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Appel à communications – La sculpture italienne XIIIe-XVIIIe siècles, de la dispersion à la patrimonialisation (1815-1915)
Appel à communication
| Mis à jour le 9 septembre 2026
En cours
Résumé
Entre 1815 et le début du XXe siècle, la sculpture italienne connaît une circulation sans précédent en Europe, portée par les restitutions du Congrès de Vienne, la dispersion des collections et l’essor du marché de l’art. Cette journée propose d’analyser les dynamiques de circulation, la formation des collections publiques et privées, ainsi que le rôle des acteurs du marché. Elle abordera également les enjeux de restauration, de reproduction et de diffusion des œuvres, tout en examinant les dimensions politiques, culturelles et patrimoniales de ces transferts. L’objectif est de croiser les approches en histoire de l’art, économique et politique, afin d’éclairer la patrimonialisation transnationale de la sculpture italienne.
Appel à communication
Entre la fin des guerres napoléoniennes et les premières années du XXe siècle, la sculpture italienne, du Moyen Âge à l’époque moderne, connaît une circulation sans précédents à l’échelle européenne. Les restitutions consécutives au Congrès de Vienne en 1815, la dispersion progressive de nombreuses collections aristocratiques et ecclésiastiques en Italie, ainsi que le développement du marché de l’art international contribuent à transformer profondément le statut et la perception de ces œuvres.
Au XIXe siècle, de nombreuses sculptures italiennes quittent leur contexte d’origine pour intégrer des collections privées et publiques en France, en Angleterre et en Allemagne. Ce phénomène s’inscrit dans une période charnière marquée par la professionnalisation des acteurs du marché de l’art – marchands, experts, restaurateurs – et par la formation progressive de collections muséales spécialisées. Les acquisitions réalisées par certains conservateurs et historiens de l’art jouent un rôle décisif dans ce processus, participant à la redéfinition du canon de la sculpture italienne et à la mise en valeur de certaines écoles régionales.
Parallèlement, la constitution de grandes collections européennes donne lieu à d’importants débats politiques et culturels. L’achat d’œuvres italiennes devient un enjeu de prestige national et alimente la concurrence entre musées. Ainsi, la formation de collections de sculpture italienne dans les institutions européennes suscite des réflexions sur la place de l’art étranger au sein des musées nationaux, notamment dans la presse et les revues savantes. Dans ce contexte, la sculpture italienne s’impose également comme un levier privilégié dans l’affirmation de l’histoire de l’art en tant que discipline scientifique. Les pratiques de reproduction – moulages, calques, photographies – ainsi que la diffusion des œuvres à travers des publications spécialisées contribuent à l’élaboration d’un savoir à dimension transnationale.
Ce colloque a pour objectif de rassembler des chercheurs confirmés, ainsi que des doctorantes et doctorants, postdoctorantes et postdoctorants, afin de réfléchir aux conditions de cette circulation et de cette patrimonialisation, en articulant l’histoire des collections, du marché de l’art, des institutions muséales et l’histoire politique appliquée au patrimoine.
Plusieurs axes thématiques viendront structurer les réflexions du colloque.
- Le premier sera consacré à la circulation des œuvres et à la formation des collections, afin de mieux comprendre les dynamiques de circulation transnationale des sculptures entre l’Italie et le reste de l’Europe. L’étude du passage des collections privées aux collections publiques permettra notamment d’éclairer les choix muséographiques opérés par les institutions européennes, tout en offrant l’opportunité d’examiner de plus près leurs politiques d’acquisition. Dans le prolongement de ces enjeux, l’analyse portera également sur les réseaux commerciaux, en mettant l’accent sur le rôle des antiquaires, des intermédiaires et des experts, ainsi que sur leurs stratégies de vente et la constitution de clientèles à l’échelle internationale.
- Une attention particulière sera en outre accordée aux restaurations et aux transformations matérielles des œuvres, y compris la falsification. Il s’agira à la fois de mieux cerner la figure du restaurateur intervenant sur ces sculptures au cours du XIXe siècle et d’étudier la circulation des savoir-faire techniques.
- La question de la reproduction et de la diffusion des modèles constituera un autre axe de réflexion. Les communications aborderont notamment les moulages, les calques et la photographie, ainsi que les effets de ces procédés sur la connaissance et la réception de la sculpture durant cette période. Cette perspective permettra d’approfondir l’étude de l’institutionnalisation de l’histoire de l’art au XIXe siècle, en accordant une attention particulière au rôle des revues spécialisées dans la diffusion des savoirs relatifs à la sculpture italienne en Europe. À ce jour, cet aspect demeure encore insuffisamment exploré.
