Né en 1937 à Osaka, membre du groupe Gutai, Takesada Matsutani s’installe en France au milieu des années 1960. À Paris, il rejoint l’Atelier 17 de Stanley William Hayter, lieu décisif pour le renouvellement de l’estampe dans la seconde moitié du XXe siècle où la gravure s’appréhende comme un terrain de recherche à part entière, mêlant transmission d’un savoir-faire et exploration de nouveaux potentiels créatifs. C’est dans ce contexte effervescent que Matsutani s’initie à la taille-douce, principalement au burin, mais aussi à l’eau-forte et à l’aquatinte, tout en expérimentant les procédés d’impression simultanée de couleurs, diffusés au sein de l’atelier. Son répertoire esthétique, initialement éprouvé en volume, se déploie alors sur le papier, trouvant dans la planéité de l’estampe un nouveau champ d’expression.
D’une insatiable curiosité, Matsutani se tourne ensuite vers la sérigraphie, qu’il développe dans le sillage de son épouse, l’artiste Kate Van Houten, ayant ouvert son propre atelier dédié à cette technique. Après l’expérience de la ligne, des effets de matière et des jeux de perspective, vient celle de l’aplat coloré, des formes franches et des compositions plus minimales. L’artiste découvre aussi la photosérigraphie et s’y spécialise progressivement, introduisant alors un rapport nouveau à l’image préexistante, souvent issue de ses propres travaux (peintures, sculptures ou installations). Revenu par la suite au travail sur toile et en volume, avec ses outils de prédilection tels que la colle vinylique et le crayon graphite, largement utilisé dans sa pratique régulière du dessin, Matsutani conserve jusqu’à aujourd’hui un lien avec l’estampe. Il le cultive à travers des projets ponctuels menés en collaboration avec des éditeurs et des imprimeurs dans le cadre de portfolios et d’ouvrages illustrés.