Maria Rosaria Vitalechercheuse invité

Août - Septembre 2021

Maria Rosaria Vitale est professeure associée de restauration architecturale à l'Université de Catane, où elle enseigne Théorie et histoire de la restauration et Projet de restauration. Elle est architecte et docteur en conservation de l’architecture à l’Université Federico II de Naples (1997), avec une thèse consacrée aux restaurations en France et Espagne et leur relation avec la Charte de Venise. Ses recherches portent sur les politiques patrimoniales en Europe, sur l’histoire comparée de la restauration et de la conservation du patrimoine architectural et sur la reconstruction urbaine et architecturale après les conflits armés.

Elle est membre du collège doctoral en Évaluation et atténuation des risques urbains et territoriaux de l’Université de Catane et membre de comités scientifiques de revues et conférences nationales et internationales. Elle a conçu et organisé de nombreuses conférences et colloques et a été invitée à donner des conférences en Italie et à l’étranger, y compris à l’École d’ingénierie et d’architecture et au Master en histoire de l’art de l’Université de Saragosse, à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris Val-de-Seine, à l’Université technique nationale d'Athènes et à l’École de spécialisation en patrimoine architectural et paysage de l’Université ‘Sapienza’ de Rome.

Dans la perspective d’une collaboration transnationale et du développement des programmes communs d'enseignement et de recherche, elle est responsable du programme de mobilité internationale entre l’Université de Catane et l’ENSA Paris Val-de-Seine. Membre de l’Association d’histoire de l’architecture, elle a été conférencière invitée à la deuxième rencontre de l’AHA en mars 2017 et a été également membre invitée de jurys de doctorat et fin d’étude à l’ENSA Marseille et de doctorat à l’ENSA Paris Belleville.

 

Publications sélective

  • Maria Rosaria Vitale, Giuseppe Scaturro, Armando Dillon. La guerra e il “travaglio” della ricostruzione in Sicilia (1941-1955), Siracusa, Lettera Ventidue, 2019. ISBN 978-88-6242-326-1.
  • Maria Rosaria Vitale, D’une reproduction à l’autre: le rôle de la carte postale et de la métrophotographie dans la reconstitution monumentale après la Grande guerre, dans «Profils. Revue de l’association d’histoire de l’architecture», 1, 2018, pp. 69-78. ISSN en cours d’attribution.
  • Maria Rosaria Vitale, La restauration d’après-guerre entre mémoire et oubli: Reims et la cathédrale des sacres à l’épreuve de la Grande Guerre, dans Pascal Plas (dir.), Conflits, dévastations et ruines. Réparer, reconstruire, conserver, Panazol, Lavauzelle Editions, 2018, pp. 27-50. ISBN 978-2-7025-1671-3.
  • Maria Rosaria Vitale, La memoria della Grande guerra in Francia fra ricostruzione e patrimonializzazione, dans Piero Cimbolli Spagnesi (dir.), Al di là delle trincee. Territori e architetture del Regno d’Italia al tempo della Prima Guerra Mondiale, Atti del Congresso internazionale (Roma, 3-5 dicembre 2015), Roma, Quasar Edizioni, 2017, pp. 323-336. ISBN 978-88-7140-789-0.
  • Paola Barbera, Maria Rosaria Vitale (dir.), Architetti in viaggio. La Sicilia nello sguardo degli altri, Siracusa, Lettera Ventidue, 2017. ISBN 978-88-6242-256-7.
  • Franca Malservisi, Maria Rosaria Vitale (dir.), La ricostruzione in Francia dopo la Seconda guerra mondiale. Monumenti e patrimonio urbano nelle politiche di trasformazione, numero monografico della rivista «Storia Urbana», n. 155, 2017. ISSN 0391-2248.
  • Maria Rosaria Vitale, Propaganda, sperimentalismo e tradizione nella ricostruzione di Reims, dans «Storia Urbana», n. 145, 2014, pp. 51-89. ISSN 0391-2248. DOI: 10.3280/SU2015-145003.
  • Francesco Mazzucchelli, Maria Rosaria Vitale, La restauration des architectures monumentales dans l’après-guerre entre conservation, transformation et effacement des traces du passé. Une comparaison entre perspectives sémiotiques et théories architectoniques, dans J. Alonso Carballés, A.D. Wells (dir.) Traces, Empreintes, Monuments, quels lieux pour quelles mémoires? De 1989 à nos jours, Limoges, Pulim, 2014, pp. 13-39. ISBN 978-2-84287-606-7.
  • Fausto Carmelo Nigrelli, Maria Rosaria Vitale, Piazza Armerina: dalla Villa al Parco. Saggi e ricerche sulla Villa romana del Casale e il fiume Gela, Cannitello, Biblioteca del Cenide, 2010. ISBN 978-88-87669-59-6.
  • Maria Rosaria Vitale, I brevetti Deneux per il c.a. e le loro applicazioni nella ricostruzione delle chiese di Reims (1919-1938), dans S. D’Agostino (dir.) Storia dell’Ingegneria, Atti del 3° Convegno nazionale (Napoli, 19-21 aprile 2010), Napoli, Cuzzolin, t. I, pp. 529-542. ISBN 978-88-87479-11-9.
  • Antonella Cangelosi, Maria Rosaria Vitale (dir.) Brandi e l’architettura, Atti della giornata di studi (Siracusa 30 ottobre 2006), Siracusa, Lombardi, 2008. ISBN 978-88-7260-180-8.
  • Maria Rosaria Vitale, Il secolo dell’anno Duemila. Il restauro dei monumenti in Francia fra tradizione e modernità, dans M.G. Ercolino (dir.), Tra storia e restauro in Francia e in Italia, Atti della giornata internazionale di studi, dans «Materiali e Strutture», n.s., IV, 7-8, 2006, pp. 170-205. ISSN 1121-2373.
  • Maria Rosaria Vitale, Restauri in Francia (1970-2000). Storia, politiche, interventi, Palermo, Medina, 2001.

