Collectionneurs, collecteurs et marchands d'art asiatique en France 1700-1939Programme en cours

Composition avec objets d’art asiatique, vase antique et aquarelle, photographie anonyme, autochrome, vers 1910-1920, Paris, musée d’Orsay, inv. PHO 1997-8-1-41 (c) Paris, RMN-GP (musée d’Orsay) / Alexis Brandt

L’Institut national d’histoire de l’art a lancé un programme de recherche autours des individus, amateurs, voyageurs, militaires, marchands ou artistes, qui ont contribué à façonner une image de l’Asie à travers la culture matérielle.

L’Institut national d’histoire de l’art a lancé un programme de recherche autours des individus, amateurs, voyageurs, militaires, marchands ou artistes, qui ont contribué à façonner une image de l’Asie à travers la culture matérielle. Au-delà d’une approche purement biographique, il s’agit de s’intéresser aux pratiques de ces « collecteurs », en mettant en évidence les mécanismes sociaux, professionnels, économiques, géostratégiques, culturels, symboliques et esthétiques qui ont présidé à leur collecte, que celle-ci soit personnelle ou altruiste, commanditée ou circonstancielle ; d’interroger leurs motivations, leurs goûts et les finalités tant de leur quête que de leur générosité, lorsqu’elle a donné lieu, par exemple, à une libéralité, legs ou don, en faveur d’une institution publique. Sont considérés les collections réunies entre 1700 et 1939 – englobant ainsi les premiers ensembles, les grandes collections rassemblées au XIXe siècle et le développement d’un marché spécialisé d’art asiatique – dans une aire géographique qui s’étend de la Sibérie orientale à l’Asie du Sud Est en incluant l’Inde et l’Extrême Orient.

Afin de mettre en lumière les différentes facettes de l’histoire des collections asiatiques en France, le programme prend en compte une grande variété de profils et de collections. Les marchands, tels que Siegfried Bing (1838-1905), Hayashi Tadamasa (1853-1906), Loo Ching Tsai (1880-1957), ont largement contribué à forger le goût des collectionneurs et des artistes et ont donc leur place à part entière dans le corpus. De même, certains artistes dont l’activité de collectionneur a accompagné l’activité artistique sont également représentés au sein du  répertoire. Les collections considérées sont de nature extrêmement variée, allant des arts décoratifs aux collections ethnographiques, en passant par la peinture, la photographie, les manuscrits et les livres.

L’objectif est la mise en place d’un répertoire prosopographique sous forme de notices individuelles signées par des spécialistes de ces sujets, disponible en ligne sur AGORHA sous la forme d’une base de données. Les notices auront pour vocation d’établir un état de la recherche sur chacune des personnalités du corpus et fourniront des informations à la fois sur l’individu (état civil, renseignements biographiques) et sur sa collection (son contenu, son importance pour l’époque, l’historique de sa constitution, les lieux où elle a été exposée, conservée etc.). Il sera possible, lorsque les sources le permettent, de retracer l’historique d’une collection, d’en connaître le ou les lieux de conservation actuels. La base de données formée par l’ensemble de ces notices sera établie d’après des champs de données structurées, qu’il sera possible d’interroger par typologie de collection (origine géographique, type d’objets, etc.) ou par lieux de conservation, en plus de l’entrée classique par noms de personnes. Chaque notice sera complétée par une bibliographie et un corpus d’archives.

L’INHA espère produire un outil incontournable de la recherche sur ces questions, fédérateur des travaux entrepris dans les musées et dans les universités.

Sous la coordination de Juliette Trey, directrice adjointe du Département des études et de la recherche (DER).