candidatures, un chiffre inédit depuis sa création.
Les dossiers provenaient de Madagascar, de France, des États-Unis, du Canada et du Cameroun, témoignant de l’intérêt croissant suscité par ce programme de soutien à la recherche consacré à l’histoire de l’art malgache.
Le jury réunissait des spécialistes issus de l’enseignement supérieur, des musées, de la recherche et du Fonds Yavarhoussen.
Un engagement durable en faveur de la recherche
La Bourse Yavarhoussen-INHA accompagne les lauréats tout au long de leur année de recherche. À l’issue de leurs travaux, chacun remettra un article scientifique présentant les résultats de son étude.
Ces recherches feront également l’objet d’une restitution publique lors d’une journée d’étude consacrée à l’histoire de l’art de Madagascar, organisée à l’INHA au début de l’année 2027. En favorisant l’émergence de nouveaux travaux scientifiques et leur diffusion, la Bourse Yavarhoussen-INHA contribue au développement des connaissances sur le patrimoine artistique et culturel malgache et renforce les échanges entre les communautés de recherche à l’échelle internationale.