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Appel à communications – La sculpture italienne XIIIe-XVIIIe siècles, de la dispersion à la patrimonialisation (1815-1915)
Appel à communication
| Mis à jour le 11 septembre 2026
En cours
Date limite de candidature : 15 novembre 2026
Application deadline: November 15, 2026
ENGLISH VERSION BELOW
Résumé
Entre 1815 et le début du XXe siècle, la sculpture italienne connaît une circulation sans précédent en Europe, portée par les restitutions du Congrès de Vienne, la dispersion des collections et l’essor du marché de l’art. Cette journée propose d’analyser les dynamiques de circulation, la formation des collections publiques et privées, ainsi que le rôle des acteurs du marché. Elle abordera également les enjeux de restauration, de reproduction et de diffusion des œuvres, tout en examinant les dimensions politiques, culturelles et patrimoniales de ces transferts. L’objectif est de croiser les approches en histoire de l’art, économique et politique, afin d’éclairer la patrimonialisation transnationale de la sculpture italienne.
Appel à communication
Entre la fin des guerres napoléoniennes et les premières années du XXe siècle, la sculpture italienne, du Moyen Âge à l’époque moderne, connaît une circulation sans précédents à l’échelle européenne. Les restitutions consécutives au Congrès de Vienne en 1815, la dispersion progressive de nombreuses collections aristocratiques et ecclésiastiques en Italie, ainsi que le développement du marché de l’art international contribuent à transformer profondément le statut et la perception de ces œuvres.
Au XIXe siècle, de nombreuses sculptures italiennes quittent leur contexte d’origine pour intégrer des collections privées et publiques en France, en Angleterre et en Allemagne. Ce phénomène s’inscrit dans une période charnière marquée par la professionnalisation des acteurs du marché de l’art – marchands, experts, restaurateurs – et par la formation progressive de collections muséales spécialisées. Les acquisitions réalisées par certains conservateurs et historiens de l’art jouent un rôle décisif dans ce processus, participant à la redéfinition du canon de la sculpture italienne et à la mise en valeur de certaines écoles régionales.
Parallèlement, la constitution de grandes collections européennes donne lieu à d’importants débats politiques et culturels. L’achat d’œuvres italiennes devient un enjeu de prestige national et alimente la concurrence entre musées. Ainsi, la formation de collections de sculpture italienne dans les institutions européennes suscite des réflexions sur la place de l’art étranger au sein des musées nationaux, notamment dans la presse et les revues savantes. Dans ce contexte, la sculpture italienne s’impose également comme un levier privilégié dans l’affirmation de l’histoire de l’art en tant que discipline scientifique. Les pratiques de reproduction – moulages, calques, photographies – ainsi que la diffusion des œuvres à travers des publications spécialisées contribuent à l’élaboration d’un savoir à dimension transnationale.
Ce colloque a pour objectif de rassembler des chercheurs confirmés, ainsi que des doctorantes et doctorants, postdoctorantes et postdoctorants, afin de réfléchir aux conditions de cette circulation et de cette patrimonialisation, en articulant l’histoire des collections, du marché de l’art, des institutions muséales et l’histoire politique appliquée au patrimoine.
Plusieurs axes thématiques viendront structurer les réflexions du colloque.
- Le premier sera consacré à la circulation des œuvres et à la formation des collections, afin de mieux comprendre les dynamiques de circulation transnationale des sculptures entre l’Italie et le reste de l’Europe. L’étude du passage des collections privées aux collections publiques permettra notamment d’éclairer les choix muséographiques opérés par les institutions européennes, tout en offrant l’opportunité d’examiner de plus près leurs politiques d’acquisition. Dans le prolongement de ces enjeux, l’analyse portera également sur les réseaux commerciaux, en mettant l’accent sur le rôle des antiquaires, des intermédiaires et des experts, ainsi que sur leurs stratégies de vente et la constitution de clientèles à l’échelle internationale.
- Une attention particulière sera en outre accordée aux restaurations et aux transformations matérielles des œuvres, y compris la falsification. Il s’agira à la fois de mieux cerner la figure du restaurateur intervenant sur ces sculptures au cours du XIXe siècle et d’étudier la circulation des savoir-faire techniques.
