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Appel à communication – journée d’étude « Déplacer la sculpture à l’époque moderne (XVe-XVIIIe siècles) »
Appel à communication
| Mis à jour le 13 mars 2026
En cours
Cette journée d’étude interrogera les enjeux symboliques, politiques, esthétiques et techniques du déplacement des sculptures monumentales en France à l’époque moderne. En s’intéressant aux œuvres situées dans l’espace public ou dans des lieux accessibles au public, il s’agira d’examiner les raisons, les modalités et les effets de ces transferts. Ces déplacements impliquent en effet des reconfigurations profondes du sens, de la réception et de l’ancrage spatial des sculptures.
Appel à communication
Le déplacement des sculptures est au cœur de nombreux débats depuis quelques années, notamment lorsque surgit la question de la légitimité de certaines figures historiques dans l’espace public. Si ce questionnement prend une acuité particulière dans le contexte contemporain, il s’enracine dans une histoire plus ancienne qu’il convient d’interroger. En ce qui concerne l’époque moderne, le sujet a souvent été traité sous l’angle de la fourniture des matériaux (le transport des marbres par exemple), de la circulation des statues antiques, ou des usages cultuels, en particulier les pratiques processionnelles.
La journée d’étude propose de centrer le propos sur les dimensions symboliques, politiques, esthétiques et techniques liées au déplacement des sculptures sur l’ensemble du territoire français durant toute la période moderne. Le terme « sculpture » s’entend ici comme sculpture monumentale située dans l’espace public ou dans des lieux accessibles au public (édifices religieux, palais, institutions). En effet, plus les œuvres sont visibles et symboliquement investies, plus leur déplacement engage de fortes significations. Des cas célèbres illustrent la portée de tels mouvements : la statue équestre de Louis XIV par Girardon (1699) transportée à Paris, et dont René-Antoine Houasse immortalise le trajet ; les « trophées d’Italie » portés en triomphe à Paris en 1798 ; la relégation du Louis XIV de Bernin au fond du parc de Versailles ; ou encore la Fontaine des Innocents, démontée, reconfigurée et remontée à quelques dizaines de mètres de son emplacement initial en 1785.
Ces exemples spectaculaires appellent une réflexion sur les multiples dimensions du déplacement de sculptures monumentales à l’époque moderne. Les communications pourront notamment porter sur les axes suivants, sans exclusive :
- Critères de décisions : enjeux politiques, religieux, urbanistiques ou patrimoniaux ayant conduit au déplacement d’une sculpture
- Modalités matérielles et techniques : démontage, manutention, circulation terrestre, fluviale ou maritimes, innovations techniques ;
- Acteurs du déplacement : commanditaires, techniciens, ingénieurs, sculpteurs
- Recontextualisation spatiale et symbolique : effets du changement d’échelle, de point de vue, d’environnement urbain ou naturel sur la perception de l’œuvre ; conservation ou effacement de la mémoire du lieu d’origine, traces matérielles ou symboliques laissées par la sculpture déplacée
- Transformations de l’œuvre : altérations, restaurations, recompositions, changements de matériaux ou d’iconographie lors du transfert
- Effets sur la réception : redéfinitions stylistiques, esthétiques ou politiques induites par le changement de lieu ou de fonction
- Représentations visuelles et textuelles des déplacements : mises en scène dans la peinture, la gravure, les récits, les archives
Ces thématiques n’épuisent évidemment pas le sujet, mais permettent d’éclairer une histoire longue et souvent méconnue de la mobilité des sculptures, tout en offrant des pistes pour penser certaines préoccupations patrimoniales actuelles à la lumière des pratiques de l’époque moderne.
Si la journée met l’accent sur la sculpture en France, les propositions portant sur d’autres espaces européens sont également encouragées, afin d’enrichir les perspectives comparatives et de mieux comprendre et documenter les pratiques du déplacement des sculptures.
Cette journée est la deuxième du cycle de rencontres sur La vie des sculptures en France.
Transformations matérielles, iconographiques, stylistiques et contextuelles des sculptures de l’époque moderne (2026-2028) proposé par l’INHA en partenariat avec plusieurs chercheuses et chercheurs. Pensé comme un laboratoire d’exploration diachronique, national et international, ce cycle vise à analyser les inflexions portées à la matérialité des œuvres, leur iconographie, leur style ainsi que les changements de contextes de présentation qui affectent ces objets, entre conservation, redécouverte, effacement, outrage ou recréation.
Les propositions de communication s’adressent à une large communauté de spécialistes – historiens de l’art, conservateurs, restaurateurs – issus des universités, des musées, des DRAC ou d’institutions de recherche françaises et internationales. Elles seront constituées d’une présentation de l’intervenante ou de l’intervenant (8 à 10 lignes), du titre et du synopsis de la communication (1 page), accompagnés d’un bref CV avec la liste des publications (1 page), et envoyées avant le 2 mai 2026 à Marion BoudonMachuel (marion.boudonmachuel@inha.fr) et Emmanuel Lamouche (emmanuel.lamouche@univ-nantes.fr). Les communications dureront 30 minutes et pourront être proposées à une ou deux voix.
Organisateurs
Marion Boudon-Machuel, INHA
Emmanuel Lamouche, CreAAH – Nantes Université
Collaborateurs scientifiques du cycle
Marion Boudon-Machuel (INHA), Federica Carta (Technische Universität, Berlin), Giancarla Cilmi (École française de Rome), Emmanuel Lamouche (CreAAH – Nantes Université), Sarah Munoz (Université de Lausanne), Daniele Rivoletti (Institut universitaire de France/Université Clermont Auvergne), Émilie Roffidal (Laboratoire FRAMESPA – Université de Toulouse), Neville Rowley (Gemäldegalerie, Berlin), Fabienne Sartre (IRCL – Université de Montpellier Paul-Valéry), Magali Théron (TELEMME – Université Aix-Marseille).
Comité scientifique
Kira d’Alburquerque (Victoria and Albert Museum, Londres), Lionel Arsac (château de Versailles), Andrea Bacchi (Fondation Federico-Zeri, université de Bologne), Oriane Beaufils (Villa Ephrussi de Rothschild), Sarah Betzer (université de Virginie, Charlottesville), Marc Bormand (musée du Louvre), Francesco Caglioti (École normale supérieure de Pise), Valérie Carpentier (musée du Louvre), Laura Cavazzini (université de Trente), Anne-Lise Desmas (J. Paul Getty Museum, Los Angeles), Grégoire Extermann (Haute école spécialisée de la Suisse italienne, SUPSI, université de Genève), Aldo Galli (université de Trente), Virginie Guffroy (musée du Louvre), Kelley Helmstutler Di Dio (université du Vermont, Burlington), Sophie Jugie (musée du Louvre), Pascal Julien (université Toulouse Jean-Jaurès), Michel Lefftz (université de Namur), Anne Lepoittevin (Sorbonne Université), Tommaso Mozzati (université de Pérouse), Philippe Malgouyres (musée du Louvre), Pierre-Hippolyte Pénet (château de Versailles), Guilhem Scherf (musée du Louvre), Frits Scholten (Rijksmuseum), Philippe Sénéchal (université de Picardie Jules-Verne, Amiens)