1959-1985, au prisme de la Biennale de Paris Programme en cours

Robert César, Biennale de Paris, 1965, vue d'extérieur. Ⓒ Archives de la critique d'art, Rennes

Centré sur l’étude de la Biennale des jeunes artistes qui eut lieu à Paris entre 1959 et 1985, ce programme a deux principaux objectifs. Le premier axe, d’ordre documentaire, comprend la création d’un site Internet de référence réunissant tous les fonds d’archives relatifs à la Biennale, actuellement dispersés entre plusieurs lieux de conservation, ainsi que la numérisation d’ensembles significatifs de documents. Le deuxième axe, d’ordre plus réflexif, donne lieu à un séminaire de recherche mensuel et à des publications qui visent à mieux connaître cette biennale jusque-là très peu étudiée et à réfléchir à ses significations aujourd’hui : à la fois comme objet d’étude historique et comme symptôme de l’âge de la « biennalisation » de l’art contemporain.

Ce programme porte sur la Biennale des jeunes artistes, dite « Biennale de Paris », initiée par l’administration culturelle d’André Malraux en vue de redonner à Paris une place de poids sur la scène artistique internationale. Au moment de sa fondation en 1959, c’est l’une des premières grandes manifestations internationales d’art contemporain, suivant les biennales de Venise (créée en 1895), São Paolo (1951), Tokyo (1952), la documenta de Kassel (1955) ou des événements à périmètre plus ciblé tels que la Biennale hispano-américaine (Madrid, 1951) ou celle des Arts des Pays Méditerranéens (Alexandrie, 1955).

Une des particularités de la Biennale de Paris, et une des difficultés de son étude historique tient au fait qu’au fil de ses vingt-six années d’existence elle a n’a cessé de changer de forme et de mission, repensant sans cesse ses fondements institutionnels, ses mécanismes de sélection artistique et de représentativité nationale et internationale, son rapport au public et à sa propre histoire. L’autre enjeu majeur tient à la période dans laquelle elle prend corps. Relativement court, le laps de temps entre 1959 et 1985 correspond en vérité à des années riches en rebondissements artistiques, sociaux, politiques, idéologiques et institutionnels en France et à travers le monde. Ces années de conflits mais aussi de négociation d’espaces communs font aujourd’hui l’objet d’un véritable élan de réflexion et d’étude à l’échelle internationale, auquel ce projet de recherche aimerait contribuer.

Ce programme vise également à combler une lacune, dans la mesure où la Biennale de Paris n’a jusqu’à présent pas fait l’objet d’une réflexion historique dans son ensemble, à l’exception d’études ponctuelles sur des participations nationales spécifiques ou sur certaines éditions en particulier. Il s’agit de repenser l’histoire de cette institution précaire, de ses espaces et de leur aménagement, de son inscription dans l’espace public français et dans son histoire politique, de ses rapports internationaux à une époque où la guerre froide et de nombreux régimes dictatoriaux freinent la circulation des gens, des œuvres et des idées. Il s’agit bien sûr de penser aussi les manières dont la Biennale représente les pratiques artistiques de son époque et les présente au public, les réactions qu’elle a pu susciter, ainsi que le travail incessant de rétrospection et d’autocritique qu’elle a mené tout au long de sa courte histoire.

Concrètement, le programme de recherche conjugue un volet documentaire et un volet réflexif qui se nourrissent mutuellement :

1° Documentation. Il s’agit de créer un site Internet de référence répertoriant les fonds d’archive et les documents édités relatifs à cette Biennale, actuellement dispersés dans diverses institutions (les Archives de la critique d’art, la Bibliothèque Kandinsky du Musée national d’art moderne – centre Georges Pompidou, l’Institut national de l’audiovisuel), de numériser des ensembles significatifs de documents et de compléter la documentation existante par des recherches et/ou des entretiens avec les acteurs et témoins qui ont pris part à cet événement.

2° Réflexion. Dans ce deuxième volet, il s’agit de penser la signification de cette Biennale à son époque et dans la perspective contemporaine d’une « biennalisation » très prégnante de la scène artistique contemporaine. En outre, d’un point de vue méthodologique, il s’agit de poser la question de l’étude historique de l’objet « biennale ». Ces sujets sont abordés dans le cadre d’un séminaire de recherche mensuel qui fédère les apports de différents spécialistes français et étrangers (chercheurs, commissaires, artistes, architectes/scénographes). Il est tenu en alternance à l’INHA, à la Bibliothèque Kandinsky (MNAM-Centre Georges Pompidou) et aux Archives de la critique d’art à Rennes (voir le séminaire). Cette réflexion se poursuit également par le biais de publications ponctuelles et donnera lieu à d’autres rencontres scientifiques également.

Institutions partenaires

Comité scientifique

  • Mathilde Arnoux (Centre allemand d’histoire de l’art)
  • Paula Barreiro-López (Université de Barcelone)
  • Jérôme Bazin (Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne)
  • Nathalie Boulouch (Université Rennes 2/GIS Archives de la Critique d’art)
  • Pauline Chevalier (Université de Besançon)
  • Elitza Dulguerova (Université de Paris I/INHA)
  • Catherine Gonnard (Institut national de l’audiovisuel)
  • Mica Gherghescu (Bibliothèque Kandinsky, Centre Georges-Pompidou)
  • Antje Kramer-Mallordy (Université de Rennes 2)
  • Fabienne Queyroux (Bibliothèque de l’INHA)
  • Elitza Dulguerova, conseillère scientifique
  • Guillaume Blanc, chargé d’études et de recherche
  • Aurore Buffeault, chargée d’études et de recherche
  • Claire Dupin de Beyssait, chargée d’études et de recherche
  • Julia Raymond, chargée d’études et de recherche

Séminaire

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