- La question de la reproduction et de la diffusion des modèles constituera un autre axe de réflexion. Les communications aborderont notamment les moulages, les calques et la photographie, ainsi que les effets de ces procédés sur la connaissance et la réception de la sculpture durant cette période. Cette perspective permettra d’approfondir l’étude de l’institutionnalisation de l’histoire de l’art au XIXe siècle, en accordant une attention particulière au rôle des revues spécialisées dans la diffusion des savoirs relatifs à la sculpture italienne en Europe. À ce jour, cet aspect demeure encore insuffisamment exploré.
- Enfin, le colloque offrira l’occasion d’examiner les enjeux politiques et identitaires liés aux collections. Les politiques nationales d’acquisition et les formes de concurrence entre musées européens seront analysées, de même que les débats publics suscités par la présence d’œuvres italiennes dans des institutions étrangères. Les questions de protection du patrimoine, notamment en Italie, seront également abordées tout comme celles du nationalisme artistique et des processus de patrimonialisation.
Le colloque encouragera particulièrement les approches croisées entre histoire de l’art, histoire culturelle et histoire économique et politique. Les études de provenances ainsi que l’analyse des archives du marché de l’art et des musées y occuperont une place centrale. Une attention spécifique sera en outre portée aux propositions qui s’appuient sur les méthodes des humanités numériques, notamment pour la visualisation des données de provenance, des réseaux de circulation ou pour la cartographie des circulations des sculptures italiennes.
Les communications dureront 30 minutes et pourront être tenues en français, en italien ou en anglais.
L’appel à communication s’adresse à une large communauté de spécialistes – historiennes et historiens de l’art, conservatrices et conservateurs, restauratrices et restaurateurs – issus des universités, des musées, des monuments historiques ou d’institutions de recherche françaises et internationales. Les propositions seront constituées d’une présentation de l’intervenante ou de l’intervenant (5 à 10 lignes), du titre et du synopsis de la communication (1 page), accompagnés d’un bref CV avec la liste des publications (1 page), et envoyées avant le 15 novembre 2026 à minuit à Giancarla Cilmi (giancarla.cilmi@efrome.it) et Marion Boudon-Machuel (marion.boudonmachuel@inha.fr).
Abstract
Between 1815 and the early 20th century, Italian sculpture experienced an unprecedented circulation throughout Europe, driven by the restitutions following the Congress of Vienna, the dispersal of collections, and the boom in the art market. This one-day conference aims to analyze the dynamics of this circulation, the formation of public and private collections, and the role of market actors. It will also address issues related to the restoration, reproduction, and dissemination of works, while examining the political, cultural, and heritage dimensions of these transfers. The goal is to integrate approaches from art history, economics, and politics in order to shed light on the transnational heritage status of Italian sculpture.
Call for Papers
Between the end of the Napoleonic Wars and the early years of the 20th century, Italian sculpture—from the Middle Ages to the modern era—experienced an unprecedented circulation across Europe. The restitutions following the Congress of Vienna in 1815, the gradual dispersal of numerous aristocratic and ecclesiastical collections in Italy, and the development of the international art market all contributed to a profound transformation in the status and perception of these works.
In the 19th century, many Italian sculptures left their original contexts to become part of private and public collections in France, England, and Germany. This phenomenon occurred during a pivotal period marked by the professionalization of art market participants—dealers, experts, and restorers—and by the gradual formation of specialized museum collections. The acquisitions made by certain curators and art historians played a decisive role in this process, contributing to the redefinition of the canon of Italian sculpture and the promotion of certain regional schools.
At the same time, the development of major European collections gave rise to significant political and cultural debates. The acquisition of Italian works became a matter of national prestige and fueled competition among museums. Thus, the formation of collections of Italian sculpture in European institutions sparked discussions about the place of foreign art within national museums, particularly in the press and scholarly journals. In this context, Italian sculpture also emerged as a key tool in establishing art history as a scientific discipline. Reproduction techniques—casts, tracings, and photographs—as well as the dissemination of works through specialized publications contributed to the development of a body of knowledge with a transnational dimension.
The goal of this conference is to bring together established researchers, as well as doctoral students and postdoctoral researchers, to explore the conditions of this circulation and this process of heritage preservation, by linking the history of collections, the art market, and museum institutions with the political history of heritage.
Several thematic areas will guide the conference’s discussions.
- The first will focus on the circulation of artworks and the formation of collections, with the aim of better understanding the dynamics of the transnational circulation of sculptures between Italy and the rest of Europe. In particular, examining the transition from private to public collections will shed light on the curatorial choices made by European institutions, while also providing an opportunity to take a closer look at their acquisition policies. Building on these themes, the analysis will also focus on commercial networks, emphasizing the role of antique dealers, intermediaries, and experts, as well as their sales strategies and the development of an international clientele.