- Enfin, le colloque offrira l’occasion d’examiner les enjeux politiques et identitaires liés aux collections. Les politiques nationales d’acquisition et les formes de concurrence entre musées européens seront analysées, de même que les débats publics suscités par la présence d’œuvres italiennes dans des institutions étrangères. Les questions de protection du patrimoine, notamment en Italie, seront également abordées tout comme celles du nationalisme artistique et des processus de patrimonialisation.
Le colloque encouragera particulièrement les approches croisées entre histoire de l’art, histoire culturelle et histoire économique et politique. Les études de provenances ainsi que l’analyse des archives du marché de l’art et des musées y occuperont une place centrale. Une attention spécifique sera en outre portée aux propositions qui s’appuient sur les méthodes des humanités numériques, notamment pour la visualisation des données de provenance, des réseaux de circulation ou pour la cartographie des circulations des sculptures italiennes.
Les communications dureront 30 minutes et pourront être tenues en français, en italien ou en anglais.
L’appel à communication s’adresse à une large communauté de spécialistes – historiennes et historiens de l’art, conservatrices et conservateurs, restauratrices et restaurateurs – issus des universités, des musées, des monuments historiques ou d’institutions de recherche françaises et internationales. Les propositions seront constituées d’une présentation de l’intervenante ou de l’intervenant (5 à 10 lignes), du titre et du synopsis de la communication (1 page), accompagnés d’un bref CV avec la liste des publications (1 page), et envoyées avant le 15 novembre 2026 à minuit à Giancarla Cilmi (cilmigiancarla@gmail.com) et Marion Boudon-Machuel (marion.boudonmachuel@inha.fr).
Collaborateurs scientifiques du cycle
Marion Boudon-Machuel (INHA),
Federica Carta (Technische Universität, Berlin),
Giancarla Cilmi (École française de Rome),
Daniele Rivoletti (Institut universitaire de France/Université Clermont Auvergne),
Neville Rowley (Gemäldegalerie, Berlin ; École du Louvre, Paris).
Comité scientifique
Alicia Adamczak (Institut catholique de Paris),
Kira d’Alburquerque (Victoria and Albert Museum, Londres),
Lionel Arsac (château de Versailles),
Andrea Bacchi (Fondation Federico-Zeri, université de Bologne),
Oriane Beaufils (Villa Ephrussi de Rothschild),
Sarah Betzer (université de Virginie, Charlottesville),
Marc Bormand (musée du Louvre),
Francesco Caglioti (École normale supérieure de Pise),
Valérie Carpentier (musée du Louvre),
Laura Cavazzini (université de Trente),
Anne-Lise Desmas (J. Paul Getty Museum, Los Angeles),
Grégoire Extermann (Haute école spécialisée de la Suisse italienne-SUPSI, université de Genève),
Aldo Galli (université de Trente), Virginie Guffroy (musée du Louvre),
Kelley Helmstutler Di Dio (université du Vermont, Burlington),
Sophie Jugie (musée du Louvre),
Pascal Julien (université Toulouse Jean-Jaurès),
Emmanuel Lamouche (CreAAH – Nantes Université),
Michel Lefftz (université de Namur),
Anne Lepoittevin (Sorbonne Université),
Philippe Malgouyres (musée du Louvre),
Tommaso Mozzati (université de Pérouse),
Sarah Munoz (Université de Lausanne),
Pierre-Hippolyte Pénet (château de Versailles),
Émilie Roffidal (Laboratoire FRAMESPA – Université de Toulouse),
Fabienne Sartre (IRCL – Université de Montpellier Paul-Valéry),
Guilhem Scherf (musée du Louvre), Frits Scholten (Rijksmuseum),
Philippe Sénéchal (université de Picardie Jules-Verne, Amiens),
Magali Théron (TELEMME – Université Aix-Marseille).
Institutions partenaires
- Académie de France à Rome – Villa Médicis
- Centre d’histoire « Espaces et Cultures » – Université Clermont Auvergne
- École française de Rome
- École du Louvre
- Institut national d’histoire de l’art
- Institut universitaire de France
- Scuola Normale Superiore di Pisa
- Technische Universität Berlin