Appel à communications - Gustave Courbet, l'atelier sans fin - Colloque international, Ornans, 11-12 mars 2022Echéance 10 septembre 2021

English version below 

 

  

Eugène Feyen, Courbet devant son atelier à Ornans, tirage photographique, Ornans, musée départemental Gustave Courbet © Musée départemental Gustave Courbet, photo : Pierre Guenat

Informations pratiques

Colloque organisé par le Musée et Pôle Courbet, Ornans, en partenariat avec l’Institut national d’histoire de l’art, Paris

Candidatures : avant le 10 septembre 2021

Atelier Courbet

14 avenue Maréchal de Lattre de Tassigny

25290 Ornans

 

À l’occasion de la restauration et de l’ouverture prochaine au public du dernier atelier de Gustave Courbet (1819-1877) à Ornans, le Musée et Pôle Courbet organise un colloque international autour du peintre et de la notion d’atelier. Cet événement, organisé en partenariat avec l’Institut national d’histoire de l’art, aura lieu les 11 et 12 mars 2022 à Ornans, sur le site même, dans la salle attenante à cet atelier.

Acquis en 2007 par le département du Doubs, le dernier atelier de Courbet a conservé les espaces au sein desquels le peintre a produit quelques-unes de ses dernières œuvres majeures. Au plafond figurent encore deux peintures murales qui ont survécu aux affres du temps et à cent ans de quasi abandon. Occupant chacune un bandeau horizontal de près de 15 m², sur une surface incurvée, ces deux œuvres réalisées par Courbet représentent deux paysages, La Seine à Bougival et L’Escaut se jetant dans la mer. Par ce lieu installé au cœur de la vallée de la Loue, l’artiste souhaitait créer les conditions idéales de création dans un environnement façonné qu’il voulait « entourer d’une haie vive […] et d’échalas longs reliés de fil de fer » et où il désirait « planter des bouquets d’arbres, toutes essences pour [s]a peinture » (lettre à Juliette Courbet, 9 février 1859). Le site préfigure dans son ambition la maison-atelier de Giverny de Claude Monet.

L’objectif de ce colloque est double : il permettra d’une part de poser la question précise du rapport de Courbet à son ultime espace de travail, et d’interroger à nouveau, à la lumière de recherches récentes, la place cardinale qu’occupe la notion d’atelier dans sa trajectoire d’artiste. De l’autre, le cas de Courbet servira à étendre l’objet des échanges vers la question plus vaste de l’atelier d’artiste du XIXe au temps présent, insérant l’événement dans un champ de recherche particulièrement dynamique. L’atelier y sera abordé dans la diversité de sa topographie, de l’espace intime de création jusqu’à ses alentours. Site de la concentration et de la pratique, voire d’assemblage ou de bricolage, mais aussi espace de formation et de sociabilités, l’atelier pourra en outre être envisagé comme un emplacement stratégique – celui d’un ancrage local déterminant pour le cas de Courbet. Si son Atelier du peintre (musée d’Orsay) le représente dans son atelier parisien en train de peindre un paysage – au point qu’Eugène Delacroix parla d’un tableau faisant « amphibologie » –, l’atelier d’Ornans porte sur ses murs des paysages d’ailleurs, comme pour transgresser les lois du cloisonnement des territoires.

Cet événement se veut pluridisciplinaire envisage d’associer historiennes et historiens de l’art et de la littérature, conservateurs et conservatrices de musées, mais aussi des anthropologues, philosophes ou architectes afin de contribuer à une meilleure compréhension du complexe de l’atelier. Non limitées au seul XIXe siècle mais ouvrant volontairement sur le statut contemporain de cet espace, différentes pistes pourront être explorées durant ces journées, parmi lesquelles :

-          Courbet et la notion d’atelier ; la relation de Courbet à ses espaces de travail

-          L’atelier comme espace intérieur ; le rapport au paysage

-          L’atelier d’artiste comme habitat et espace de sociabilité (flux, visites, échanges, transmissions)

-          L’atelier d’artiste, ses alentours et ses contrepoints (le dedans/le dehors, l’intérieur/la nature, centre urbain/ruralité, le local/le global, l’itinérant/le permanent)

-          L’atelier d’artiste et ses représentations artistiques, musicales, littéraires, cinématographiques (fétiches, mythologies, images, narrations)

-          La patrimonialisation de l’atelier d’artiste (processus, pratiques, muséalisations) ; l'enjeu des musées-ateliers et leur réception ; lieux vivants/mémoriaux

-          Reconstituer/restaurer/faire, renaître/ouvrir/fermer, les enjeux de la rénovation architecturale et muséographique de l’atelier d’artiste

 Candidatures

Les propositions de communication (2000 signes) accompagnées d’une brève biographie sont à adresser jusqu’au 10 septembre 2021 à Aurélia Channaux (aurelia.channaux @ doubs.fr).

