Répertoire des acteurs du marché de l'art en France sous l'Occupation (RAMA)Programme en cours

Vente aux enchères publiques sous l’autorité de Maître Étienne Ader. Galerie Charpentier,  Paris, 20 juin 1944 © Parisienne de photographie

Initié par des partenaires français et allemands, mais s'inscrivant dans une dynamique internationale sur l'histoire des spoliations, ce programme a pour objectif principal de documenter et d'étudier les différents acteurs du marché de l'art en France sous l'occupation allemande, en s'appuyant sur le dépouillement des sources disponibles au niveau mondial.

Historique

L'Institut national d'histoire de l'art a décidé de lancer à l'automne 2016, en partenariat avec l'Université technique de Berlin, le Collège de France, le Deutsches Zentrum Kulturgutverluste de Magdebourg et le Centre allemand d'histoire de l'art, et dans la continuité de la numérisation des catalogues de ventes pendant la Seconde Guerre mondiale qu'il avait réalisée en 2013, un programme de recherche dont l'objectif est la conception d'un Répertoire des acteurs du marché de l'art en France sous l'Occupation.

Enjeux

Plus de soixante-dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, nos connaissances sur les transferts, les trafics et les spoliations d’œuvres d'art générés par l'occupation allemande en France sont encore lacunaires, quoiqu’en constante progression. Si de nombreuses enquêtes individuelles ont été menées ces dernières années, une identification exhaustive des différents acteurs du marché de l'art de cette époque, des opérations qu'ils ont effectuées, des œuvres qui sont passées entre leurs mains, s'avère indispensable, afin de fournir un fondement stable à la documentation des œuvres et aux recherches concernant leur histoire et leur provenance.

Sous l'occupation allemande, le marché de l'art est extrêmement florissant, mobilisant de très nombreux acteurs, tant allemands que français. Cette "euphorie" est notamment le reflet d'un afflux de marchandises issues de confiscations et de spoliations de personnes considérées comme juives par les ordonnances allemandes, les lois de Vichy et le Commissariat général aux Questions juives. L'exclusion – voire, dans de nombreux cas, la suppression – d'une partie des acteurs traditionnels de ce marché explique également que de nouveaux acteurs viennent bouleverser les circuits traditionnels.

Le programme de recherche initié par l'Institut national d'histoire de l'art, l'Université technique de Berlin et leurs partenaires vise à étudier et à répertorier l'ensemble des acteurs (marchands d'art, galeristes, courtiers, experts, brocanteurs, antiquaires, commissaires-priseurs, transporteurs, photographes, historiens d'art, personnel des musées, artistes, collectionneurs, amateurs, victimes, intermédiaires en tout genre...) qui se sont retrouvés au cœur des échanges artistiques et commerciaux entre la France et l'Allemagne. Il devrait ainsi permettre de documenter et de reconstituer, de la manière la plus rigoureuse possible, les parcours des hommes et des œuvres, ainsi que de mettre en évidence les circulations et les réseaux, selon une approche spatio-temporelle dynamique.

Ce répertoire prendra prioritairement la forme d'une base de données, en accès libre et gratuit, avec des entrées individuelles qui permettront croisements et vérifications systématiques des informations. Celles-ci seront strictement factuelles et fondées sur des recherches prioritairement menées dans les archives allemandes et françaises, voire de tout autre pays (États-Unis, Belgique, Hollande, Autriche, Suisse, Russie, etc.) dont la prise en compte apparaîtrait nécessaire. Il s'agit d'offrir un outil fiable et scientifique à l'ensemble des utilisateurs, citoyens, chercheurs ou professionnels du monde de l'art, préoccupés de vérifier la provenance d'une œuvre, que celle-ci se trouve dans les collections publiques, en mains privées ou sur le marché.

Ce programme de recherche fait l'objet d'une campagne de mécénat. Pour en savoir plus, consultez la page dédiée.

Équipe INHA

Partenaires

  • Technische Universität, Berlin :
    - Prof. Dr. Bénédicte Savoy
    - Dr. Élisabeth Furtwängler, cheffe de projet
  • Collège de France, Paris : Prof. Dr. Bénédicte Savoy
  • Deutsches Zentrum Kulturgutverluste, Magdebourg : Prof. Dr. Gilbert Lupfer, directeur
  • Centre allemand d'histoire de l'art, Paris :
    - Prof. Dr. Thomas Kirchner, directeur
    - Dr. Nikola Doll

Carnet de recherche

  • "Le marché de l'art en France sous l'Occupation", dans le cadre du programme de recherche "Répertoire des acteurs du marché de l'art en France sous l'Occupation". Voir le blog ramainha.hypotheses.org (en cours de mise en ligne)

Ateliers

Afin de répondre le plus efficacement possible aux attentes des futurs utilisateurs, envisagés dans toute leur pluralité, et définir l'architecture globale, ainsi que les principales fonctionnalités du "Répertoire des acteurs du marché de l'art en France sous l'Occupation", deux ateliers ont été organisés, l'un à Cologne le 13 octobre 2017, l'autre à Paris, à l'INHA, le 13 décembre 2017, afin de recueillir l'avis et l'expérience de professionnels du monde du patrimoine, ainsi que d'universitaires et de chercheurs spécialisés dans la recherche de provenance.

Séminaires

- L’art dit "dégénéré" et parcours d’exil artistique, séminaire de recherche d'Inès Rotermund-Reynard, Université de Genève, Suisse, 1er semestre 2018.

- D’où viennent les œuvres d’art ?, séminaire de recherche d'Inès Rotermund-Reynard, Université de Genève, Suisse, 1er semestre 2018.

Colloque

Inès Rotermund-Reynard, communication sur "Le dossier Sonderkonto Frankreich aux Archives Spéciales/RGVA à Moscou", dans le cadre du colloque international "Spoliation et trafic. Le marché de l’art français sous l’occupation allemande (1940-1944)", Bonn, Bundeskunsthalle, 30 novembre-1er décembre 2017.

Emmanuelle Polack, communication sur "La situation des galeristes français durant l‘occupation allemande : l‘exemple du marchand d‘art René Gimpel", dans le cadre du colloque international "Spoliation et trafic. Le marché de l’art français sous l’occupation allemande (1940-1944)", Bonn, Bundeskunsthalle, 30 novembre-1er décembre 2017.