Contexte

Catégorie aux contours assez variables, le petit mobilier archéologique regroupe l’ensemble des objets manufacturés, à l’exception de la vaisselle céramique ou de la numismatique. Issu de différents contextes (domestique, funéraire, votif, agricole…), il revêt des fonctions diverses (éclairage, parure, hygiène, jeu…) et couvre une large gamme de matériaux (bronze, terre cuite, os, ivoire…), tout comme des dimensions et des techniques nombreuses. Cette catégorisation, certes plutôt récente, est néanmoins utile pour mettre en valeur un phénomène observé dans le Répertoire des ventes d’antiques : à savoir la difficulté à appréhender les petits objets communs sur le marché des antiques au XIXe siècle.

Le Répertoire des ventes d’antiques (ou RVA), ambitieux projet de l’INHA initié en 2011, vise à documenter le marché parisien des antiques au XIXe siècle par le dépouillement de sources jusqu’à présent peu exploitées, en particulier les catalogues de vente et les procès-verbaux des commissaires-priseurs conservés aux Archives de la ville de Paris. Parmi les 600 ventes d’antiques parisiennes recensées sur l’ensemble du siècle, les objets relevant du petit mobilier archéologique se révèlent bien plus difficiles à identifier que les vases grecs et autres œuvres prestigieuses, car ils constituent bien souvent des lots peu détaillés, atteignant des prix d’adjudication modestes. Pourtant, ce mobilier est présent dans la grande majorité des ventes dans des proportions considérables : les lampes à huile en terre cuite ayant transité sur ce marché peuvent ainsi, à elles seules, être estimées à plusieurs milliers. Par ailleurs, le prix généralement modique de ces objets, leurs dimensions modestes tout comme leur caractère évocateur de la vie quotidienne des anciens, attire nombre de collectionneurs et de marchands.

Cette journée permettra donc d’évoquer ces objets trop souvent négligés. Outre le marché de l’art parisien, il s’agira d’interroger plus largement, à l’échelle nationale, la place de ce petit mobilier archéologique au sein des collections privées et publiques (muséales mais aussi universitaires), les modalités d’acquisition qui peuvent avoir cours et d’explorer la question des acteurs liés à cette catégorie d’antiques. Comment s’acquiert et circule ce petit mobilier ? Des modalités d’acquisition et des acteurs spécifiques peuvent-ils être distingués ? La visibilité de ces fonds sera également explorée : quelle présentation et quelle diffusion pour ces objets ? Quel impact eurent-ils auprès de la communauté scientifique de l’époque ?

La journée s’attachera de manière spécifique au territoire national au XIXe siècle. Une attention particulière sera portée à la diversité des matériaux mobilisés (os, bronze, terre cuite…) ainsi qu’à la pluralité des provenances des objets étudiés (bassin méditerranéen, Gaule romaine, etc.).

Axes abordés

Plusieurs axes pourront être abordés :

Acquisition et circulation du petit mobilier archéologique au XIXe siècle, sur l’ensemble du territoire national
Cet axe permettra d’évoquer :

∙ Les modalités d’acquisition par les collectionneurs privés, parfois tout à fait spécifiques au petit mobilier : achats de gré à gré, auprès de marchands spécialisés, de fouilleurs ou par l’organisation directe de fouilles, etc…

∙ Les acquisitions par les institutions (musées mais également universités par exemple).

∙ Paris, plaque tournante du marché de l’art au XIXe siècle : certaines ventes pertinentes pour le sujet ou bien des corpus traités de manière transversale
pourront être étudiés.

∙ La question des échanges entre collectionneurs mais aussi entre collectionneurs et institutions.

∙ La question des sources : quelles sources pour retracer ces échanges / cette circulation du petit mobilier ? (inventaires, catalogues de collections,
correspondance, etc.).

 

Acteurs : marchands, collectionneurs, érudits face au petit mobilier archéologique au XIXe siècle
Il s’agira ici de mettre en valeur :

∙ Les profils de collectionneurs : qui sont les collectionneurs concernés (amateurs, professeurs, archéologues, conservateurs…) ? Sont-ils des collectionneurs spécialisés dans ce domaine ? Si tel n’est pas le cas, comment les collectionneurs inscrivent-ils ces objets de manière plus générale au sein de leur collection ?

