Appel à contributions - Voir la sculptureSCULPTURES - Études sur la sculpture (XIXe-XXIe siècle), n°5 (2018)

« On éprouve un bien vif plaisir quand on voit un grand ouvrage de sculpture, largement et simplement exécuté. Quand on a bien joui de l’ensemble, on cherche, en se rapprochant, à voir des détails […] c’est pour ainsi dire un voile qu’on lève. Les variations du jour mettent en évidence les détails qui, quelques heures avant, étaient invisibles », écrit David d’Angers. Cette révélation progressive de la sculpture à son regardeur, cette introduction du temps dans l’expérience de la perception de la sculpture sont des enjeux fondamentaux de la modernité qui ont été mis en valeur par nombre d’historiens et de théoriciens de l’art au cours du dernier siècle (Hildebrand, Simmel, Giedion-Welcker, Wittkower, Jauss, Kraus, Potts, parmi d’autres).


Mais la sculpture est-elle faite pour être regardée ? Certainement, mais pas exclusivement. Diderot, l’opposant, dans la tradition du paragone, à la peinture « qui ne s’adresse qu’aux yeux » considérait qu’elle était autant destinée à ceux qui voient qu’aux aveugles. « La sculpture suppose un enthousiasme plus opiniâtre et plus profond, plus de verve forte et tranquille en apparence, plus de ce feu couvert et caché qui bout au-dedans ; c’est une muse violente, mais silencieuse et secrète. » Cette violence a quelque chose à voir avec le désir – de toucher, de caresser, de prendre dans ses bras. La diversité des matériaux de la sculpture n’offre pas forcément d’accents polychromes, mais des variations d’ombre et de lumière qui soulignent les creux et les pleins, les arêtes et les rondeurs, et des textures, du mat au brillant, du lisse au granuleux, qui se perçoivent et s’apprécient par une appréhension haptique.


Où voit-on de la sculpture ? Que voit-on ? Comment voit-on ? Ce numéro de la revue Sculptures souhaite mettre en valeur des questions de perception, de point de vue, de dispositifs de présentation qui concernent l’historien de la sculpture, le commissaire d’exposition, mais place au centre le regardeur, dans toutes les postures et les horizons d’attente qui peuvent être les siens.


Cet appel à communications s’adresse aux historiens de l’art, anthropologues, sociologues, philosophes, et amateurs qui présenteront des questions historiographiques, des études de cas ou des problématiques particulières.

Candidatures

Les propositions d’une page (synopsis) et articles doivent être adressés avant le 30 octobre 2017. Après validation du comité scientifique, les articles seront définitivement rendus pour le mois de février 2018.
Contact : clairemaingon @ hotmail.com