Tout au long de leur contrat doctoral, les doctorantes et doctorants conduisent leur thèse tout en contribuant aux projets collaboratifs de l’INHA et à la vie scientifique de l’Institut par des activités de recherche et de valorisation.

Les deux post-doctorants rejoignent quant à eux l’INHA pour accompagner les conseillères et conseillers scientifiques ainsi que les coordinatrices et coordinateurs de recherche dans la mise en œuvre des projets de l’Institut.

La nouvelle promotion

Célia AUREJAC

« La circulation des antiquités égyptiennes sur le marché de l’art parisien au XIXe siècle (1800-1914) »

Sous la direction de Juliette Tanré-Szewczyk (École du Louvre) ; Estelle Galbois-Pouzenc (Université Toulouse – Jean Jaurès, laboratoire PLH (EA 4601)

La thèse de Célia propose d’interroger le rôle joué par le marché de l’art parisien dans la diffusion, la compréhension et l’appréciation des antiquités égyptiennes au cours du XIXe siècle. Elle s’appuie pour cela sur l’étude de l’ensemble des ventes réalisées à Paris entre 1800 et 1914 ayant réuni des œuvres égyptiennes. L’analyse approfondie de ce corpus permet de retracer le parcours de certaines de ces antiquités, d’identifier les acteurs et les réseaux qui se mettent en place, mais également de voir comment les œuvres mises en vente constituent des sources d’étude et de connaissance de premier plan pour les savants de l’époque, participant ainsi au développement de l’égyptologie naissante.

Eliseo CHIODINI 

« Quadraturisme aux « frontières » : artistes émiliens entre Paris, Lisbonne, Londres, Stockholm (1700–1760) »

Sous la direction d’Olivier Bonfait (Université Bourgogne Europe) et Giuseppina Raggi (Universidade NOVA de Lisboa), en cotutelle internationale

Cette recherche étudie la circulation européenne de la quadratura émilienne entre 1700 et 1760, à travers les trajectoires de Gaetano Brunetti, Domenico Maria Francia et Roberto Clerici le Jeune, entre Paris, Lisbonne, Londres et Stockholm. Elle s’intéresse aux mobilités des artistes, à la circulation des savoir-faire, des modèles et des pratiques, ainsi qu’aux réseaux familiaux et professionnels qui favorisent leur adaptation dans différents contextes. En croisant microhistoire, histoire connectée et histoire des transferts culturels, elle analyse la reconfiguration de la quadratura dans ces espaces dits « périphériques » de l’Europe.

Mélody DAVID

« De la « mode françoise » à la connaissance des « traicts géométriques » : enrichissements et intellectualisation de la stéréotomie des voûtes dans l’architecture religieuse de la Renaissance en France »

Sous la direction de Marion Boudon-Machuel (INHA) et Colin Debuiche (Université de Tours – CESR)

Pendant la Renaissance, les principaux foyers artistiques européens élaborent des réseaux de voûtements d’une virtuosité remarquable, tant par leur complexité structurelle que par leurs décors. Les commanditaires et les artistes cherchent à donner une dimension monumentale au céleste, qui doit être étudiée dans le contexte des tensions religieuses contemporaines. La France participe pleinement à cette dynamique, transformant progressivement les formes du gothique, dites « à la mode françoise », pour tendre vers une nouvelle modernité architecturale. Dans cette perspective, l’étude de la voûte apparaît comme un observatoire privilégié de la rencontre entre traditions constructives, quête de prouesses techniques et significations symboliques de l’architecture française au sein du concert européen.

Samuel HIVROZ 

« Jetons de pèlerinage en terre cuite (Ve-VIIe siècles) : typologie, production, distribution, et usage de l’eulogie pérégrine en contexte byzantin »

Sous la direction d’Anne-Orange Poilpré (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Dominique Pieri (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Cette étude se propose de revenir sur les images et fonctions des jetons de pèlerinage, des eulogies en terre cuite dont l’avers montre des représentations chrétiennes magiques, agissantes. Ces images, garantes de l’agentivité des objets, sont aussi standardisées qu’éclectiques, et reprennent des thèmes et personnages faisant écho au voyage du pèlerin, à la vie du Christ, ou à des épisodes de l’Ancien et du Nouveau Testament. L’itinéraire de ces eulogies, voyageuses et prophylactiques, destinées à protéger et accompagner le pèlerin, est l’objet principal de cette thèse, qui cherche à revenir sur le parcours de ces objets et de leurs images, tout en en précisant les fonctions tant spirituelles qu’économiques, du lieu de leur production à celui de leur destination.

Fanny MARTINOT-LAGARDE

« Mécénat, commandes et relations interculturelles dans la fabrique des « arts populaires mexicains ». Les vies « diplomatiques » de la collection François Reichenbach »

Sous la direction d’Aline Hémond (LESC-EREA, Université Paris Nanterre) et Paula López Caballero (CEIICH, Universidad Nacional Autónoma de Mexico)

Cette thèse porte sur la collection dite « d’arts populaires mexicains » constituée par le cinéaste franco-suisse François Reichenbach entre les années 1960 et 1990. Cet ensemble se distingue par une forte proportion d’objets de commande d’après des sources visuelles fournies par Reichenbach, de l’art moderne occidental à la photographie de presse. Tant lors de leur création qu’au moment de leur échange sous forme de dons à des membres de son réseau en France, ces pièces se trouvent au cœur d’une diplomatie des objets entre individus et groupes sociaux. En croisant l’étude de la matérialité des œuvres, de leurs circulations et des relations sociales qu’elles révèlent, cette enquête entend éclairer le rôle des relations de mécénat dans la fabrique des « arts populaires mexicains » et situer ces créations dans l’histoire des primitivismes de la seconde moitié du XXᵉ siècle.

Les post-doctorants

James HORTON intègre le projet Objets minoritaires porté par Damien Delille

James Horton est historien de l’art contemporain, commissaire d’exposition et traducteur. Titulaire d’un doctorat de l’École normale supérieure de Paris, il est membre associé de l’IHMC. Ses recherches portent sur l’intermédialité, les transferts culturels et la traduction, et l’intersection des pratiques artistiques et éditoriales avec des enjeux du genre et de la sexualité. En 2025, il a été co-commissaire de l’exposition ECHO DELAY REVERB au Palais de Tokyo. À partir de 2026, il rejoint l’Institut national d’histoire de l’art à Paris en tant que chercheur postdoctoral dans le cadre du projet « Objets minoritaires ». En 2027, avec Pascaline Morincôme, il sera résident à la Villa Albertine, où il mènera des recherches sur l’artiste états-unienne Ann Wilson.

Matthieu HAGENMULLER intègre le projet IMENTET porté par Juliette Tanré-Szewczyk

Matthieu Hagenmüller est ancien élève de l’ENS de Paris (AL 2014). Après avoir obtenu l’agrégation d’Histoire en 2018, il a mené un doctorat à Sorbonne Université, soutenu en 2025. Sous la direction de Chloé Ragazzoli, son travail a consisté en une étude des scènes de violence dans l’iconographie funéraire égyptienne, aux IIIe et IIe millénaires avant notre ère. Ses thématiques de recherche incluent notamment les modes de significations de l’image égyptienne, les différentes formes de violence (interpersonnelle, punitive, guerrière), ainsi que la réception de l’Égypte antique dans les discours scientifiques des XIXe et XXe siècles.