∙ Les personnalités importantes gravitant autour du petit mobilier, notamment les intermédiaires. Existe-t-il des profils de marchands spécialisés ? etc.

 

Visibilité : exposition, étude, publication du petit mobilier archéologique au XIXe siècle
Cet axe permettra d’aborder les questions suivantes :

∙ Quelle est la visibilité de ces fonds ? Cette question rejoint celle des motivations : pourquoi collectionner du petit mobilier archéologique ? Le cas de la possession pour étude (ex. collections universitaires) sera examiné.

∙ Quelles sont les modalités pratiques de diffusion de ce petit mobilier archéologique (exposition, étude, publication, échanges, reproductions) ?

∙ Comment, concrètement, expose-t-on ces objets ? Selon quels procédés muséographiques ? Comment l’exposition muséale de ces fonds influence-t-elle les collectionneurs privés ?

 

Matérialité du petit mobilier archéologique au XIXe siècle
Un dernier axe propose d’explorer les thèmes suivants :

∙ La question des modifications apportées aux objets, inhérente à l’idée de leur valorisation et de leur diffusion, pourra également être interrogée : pourquoi et comment restaure-t-on ces objets ?

∙ Les modifications survenues chez les collectionneurs mais également en contexte muséal pourront être évoquées.

∙ La question des créations modernes et des faux. Comment circulent-ils sur ce marché ? Comment s’insèrent-ils au sein des collections qui les abritent ?

Candidater

Cet appel à communications s’adresse à une large communauté de spécialistes – chercheurs, conservateurs, restaurateurs – issus des universités, des musées, des DRAC ou d’institutions de recherche françaises et internationales, ainsi qu’aux jeunes chercheurs. Elles comporteront :

  •  Un titre et un résumé de la communication (max. 1 page)
  •  Une présentation biographique et bibliographique de l’intervenant.e (max. 1 page)

Les communications dureront 30 minutes et pourront être proposées à une ou plusieurs voix. Elles pourront être en français ou en anglais.

 

Les propositions seront envoyées avant le 15 mars 2026 à Clara Bernard (clara.bernard@inha.fr) et Estelle Galbois (estelle.galbois@univ-tlse2.fr).

À propos

Cet événement s’inscrit dans le cadre du Répertoire des ventes d’antiques en France au XIXe siècle. Il fait suite aux précédentes présentation (2014) et journées d’études organisées dans le cadre du projet et consacrées aux premiers résultats (INHA, 2018), aux collections et collectionneurs d’antiquités à la Belle Époque (INHA-Musée du Louvre, 2019), aux marchands d’antiques à Paris au XIXe siècle (INHA, 2022), aux liens entre provenances archéologiques et marché parisien des antiques au xixe siècle (INHA, 2023).

Il est organisé en collaboration avec le laboratoire Patrimoine, Littérature, Histoire de l’Université de Toulouse, dans le cadre de l’élaboration du projet TERRÆ, dirigé par Estelle Galbois et consacré à l’étude pluridisciplinaire des figurines en terre cuite égyptiennes ptolémaïques et romaines issues de collections anciennes et conservées dans les musées français.

Organisatrices

Clara Bernard
Institut national d’histoire de l’art

Estelle Galbois
PLH, Université de Toulouse
Jean Jaurè

Comité scientifique

Clara Bernard
Institut national d’histoire de l’art

Isabel Bonora Andujar
musée du Louvre

Cécile Colonna
Bibliothèque nationale de France

Véronique Dasen
université de Fribourg

Thierry Dechezleprêtre
musée d’archéologie nationale

Estelle Galbois
PLH, Université de Toulouse
Jean Jaurès

Manuella Lambert
musée du Louvre

Néguine Mathieux
musée Carnavalet

Fabrice Rubiella
musées d’Angers

Juliette Tanré-Szewczyk
Institut national d’histoire de l’art