Séminaire « Teintures naturelles ou colorants de synthèse ? Indigo »

Outremer Guimet, boîte de 50 gr., début du XXe siècle ; coll. part. Clichés : François Delamare

Nombreux sont les explorateurs, hommes de lettres ou de sciences, artistes, teinturiers… qui ont voyagé sur les traces du bleu le plus largement partagé dans l’histoire de l’humanité, fourni par les plantes à indigo. Il convient en effet de rappeler que l’indigo n’est pas le nom d’une plante mais d’une matière colorante. Les plantes à indigo les plus connues sont les indigotiers (Indigofera sp.), espèces tropicales, et le pastel des teinturiers (Isatis tinctoria), plante indigène en Europe. D’autres ont aussi été largement exploitées, telles que la Renouée des teinturiers (Polygonum tinctorium) au Japon.

Les techniques de cuve pour l’extraction de l’indigo se sont transmises de génération en génération, de par le monde, car le colorant n’existe pas à l’état naturel dans la plante et se développe durant la préparation dans la cuve du teinturier. C’est pourquoi l’indigo est un « colorant de cuve ». Sa réduction met en œuvre d’autres plantes (cuves dites biologiques) ou des produits chimiques (hydrosulfite de sodium). En milieu alcalin, l’indigo préalablement réduit devient jaune et est soluble dans l’eau, tandis qu’il se forme à la surface des cuves d’indigo ou de pastel une pellicule d’indigotine appelée la « fleurée ». Les fibres textiles s’imprègnent dans la cuve de leuco-indigo puis, au contact de l’oxygène de l’air, la matière colorante bleuit et se fixe, redevenant insoluble.

En 1883, le chimiste allemand Adolf von Baeyer réalise une synthèse chimique de l’indigo. Sa commercialisation nécessite quatorze années de plus pour être rentable. Ce n’est donc qu’à l’extrême fin du xixe siècle que l’indigo de synthèse concurrença l’indigo naturel et permit la mondialisation du blue jeans et de la veste chinoise. La quasi-totalité de l’indigo produit actuellement dans le monde est utilisée pour la teinture.

En partenariat avec l’École nationale supérieure des arts décoratifs

Comité d’organisation

Clément Bottier (designer textile et couleur), Isabelle Rodier (ENSAD), Sandrine Rozier (designer costumes et textile pour les arts vivants), Marie-Anne Sarda (INHA)

Comité scientifique

Clément Bottier (designer textile et couleur), Dominique Cardon (CNRS – CIHAM/UMR 5648, Lyon), Manuel Charpy (laboratoire InVisu, CNRS – INHA), Mohammed Dallel (LRMH, Champs-sur-Marne), François Delamare (école des Mines), Rossella Froissart (université d’Aix-Marseille), Pascale Gorguet-Ballesteros (musée de la mode de la Ville de Paris-Palais Galliera), Esclarmonde Monteil (musée des tissus, Lyon), Witold Nowik (LRMH, Champs-sur-Marne), Isabelle Rodier (ENSAD), Sandrine Rozier (designer costumes et textile pour les arts vivants), Marie-Anne Sarda (INHA), Marie-Amélie Tharaud (Conservatoire des créations Hermès, Pantin)

Programme de recherche

« Colorants et textiles de 1850 à nos jours », sous la direction de Marie-Anne Sarda (domaine Histoire et théorie de l’histoire de l’art et du patrimoine)

Programme

  • 13 novembre 2019
    Tristan Yvon (DRAC Guadeloupe) : Bleus et noirs dans les Antilles françaises
    Voir dans l'agenda
  • 11 décembre 2019
    Dr. Jenny Balfour-Paul (université d’Exeter) : L’Angleterre et la Hollande, explorateurs de l’indigo des Indes
    Voir dans l'agenda

Programme complet 2019/2020 à venir
Retrouvez la programmation du
séminaire Teintures naturelles ou colorants de synthèse 2018/2019 ici