Comité scientifique de l’événement :

Noël Barbe (CNRS)

Victor Claass (INHA)

Dominique de Font-Réaulx (musée du Louvre)

Benjamin Foudral (Musée et Pôle Courbet)

France Nerlich (INHA)

Isolde Pludermacher (musée d’Orsay)

Thomas Schlesser (Fondation Hartung Bergmann)

Bertrand Tillier (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Pierre Wat (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Call for papers

Gustave Courbet, l’atelier sans fin

International conference, Ornans, 11-12 March 2022

    

Eugène Feyen, Courbet outside his atelier in Ornans, photographic print, Ornans, musée départemental Gustave Courbet © Musée départemental Gustave Courbet, photo: Pierre Guenat

Useful Information

Conference organised by the Musée et Pôle Courbet, Ornans, in partnership with the Institut national d’histoire de l’art, Paris

Submission deadline: 10 September 2021

Atelier Courbet

14 avenue Maréchal de Lattre de Tassigny

25290 Ornans

 

On the occasion of the restoration and imminent public opening of Gustave Courbet’s (1819-1877) final studio at Ornans, the Musée et Pôle Courbet is organising an international conference on the subject of Courbet and the notion of the atelier. This event, organised in partnership with the Institut national d’histoire de l’art, will take place on the 11th and 12th of March 2022 on-site in Ornans, in the space adjoining the painter’s studio.

Acquired in 2007 by the Doubs department, the spaces in which Courbet produced some of his last major works have been conserved here in the artist’s studio. On the ceiling two murals have survived the ravages of time and a century of near-abandonment. Each occupying a curved horizontal strip of nearly 15 m², these works depict two landscapes, La Seine à Bougival and L’Escaut se jetant dans la mer. In his studio in the heart of the Loue valley, the artist envisaged constructing the ideal conditions for creation, a fabricated environment which he would “surround with living hedgerows and long stakes linked with wire” and in which he would “plant groves of trees, all essences for [his] painting.” (Letter to Juliette Courbet, 9 February 1859) In its ambitions, the site prefigures the ‘maison-atelier’ of Claude Monet at Giverny.

The aim of this conference is twofold: on one hand it will make it possible to question the precise nature of Courbet’s relationship to his ultimate workspace, and to reconsider, in the light of recent research, the cardinal place the notion of the studio holds in our understanding of the trajectory of the artist. On the other, taking Courbet as an example we can further investigate the wider question of the artist’s studio from the 19th century to the present day, positioning the event in a particularly dynamic field of research. The studio will be considered in all its topographical diversities, from its intimate places of creation to its surrounding landscapes. A site of concentration and craft, even construction or DIY, but also a space of learning and socialising, the studio might be considered a strategic choice of location – anchoring Courbet’s case firmly in the local. If his Atelier du peintre (musée d’Orsay) represents the artist in his Parisian studio painting a landscape – a work in response to which Eugène Delacroix spoke of a painting constituting an ‘amphibology’ – the Ornans studio carries on its own walls images of landscapes elsewhere, as if to transcend the idea of dividing lands.

This multidisciplinary event aims to involve not only historians of art and literature and museum curators, but also anthropologists, philosophers and architects, in order to contribute to a better understanding of the notion of the artist’s studio. It is not limited solely to the 19th century, and as such is open to contributions discussing the contemporary status of this space. Various avenues may be explored over the two days, including:

-          Courbet and the concept of the studio; Courbet’s relationship with his work spaces

-          The studio as interior space; its relation to the landscape

-          The artist’s studio as living environment and social space (flux, visits, exchanges, transmissions)

-          The artist’s studio, its surroundings and contrasts (inside vs. outside, interior vs. nature, urban centre vs. rural setting, local vs. global, transitory vs. permanent)

-          The artist’s studio and its representation in art, music, literature, cinema (fetishisation, mythologies, images, narrations)

-          The artist’s studio as place of cultural heritage (processes, practices, museumification;) the challenges of studio museums and their reception; living places becoming memorials

-          Reconstitute/restore/construct, remake/open/close, the stakes of architectural and museographic renovation in the artist’s studio

 Application

Propositions (2000 characters) accompanied by a brief biography can be sent to Aurélia Channaux (aurelia.channaux @ doubs.fr) before 10 September 2021.

Organising committee:

 

Noël Barbe (CNRS)

Victor Claass (INHA)

Dominique de Font-Réaulx (musée du Louvre)

Benjamin Foudral (Musée et Pôle Courbet)

France Nerlich (INHA)

Isolde Pludermacher (musée d’Orsay)

Thomas Schlesser (Fondation Hartung Bergmann)

Bertrand Tillier (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Pierre Wat (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)