Giancarla Cilmi, Une passion italienne. Les Jacquemart-André collectionneurs, Officina Libraria, 2024, couverture du livre
En libre accès, dans la limite des places disponibles
Adresse

INHA, galerie Colbert, auditorium Jacqueline Lichtenstein

Octobre 2026
mercredi 14 octobre 2026
18:00 20:00

Chaque année, la Fondation Lucie et Olga Fradiss, abritée depuis 1993 à la Fondation de France, décerne un prix qui récompense un jeune auteur pour le meilleur livre français sur l’histoire de l’art. En 2025, le prix a été remis à l’écrivaine Giancarla Cilmi pour son ouvrage intitulé Une passion italienne : les Jacquemart-André collectionneurs.

« Une maison Renaissance ressuscitée » : c’est ainsi que l’historien de l’art italien Lionelli Venturi intitule l’article qu’il consacre en 1914 à l’inauguration du musée Jacquemart-André. Edouard André (1833-1894) est issu d’une famille de riches banquiers protestants. Sa fortune et ses connaissances lui permettent de devenir rapidement un amateur d’art dont le goût, connu de tous les acteurs du monde de l’art de l’époque, sera de plus en plus raffiné. Nélie Jacquemat (1841-1912), d’origine modeste, connnaît le succès grâce à son talent de portraitiste. Rien ne semble unir deux personnalités aussi différentes. Pourtant, après leur mariage en 1881, leur passion pour la Renaissance italienne les conduira à créer, dans leur hôtel du boulevard Haussmann – comme plus tard à l’abbaye royale de Chaalis – un musée privé unique en son genre, où peintures, sculptures et objets d’art contribuent à recréer l’atmosphère d’un palais florentin du XVe siècle. Pendant près de trente ans, au cours de leurs nombreux voyages en Italie, les André vont nouer des liens d’affaires et d’amitié avec les plus célèbres antiquaires de la Péninsule, dont Stefano Bardini et Michelangelo Guggenheim, tout en cultivant des relations privilégiées avec les plus grands experts de l’époque, comme Wilhelm von Bode et Georges Lafenestre, qui les accompagneront dans l’achat de plus de 2 500 oeuvres provenant des principaux centres d’art italiens. Cette collection, symbole d’une élégance raffinée, unique encore aujourd’hui, sera léguée à l’Institut de France en 1912, avec pour mission d’en faire des musées ouverts au public. Au travers d’une analyse du « modus operandi » du couple, soutenue par l’étude de nombreux documents (lettres, photographies, factures d’achat, contrats) conservés dans les archives du musée parisien et dans celles de leurs correspondants italiens, cet ouvrage se propose de porter un éclairage inédit sur cette magnifique collection.

Intervenants

Giancarla Cilmi (Ecole française de Rome), Andrea Baserga (Service des Musées de France), Alexandre Girard-Muscagorry (INHA)