Appel à communications - Rotondes Première édition du Congrès national des jeunes chercheurs et chercheuses en histoire de l’art et archéologieEchéance 31 janvier 2021

Première édition du Congrès national des jeunes chercheurs et chercheuses en histoire de l’art et archéologie les 29 et 30 avril 2021.

Appel à communications

Thème : Histoire de l’art, archéologie et société(s)

La première édition de Rotondes, le congrès des jeunes chercheurs et chercheuses en histoire de l’art et archéologie, vise à rassembler le plus largement possible celles et ceux qui feront l’histoire de l’art et l’archéologie de demain, et qui ont déjà à cœur de réfléchir sur les rôles possibles de leurs disciplines. Les problématiques de l’histoire de l’art et de l’archéologie sont fréquemment mobilisées dans les débats publics, notamment celles ayant trait au patrimoine et aux images. Aussi le thème proposé est-il une invitation à réfléchir aux multiples modalités régissant les rapports entre société(s), pratiques et discours des acteurs et actrices de l’archéologie et de l’histoire de l’art, en tant que disciplines scientifiques. Celles-ci s’intéressent à et interagissent avec une société qui n’est pas unitaire, mais connaît une grande diversité géographique, culturelle, politique.

En lien avec une réflexion historiographique sur les évolutions de l’histoire de l’art, de ses acteurs et de ses outils, se posent les questions fondamentales de sa diffusion et de son enseignement, de son économie et de ses rapports au marché de l’art, mais aussi la question des actions et de l’investissement des historiennes et historiens de l’art dans la société. Ces réflexions pourront ainsi s’articuler autour de quatre axes principaux.

En parallèle aux sessions principales du congrès, portant sur ce thème, auront lieu des ateliers et tables-rondes, ainsi qu’un Forum des associations dans la rotonde de la galerie Colbert.

Les propositions de communication et d’ateliers, ainsi que les demandes d’inscription au forum des associations, seront à déposer sur candidatures.inha.fr jusqu’au 31 janvier 2021 (détails ci-dessous).

Les frais de transport et d’hébergement des participants à cet événement pourront être pris en charge par l’INHA. Des aides financières pour assister au congrès sans y communiquer sont aussi envisageables. Pour toute question n’hésitez pas à nous contacter à rotondes @ inha.fr .

Axe 1 : Historiographie, évolutions et écritures de l’histoire de l’art et archéologie

Si l’écriture de l’histoire de l’art et de l’archéologie ne cesse de modifier les disciplines elles-mêmes, il peut être particulièrement délicat pour les jeunes chercheurs et chercheuses de préciser leur positionnement scientifique dans leurs champs respectifs. L’historiographie permet alors un retour critique sur les moments de constitution des champs de l’histoire de l’art et de l’archéologie, sur leurs objets d’étude ainsi que leurs méthodes, mais aussi sur leurs institutionnalisations par les pouvoirs publics. Le rôle de l’histoire de l’art dans la constitution d’une identité nationale notamment via la notion de patrimoine, mais aussi dans la constitution « d’autres » fait l’objet de controverses, notamment à l’heure où le paradigme d’une histoire mondialisée gagne en légitimité.

Les autres sciences humaines, et les nouveaux courants d’études (culturelles, féministes, post-coloniales, queer, écocritiques, etc.) constituent autant de leviers pour penser autrement sa discipline, faire évoluer nos objets ainsi que nos pratiques de recherche, et renouveler des discours qui risquent sinon de se figer en vulgate. Outre l’espace universitaire, les mouvements sociaux (Black Lives Matter) ou les collectifs militants (Guerrilla Girls, Decolonize This Place, Décoloniser les Arts...), qui peuvent apparaître comme de nouveaux acteurs de l’histoire de l’art, contribuent à remettre en question certaines pratiques et présupposés.

Ces évolutions nous invitent à questionner notre place et notre subjectivité en tant que jeunes chercheurs et chercheuses à l’intérieur de disciplines « jeunes », historiquement, géographiquement et socialement situées. Le premier axe de ce colloque propose de poser un regard critique sur les histoires de l’art et de l’archéologie pour être davantage à même de comprendre les enjeux théoriques inhérents à chaque champ, ainsi qu’à ce qui nous lie à nos objets d’étude.

