Au cours de l’Ancien Régime s’est développée la mode des écrans à main, version portative des écrans de cheminée, faite d’un manche en bois et de carton. Traditionnellement offerts en étrennes aux dames pour protéger leur teint de la chaleur du foyer, ces cousins de l’éventail étaient souvent, comme ce dernier, supports d’images et de textes, généralement liés à l’actualité littéraire et politique ou aux loisirs à la mode ; ils se prêtaient à toutes les extravagances. Ils connaissent leur apogée sous la Restauration (1814-1830), où les fabricants rivalisent d’ingéniosité en combinant des encres sympathiques, activées par la chaleur du feu, à des mécanismes dissimulés au revers ou dans l’épaisseur de l’écran. L’image ne doit plus seulement instruire et amuser, mais apparaître, disparaître, surprendre, vivre !

Au nombre des procédés imaginés pour faire des écrans à main d’amusants dispositifs imagés, les « écrans panorama » contiennent en leur centre une bande illustrée rétroéclairée, que l’on fait défiler à l’aide de manivelles et qui raconte une histoire ou déploie une vue panoramique. Ceux acquis récemment par l’INHA représentent le sacre de Charles X (1825) et les parcs de Versailles et de Saint-Cloud. Ils sont l’oeuvre des frères Lambert, graveurs spécialisés dans l’imagerie populaire et enfantine, qui en avaient déposé le brevet d’invention en 1820. 

Ces écrans seront restaurés prochainement grâce au soutien de la Société des amis de la Bibliothèque d’art et d’archéologie et présentés au grand public au cours d’une conférence du cycle des Trésors de Richelieu, en 2027.

Les écrans à main panoramiques