Colloque « Collections et collectionneurs d’antiquités en Europe à la Belle Epoque (1870-1914) »Propositions à envoyer avant le 31 mars 2019

Wilhelm Froehner, La Collection Tyszkiewicz : Choix de monuments antiques, Paris, 1892, pl.VI

Appel à communication pour le colloque Collections et collectionneurs d’antiquités en Europe à la Belle Epoque (1870-1914) organisé à Paris, par l'INHA et le musée du Louvre, les 28-29 novembre 2019.

Les années 1870-1914 sont la Belle Époque du collectionnisme d’antiques, sorti du cercle restreint des amateurs érudits et fortunés pour se répandre plus largement dans la société européenne, qui acquiert des statuettes bon marché aux marbres les plus prestigieux. Lieux centraux où se font et défont les collections, les salles de vente, notamment parisiennes, sont au cœur des stratégies des différents acteurs du marché. A partir de l’étude de figures de collectionneurs que les recherches récentes permettent de mieux cerner, mais aussi d’approches plus synthétiques ou thématiques, ce colloque vise à offrir un panorama des collections d’antiques en cette longue fin de siècle qui précède la première guerre mondiale. On s’intéressera aux collectionneurs eux-mêmes, des plus fortunés aux plus humbles, aux œuvres concernées, entre art et érudition, à l’ampleur des collections, et aux stratégies mises en place pour constituer ces ensembles. A partir de l’étude de cas particuliers, on visera une synthèse sur cette période charnière dans l’histoire des collections d’antiques, à l’origine de bien des fonds des musées d’aujourd’hui.

Les conditions du marché de l’art des antiquités ont fortement évolué depuis la première moitié du siècle ; le Second Empire a vu une très forte expansion du marché de l’art. La multiplication des musées en Europe et désormais aux États-Unis (en fort développement depuis la fin de la guerre de sécession en 1865) en font des acteurs de premier plan, qui recueillent par don ou achat des collections privées mais achètent aussi directement en ventes. Le phénomène de démocratisation de la collection enfin, devenue la norme dans la bourgeoisie, touche pleinement les objets antiques : la mode des « Tanagras », qui envahit l’Europe après la découverte des nécropoles de la cité béotienne en 1870, en sont le meilleur exemple.

Alors que certains artistes et collectionneurs initient durant cette période une véritable rupture vis-à-vis de l’art classique, ces décennies sont marquées par la persistance d’un puissant goût pour l’Antiquité, aux sources toutefois toujours plus variées : si les périodes dites « classiques » des arts grec et romain continuent de dominer les acquisitions sur le marché de l’art, les périodes hautes et tardives attirent davantage l’attention des savants et des collectionneurs, de même que les autres cultures du pourtour méditerranéen et du Moyen-Orient. Cette période est aussi l’âge d’or de l’archéologie de terrain, dans un cadre législatif qui empêche largement l’exportation des œuvres ; si les lois sont souvent contournées, la production de faux parfois très élaborés permet aussi d’alimenter l’appétit des collectionneurs.

Les communications pourront concerner des études de cas comme des approches synthétiques ; on privilégiera les collections et les collectionneurs ayant plus rarement été traités dans l’historiographie.

Comment postuler ?

Les propositions, qui compteront environ 500 mots, pourront être envoyées jusqu’au 31 mars 2019 à morgan.belzic @ inha.fr.

Organisation du colloque

  • Dietrich Boschung (Universität zu Kohln)
  • Cécile Colonna (Institut national d’histoire de l’art)
  • Néguine Mathieux (Musee du Louvre)
  • François Queyrel (Ecole Pratique des Hautes Etudes)

Avec la collaboration de Morgan Belzic (EPHE / INHA).

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Call for papers

Antiquities Collections and Collectors in Belle Époque Europe (1870–1914) INHA and Musée du Louvre, Paris, 28–29 November 2019

The years 1870–1914 were the Belle Époque for antiquities collecting, which moved beyond a select circle of wealthy and erudite connoisseurs into European society more broadly, with the acquisition of objects ranging from inexpensive statuettes to the most renowned marble works. Key places for the creation and disintegration of collections, auction houses, particularly in Paris, were central to the strategies of various market players. Drawing from the study of figures of collectors, upon which recent research sheds new light, as well as more general and thematic approaches, this symposium seeks to provide a panorama of antiquities collections during the extended fin de siècle leading up to World War I. The focus will encompass the collectors themselves, from the wealthiest to the most modest; the concerned works, straddling art and erudition; the scope of the collections; and the strategies used in their establishment. Drawing from particular case studies, we will strive to provide an overview of this pivotal period in the history of antiquities collections, at the root of many of today’s museum collections.

The conditions of the antiquities art market witnessed major change after the first half of the nineteenth century, and the art market grew sharply under the Second French Empire. The proliferation of museums in Europe as well as the United States (with strong development starting at the end of the Civil War in 1865) made them prominent actors, receiving private collections through donation or purchase, and buying them directly at sales. Lastly, the phenomenon of the democratisation of collecting, which became a norm in bourgeois milieus, directly impacted antiquities: the ‘Tanagra’ trend, which spread throughout Europe following the discovery of the Boeotian city’s necropolises in 1870, illustrates this best.

While during this period, some artists and collectors initiated a genuine break with classical art, these decades were characterised by a persistently powerful taste for antiquity, drawing from increasingly varied sources: while what is referred to as the ‘classical’ period of Greek and Roman arts continued to dominate acquisitions on the art market, the early and late periods attracted greater attention from experts and collectors, as did other cultures from around the Mediterranean rim and Middle East. This period was also the golden age of field archaeology, in a legal context that mostly prevented the exportation of works; while laws were oftentimes skirted, the production of fakes, sometimes highly sophisticated, also allowed collectors’ appetites to be satisfied.

Papers may focus on case studies or general approaches; priority will be given to collections and collectors that have attracted less historiographical attention.

How to apply ?

Abstracts of some 500 words should be submitted by 31 March 2019 to  morgan.belzic @ inha.fr.

Symposium organised by

  • Dietrich Boschung (Universität zu Köln)
  • Cécile Colonna (Institut National d’Histoire de l’Art)
  • Néguine Mathieux (Musée du Louvre)
  • François Queyrel (École Pratique des Hautes Études)

With the collaboration of Morgan Belzic (EPHE / INHA).