Axe 2 : Diffusion de la recherche en histoire de l’art et archéologie

À l’ère du numérique où la diffusion de la recherche en histoire de l’art et archéologie s’impose à l’attention de tout jeune chercheur et toute jeune chercheuse, cet axe invite à s’interroger sur les acteurs (public, chercheurs et médiateurs) et les moyens proposés et employés pour la diffusion, la vulgarisation de la recherche en histoire de l’art et archéologie mais aussi l’enseignement de ces disciplines. Celles-ci, longtemps réservées à un milieu restreint de connaisseurs, ont au cours des dernières années bénéficié d’une plus grande visibilité grâce aux politiques publiques mais surtout grâce à l’utilisation de nouveaux moyens de communication tels que les réseaux sociaux ou l’utilisation de nouvelles technologies (3D, réalité virtuelle). Plusieurs pistes de discussion pourront être abordées :

On pourra ainsi s’interroger sur le rôle des politiques publiques dans la transmission à un public plus élargi de connaissances issues de nos disciplines. La manière dont l’histoire de l’art et l’archéologie sont perçues par le grand public à travers les médias est un autre sujet de réflexion possible : ceux-ci ont contribué à façonner une perception de l’histoire de l’art et de l’archéologie fondée sur le chef-d'œuvre et l’anecdote. Cette approche est-elle toujours d’actualité ou est-il préférable d’opter pour une réflexion plus globale ?

La question de l’enseignement de l’histoire de l’art et de l’archéologie dès l’école primaire, est toujours d’actualité. Dans des sociétés où les images tiennent une place de plus en plus importante, il devient nécessaire de savoir les lire, les analyser et les contextualiser. Comment l’école peut-elle se faire le lieu de cet apprentissage ?

La place du chercheur, de la chercheuse dans la transmission des recherches est également à examiner. Peuvent-ils être acteurs dans cette diffusion ou doivent-ils passer par l’intermédiaire de collaborations, avec des institutions par exemple ou des professionnels de la vulgarisation ? Si oui, comment peut s’articuler ce type de collaborations ?

Se pose aussi la question de l’utilisation des moyens de communications, réseaux sociaux, vidéos et podcast, Open Science dans la diffusion de recherches personnelles. À qui s’adressent ces différents médias ? Quelles sont les solutions, moyens, formats envisagés pour toucher le plus grand nombre sans perdre en contenu scientifique ? De la même manière, les réflexions sur l’appropriation par les chercheurs et les chercheuses des moyens utilisés par les institutions sont les bienvenues.

Axe 3 : Économie de l’histoire de l’art et archéologie

La recherche en histoire de l’art et archéologie n’est pas isolée des rapports économiques qui existent au sein du monde de l’art. La pratique du chercheur ou de la chercheuse peut l’amener à interagir avec des acteurs publics ou privés, individus ou institutions. Ces porosités soulèvent des questions éthiques qui appellent un positionnement quant à la nature de la mission des chercheurs et chercheuses en histoire de l’art et archéologie. De la même façon, le chercheur ou la chercheuse doit prendre en compte le rôle du marché de l’art sur les objets de sa discipline. Il ne s’agit pas d’aborder la manière dont l’art et l’économie dialoguent, mais la façon dont il ou elle se situe dans un champ disciplinaire dont les enjeux financiers ne peuvent être ignorés, et peuvent informer ses pratiques. Ainsi, les communications pourront porter, sans s’y limiter, sur les questions suivantes :

De quelle manière le chercheur ou la chercheuse prend-il en charge la construction, la promotion et la perpétuation par le marché de catégories (géographiques, ethniques, nationales…) et labels aujourd’hui débattus, s’inscrivant dans des logiques marchandes ? Comment la recherche interroge-t-elle le rôle du marché et des stratégies de ses acteurs (artistes, collectionneurs, galeristes, marchands, mécènes, musées…) dans l’histoire de la discipline, de ses discours et de ses objets ?

La question du financement des thèses par des institutions publiques ou privées traduit-elle un « intérêt » pour la production de contenus scientifiques ? Quelles en sont les conséquences pour l’histoire de l’art ?

Par ailleurs, on pourra questionner les rapports du chercheur ou de la chercheuse, généralement perçu comme expert chargé d’une mission de service public, à un marché où dominent les intérêts privés. Comment participe-t-il à la création de valeurs financières ? Comment travaille-t-il alors que l’accès aux sources, œuvres et archives est parfois déterminé par des acteurs privés, affectant la liberté de son discours et sa diffusion ?

Le trafic de biens culturels, le poids financier du marché de l’art, les compromis des institutions culturelles pour l’obtention de financements (publi-expositions, vente d’éditions originales, locations d'œuvres et d’espaces, opérations de mécénat et de diplomatie culturelle…), ces pratiques témoignent des liens étroits voire de l’interdépendance des champs culturel et économique. Le positionnement du chercheur face à ces phénomènes détermine nécessairement son discours : dans quelle mesure celui-ci peut-il alors devenir critique, voire militant ?

