De la Reconstruction au renouveau esthétique : Rêves et réalités des Ateliers d’art sacré (1919-1947)

Le renouveau historiographique suscité par le centenaire de la Première Guerre mondiale a remis en lumière l’ampleur des destructions patrimoniales et l’enjeu de la Reconstruction. Si Reims, la cathédrale martyre, doit être relevée à l’identique, ne faut-il pas, pour les édifices plus modestes, profiter de l’occasion pour adapter l’ensemble du décor, les vitraux et le mobilier liturgique aux évolutions esthétiques et offrir ainsi de nouveaux chantiers aux artistes ?

Ce fut, en 1919, le rêve des Ateliers d’art sacré, former des artistes chrétiens et combattre les fadeurs des productions industrielles par des œuvres authentiques. D’autres groupements d’artistes ont partagé cette quête d’un idéal de l’art chrétien mais la dimension pratique et pédagogique comme la notoriété des fondateurs, George Desvallières et Maurice Denis, vont distinguer l’entreprise des Ateliers d’art sacré qui fut l’une des plus concrètes et des plus fécondes quel que soit le jugement contrasté que l’on peut porter sur les réalisations. Alors que la période la plus riche de ces activités se trouve principalement cantonnée à l’Entre-deux-guerres, la place des Ateliers d’art sacré dans la postérité a suscité moins de travaux de recherche et s’est vite trouvée minorée par le renouveau qui marque les lendemains de la Seconde Guerre mondiale. Cependant la création du label « Patrimoine du XXe siècle », l’inscription ou le classement à l’Inventaire d’églises des années vingt et trente, comme l’attention portée aux Chantiers du Cardinal, auxquels les membres des Ateliers ont souvent participé, ont contribué à éclairer un pan négligé du patrimoine contemporain. Un siècle après leur création, les conditions sont réunies pour cerner les contours de l’ambition des Ateliers, sa portée comme ses limites, mesurer l’importance effective des commandes et leur dimension internationale afin de préciser tant le rêve des origines que la réalité des productions et l’état actuel de leur conservation.

Voir le programme complet 

29-30 novembre 2019

Galerie Colbert, Auditorium / Salle Vasari
Institut national d’histoire de l’art
2, rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs
75002 Paris