- Special attention will be given to the restoration and physical alterations of the works, including forgeries. The aim will be both to better understand the role of the restorers who worked on these sculptures during the 19th century and to study the dissemination of technical expertise.
- The issue of the reproduction and dissemination of models will be another focus of discussion. Presentations will address, in particular, casts, tracings, and photography, as well as the effects of these processes on the understanding and reception of sculpture during this period. This perspective will allow for a deeper examination of the institutionalization of art history in the 19th century, with particular attention to the role of specialized journals in disseminating knowledge about Italian sculpture throughout Europe. To date, this aspect remains under-explored.
- Finally, the conference will provide an opportunity to examine the political and identity-related issues associated with museum collections. National acquisition policies and forms of competition among European museums will be analyzed, as will the public debates sparked by the presence of Italian works in foreign institutions. Issues related to heritage protection, particularly in Italy, will also be addressed, as will those of artistic nationalism and processes of heritage designation.
The conference will particularly encourage interdisciplinary approaches that bring together art history, cultural history, and economic and political history. Provenance studies, as well as the analysis of art market and museum archives, will play a central role. Specific attention will also be given to proposals that draw on methods from the digital humanities, particularly for the visualization of provenance data and circulation networks, or for mapping the circulation of Italian sculptures.
Presentations will last 30 minutes and may be delivered in French, Italian, or English.
This call for papers is open to a broad community of specialists—art historians, curators, and conservators—from universities, museums, historic sites, and French and international research institutions. Proposals should include a brief introduction of the presenter (5 to 10 lines), the title and an abstract of the presentation (1 page), along with a brief CV including a list of publications (1 page), and must be submitted by midnight on November 15, 2026, to Giancarla Cilmi (giancarla.cilmi@efrome.it) and Marion Boudon-Machuel (marion.boudonmachuel@inha.fr).
Collaborateurs scientifiques du cycle/Scientific staff for the program
Marion Boudon-Machuel (INHA),
Federica Carta (Technische Universität, Berlin),
Giancarla Cilmi (École française de Rome),
Daniele Rivoletti (Institut universitaire de France/Université Clermont Auvergne),
Neville Rowley (Gemäldegalerie, Berlin ; École du Louvre, Paris).
Comité scientifique/Scientific committee
Alicia Adamczak (Institut catholique de Paris),
Kira d’Alburquerque (Victoria and Albert Museum, Londres),
Lionel Arsac (château de Versailles),
Andrea Bacchi (Fondation Federico-Zeri, université de Bologne),
Oriane Beaufils (Villa Ephrussi de Rothschild),
Sarah Betzer (université de Virginie, Charlottesville),
Marc Bormand (musée du Louvre),
Francesco Caglioti (École normale supérieure de Pise),
Valérie Carpentier (musée du Louvre),
Laura Cavazzini (université de Trente),
Anne-Lise Desmas (J. Paul Getty Museum, Los Angeles),
Grégoire Extermann (Haute école spécialisée de la Suisse italienne-SUPSI, université de Genève),
Aldo Galli (université de Trente), Virginie Guffroy (musée du Louvre),
Kelley Helmstutler Di Dio (université du Vermont, Burlington),
Sophie Jugie (musée du Louvre),
Pascal Julien (université Toulouse Jean-Jaurès),
Emmanuel Lamouche (CreAAH – Nantes Université),
Michel Lefftz (université de Namur),
Anne Lepoittevin (Sorbonne Université),
Philippe Malgouyres (musée du Louvre),
Tommaso Mozzati (université de Pérouse),
Sarah Munoz (Université de Lausanne),
Pierre-Hippolyte Pénet (château de Versailles),
Émilie Roffidal (Laboratoire FRAMESPA – Université de Toulouse),
Fabienne Sartre (IRCL – Université de Montpellier Paul-Valéry),
Guilhem Scherf (musée du Louvre), Frits Scholten (Rijksmuseum),
Philippe Sénéchal (université de Picardie Jules-Verne, Amiens),
Magali Théron (TELEMME – Université Aix-Marseille).
Institutions partenaires/Partners institutions
- Académie de France à Rome – Villa Médicis
- Centre d’histoire « Espaces et Cultures » – Université Clermont Auvergne
- École française de Rome
- École du Louvre
- Institut national d’histoire de l’art
- Institut universitaire de France
- Scuola Normale Superiore di Pisa
- Technische Universität Berlin