Perspective - Habiter n°2021 – 2Propositions à envoyer avant le 10 janvier 2021 / before January 10, 2021

Patrick Neu, Sculpture de la salle du Chapitre, linden wood, wax, propolis and glass, 2018. © Patrick Neu, courtesy of the artist | Conseil départemental du Val d’Oise – photo Catherine Brossais

Français

Pour son prochain numéro, la revue Perspective souhaite poser la question de ce que c’est qu’habiter: habiter un espace, un territoire, sa maison ou son corps, qu’il s’agisse de confins extrêmes ou des frontières de l’intime ; habiter sa vie, sa (ses) société(s), son temps, pour ce qu’habiter, c’est aussi être au monde, être présent à autrui, se confronter à un étant donné. À l’heure où, partout sur la planète, des populations entières sont assignées à domicile, la revue invite à revenir sur les imaginaires plastiques de l’habiter: «occuper habituellement un lieu», comme le suggère le dictionnaire, où se glisse l’idée de l’habitude, des cadres, de la répétition et de la régularité, mais encore «occuper quelqu’un», l’habiter, l’animer, l’émouvoir.

Habiter n’est, en effet, pas uniquement une question spatiale. L’âme d’un lieu en rend compte, qui ouvre la question poétique de l’être habité: hanter, être hanté, posséder un lieu ou un être, être possédé par lui, comme l’on possède des idées, des valeurs et des croyances qui, à leur tour, nous habitent. Le temps et l’invisible, ici, s’immiscent dans les matérialités: habiter parle de ce que l’on construit – maçonneries, toits, maisons, frontières – mais aussi de ce dont on hérite, des présences immatérielles, des représentations intimes et des espaces mentaux – de ce qui nous tient, nous retient et nous relie. Habiter articule in fine l’individuel et le collectif, les partages et les frontières, les mouvements et les clôtures, les lieux et les non-lieux, et pose la question des communs, du monde que nous avons, précisément, en partage : de l’écologie, donc, au sens propre du terme, qui renvoie, en tant que science de l’habitat (oikos, la «maison»), à la manière dont s’entrelacent les formes multiples de nos existences et de nos voisinages.

Ainsi la revue Perspective souhaite-t-elle consacrer son prochain numéro aux manières dont les artistes, les historiens de l’art, ainsi que leurs collègues des disciplines voisines, s’emparent de ces questions et témoignent des multiples manières d’habiter et d’être habité. Ce thème appelle une diversité d’approches, thématiques autant que disciplinaires. Elles seront les bienvenues, pourvu que les propositions répondent aux lignes éditoriales de la revue. Les regards portés vers l’histoire de l’architecture, de l’urbanisme, du paysagisme et des arts visuels ne sauraient exclure des explorations liées à la muséologie, à l’ethnologie, à l’anthropologie, aux visual studies et aux humanités numériques, ainsi que vers les champs des arts décoratifs et du design, de la mode, des arts de la scène ou du cinéma

Contribuer

Prière de faire parvenir vos propositions (un résumé de 2000 à 3000 signes, avec un titre provisoire, une courte bibliographie sur le sujet, et une biographie de quelques lignes) à l’adresse de la rédaction (revueperspective@inha.fr) avant le 10 janvier 2021. Perspective prenant en charge les traductions, les projets seront examinés par le comité de rédaction du numéro quelle que soit la langue. Les auteurs des propositions retenues seront informés de la décision du comité au mois de février 2021, tandis que les articles seront à remettre pour le 15 juin 2021. Les articles soumis, d’une longueur finale de 25000 ou 45000 signes selon le projet envisagé, seront définitivement acceptés à l’issue d’un processus anonyme d’évaluation par les pairs

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English

For its coming issue, the journal Perspective asks the question of what it means to inhabit : to inhabit a space, a territory, one’s home or one’s body, whether we are dealing with far away frontiers, or the outlines of intimacy; to inhabit one’s life, one’s society/ies, one’s epoch, in what inhabiting means in terms of being present in one’s world, for and with one another, to face circumstances as they stand. In a time when, across the globe, entire populations are confined to their homes, Perspective issues an invitation to revisit the visual and imaginary plasticity of inhabiting: “to occupy a place of settled residence or habitat,” so states the dictionary, suggesting habit, repetition, regularity; but also occupying persons, inhabiting them, animating them, moving them.

Inhabiting is not only a question of space. When we speak of “the spirit of a place”, it opens the poetic question of being inhabited: to haunt, to be haunted, to possess a place or a being, to be possessed, as one may possess an idea, values or beliefs which, in turn, inhabit us. Thus, both time and intangibility find their way into the material world: inhabiting refers to what is built (masonry, roofs, buildings, frontiers), but it also refers to what we inherit, immaterial presences, intimate representations and mental spaces – finally, it refers to what holds us up, holds us back, or holds us together. In fine, inhabiting articulates the individual and the collective, what is shared and what is separated, what is movement and what is closure, places and non-places, and brings forth the question of the Commons: in our world, what do we share? This inevitably brings us to the question of ecology, in its original meaning; the science of the habitat (oikos, the “home”), to how our multiple forms of existence and coexistence interweave.

In this manner, Perspective endeavours to dedicate its coming issue to the ways in which artists, art historians, and their colleagues from various neighbouring disciplines, take on these interrogations and bring forth the multiple ways in which one can inhabit or be inhabited. This subject calls for a wide variety of approaches, both in terms of thematic and fields of study. All proposals will be studied as long as submissions remain in line with the journal’s editorial policy. Investigations into the fields of history of architecture, urbanism, landscaping, visual arts, but also museology, ethnology, anthropology, visual studies, and digital humanities, as well as decorative arts, design, fashion, performing arts and cinema shall all be welcome.

Call for papers

Bibliography on the subject, and a biography of a few lines) to the editorial office (revue-perspective@inha. fr) before January 10, 2021. As Perspective will manage translations, projects will be examined by the issue’s editorial board regardless of language. The authors of selected proposals will be informed of the committee’s decision in February 2021, and articles must be submitted by June 15, 2021. Submitted articles, with a final length of 25,000 or 45,000 characters depending on the project, will be definitively accepted after the anonymous peerreview process.