Project

Les sculptures de la façade de la cathédrale de Reims

Mémoire et matière dans les chantiers de restauration du XXe siècle

La profusion d’études, de dessins, d’estampes et de collections photographiques consacrés à la cathédrale de Reims à partir du XVIIe siècle atteste de l’importance de cet édifice au regard de l’histoire, de l’histoire de l’art, de l’architecture et de la restauration monumentale. Il s’agit d’un sujet central dans l’histoire du patrimoine français si l’on pense à sa reconnaissance en tant que lieu de mémoire nationale illustré par Jacques Le Goff. Le projet de recherche proposé ici porte sur un aspect relativement moins étudié : les restaurations de la statuaire de la cathédrale réalisés au cours du XXe siècle.

Par sa position emblématique dans le paysage de l’héritage monumental médiéval, la sculpture de la façade de Reims peut être étudiée comme un révélateur des démarches de préservation. Un regard sur la séquence des interventions révèle des attitudes et des priorités différentes et changeantes. La recherche proposée vise donc à étudier les chantiers de restauration en les examinant selon deux perspectives différentes mais complémentaires. D’une part, l’analyse des interventions, pour identifier et comprendre les choix et les priorités, reconstituer les procédés de restauration, ainsi que l’émergence et l’évolution des techniques d’intervention, les limites et les possibilités de leur mise en œuvre. D’autre part, l’examen critique des modifications inévitables apportées à la matière de l’œuvre d’art et de leurs effets sur la perception du monument lui-même en termes d’expérience esthétique, associé à l’examen critique des relations entre ces modifications et historiographie.

Le premier objectif de la recherche est donc de reconstruire une histoire des pratiques et en même temps une histoire des idées et des interprétations qui en dérivent. Les résultats de l’étude permettront également d’évaluer les écarts entre les principes de conservation, la volonté des différents acteurs et leur concrétisation réelle.

Le deuxième objectif, concerne l’évaluation de l’inéluctable transformation engendrée par les restaurations. La cathédrale et sa façade en particulier – véritable icône par son statut de monument majeur dans l’histoire, l’art et la mémoire nationale – a dû se confronter à une chaîne incessante d’interventions qui n’a aucune comparaison dans son histoire centenaire. En élargissant à d’autres édifices ce regard sur les restaurations du XXe siècle, sur la base d’une méthode partagée d’analyse des restaurations, il est question de contribuer à une histoire du patrimoine français pour affronter la conservation des monuments ayant traversé deux siècles de restaurations.