Axe 4 : Actions concrètes et investissement des historiennes et historiens de l’art et archéologues dans l’espace public et politique

De nombreux travaux portant sur les rapports entre art et politique ont fait apparaître l’engagement des artistes. La dimension politique de la figure de l’archéologue, de l’historien et de l’historienne de l’art est elle aussi un objet de recherche privilégié. Ces derniers peuvent être amenés à prendre position sur des questions politiques cruciales (destruction de sites archéologiques, lutte contre le trafic de biens culturels, politique de restitution d’œuvres issues des collections nationales à d’anciens États colonisés ou à des familles spoliées), et ont un rôle à jouer dans des évolutions sociétales majeures — notamment dans l’accompagnement de mouvements d’émancipation à travers la valorisation et l’exposition de la production artistique d’une minorité politique, d’un groupe social ou d’un mouvement militant.

Il s’agit donc ici d’étudier l’implication concrète de celles et ceux qui ont fait et font de l’histoire de l’art et de l’archéologie leur profession dans des actions politiques — ne se limitant pas à l’engagement politique « de métier ».

Des mobilisations contestataires jusqu’aux actions ayant vocation à servir les pouvoirs en place, quelles sont les modalités d’engagement des archéologues, historiennes et historiens de l’art ?

Comment envisager les interactions entre activité politique et pratique scientifique chez les savantes et savants politiquement engagés ?

Quels sont les espaces et les moyens de mobilisation des acteurs de l’archéologie et de l’histoire de l’art (et notamment, quel peut être le rôle des institutions publiques, liées au pouvoir politique en place) ?

Quelle peut être la place, dans le domaine de l’histoire de l’art et de l’archéologie, des acteurs politisés ne se définissant pas comme historiens ou archéologues professionnels (activistes, critiques, curators, et plus largement citoyennes et citoyens) ?

Les propositions de communication, d’une longueur maximale de 350 mots, accompagnées d’un CV, seront à déposer sur candidatures.inha.fr avant le 31 janvier 2021.

Forum des associations

Les jeunes chercheurs et chercheuses de l’INHA organisent dans le cadre du premier Congrès Rotondes, la première édition de son Forum des associations de jeunes chercheurs. Celui-ci aura lieu dans la Galerie Colbert, les journées des 29 et 30 avril 2021. Cet événement est l’occasion pour les associations liées à l’histoire de l’art et à l’archéologie de se faire connaître par un public de jeunes chercheurs, et ainsi de recruter de nouveaux adhérents voire bénévoles.

Des stands seront mis à disposition dans l’espace de la Galerie Colbert de manière à favoriser les échanges entre professionnels du monde associatif et chercheurs. Ainsi, toute structure associative d’intérêt culturel, patrimonial, et archéologique, souhaitant participer au forum, peut s’inscrire jusqu’au 31 janvier 2021. Les associations intéressées par le projet mais ne pouvant pas être présentes, pourront nous envoyer dès à présent, et ce jusqu’au 31 mars 2021, un poster communiquant toutes les informations liées à leur association. Tous ces posters seront imprimés par nos soins et exposés dans la Galerie Colbert pendant toute la durée du Congrès.

Les inscriptions pour la tenue d’un stand lors du forum des associations de jeunes chercheurs se feront sur candidatures.inha.fr avant le 31 janvier 2021.

Ateliers et tables-rondes

En complément à ces communications et au Forum, le Congrès ambitionne également de créer un espace de dialogue entre jeunes chercheurs et chercheuses dans un cadre plus informel, par le biais d’ateliers. Pour cela, nous souhaitons accueillir des propositions de sessions, sous la forme soit d’ateliers pratiques, soit de discussions ouvertes autour de questions de méthodologie et d’épistémologie, qui pourront prendre la forme de table-rondes. Les créneaux horaires proposés sont d’une durée allant d’1h30 à 3h. Il s’agit d’évoquer les questionnements soulevés par la recherche en train de se faire, susceptibles d’être rencontrés par tous et toutes indépendamment des champs de spécialité. Ainsi, les sessions peuvent aborder la constitution et la gestion du corpus, les problèmes d’accès aux sources ou aux œuvres, des questions de terminologie et, de manière plus générale, les difficultés susceptibles d’être rencontrées lors du travail de thèse et la manière dont elles peuvent être surmontées, ou bien proposer des lectures critiques de textes.

Par cette carte blanche, nous souhaitons ouvrir le plus possible les discussions aux étudiantes et étudiants en histoire de l’art et archéologie de toute la France, toutes les candidatures sont par conséquent vivement encouragées.

Les propositions d’ateliers, d’une longueur maximale de deux pages, accompagnées d’un CV, seront à déposer sur candidatures.inha.fr avant le 31 janvier 2021.