Penser une histoire des arts d’Afrique (xive-xixe siècle)L’ « Afrique secrète » dans les archives de la monarchie espagnole aux xvie et xviie siècles

Plan en perspective de la ville d’Argel (dessin réalisé par des captifs), vers 1563, Ministère de la Cuture et des Sports, Archives générales de Simancas, n° inv. MPD, 07, 131 (détail).

La nécessité pour la monarchie espagnole de connaître et de contrôler les frontières de tous ses royaumes a généré une très vaste documentation, rarement rendue publique, qui illustre un art du renseignement, la « science secrète », et dont les traces sont aujourd’hui dispersées dans les fonds d’archives européens. En se fondant sur l’étude de quelques séries issues de l’exceptionnel fonds d’archives de Simancas à Valladolid, cette conférence réexaminera la perception qu’avaient les ingénieurs des infidèles et des ennemis du royaume dans l’espace méditerranéen de Philippe II. L’étude de l’atlas d’Oran et de Mazalquivir [Mers-el-Kébir] réalisé par l’ingénieur Leonardo Turriano (1560-1628) ainsi que les plans et vues d’Algérie de Pietro Paolo Floriani (1585-1638) serviront ici de fil directeur pour analyser la mise en place d’une image de l’Afrique du Nord à la période moderne.

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Intervenante
Alicia Cámara (professeur d’histoire de l’art, université UNED, Madrid / directrice d’études invitée à l’EPHE)

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A propos du cycle de conférences « Penser une histoire des arts d'Afrique (xive-xixe siècle) »

Les conférences de ce cycle proposent des présentations de référence à toute personne intéressée, faisant un état des lieux des connaissances et des nouvelles recherches en cours sur les objets produits en Afrique entre le XIVe et le XIXe siècle. En prolongement du programme de recherche « Vestiges, indices, paradigmes : lieux et temps des objets d’Afrique (XIVe-XIXe siècle) » mené à l’Institut national d’histoire de l’art, elles présentent les modalités de l’écriture de l’histoire des arts d’Afrique depuis la fin du XIXe siècle en mettant en exergue les méthodes d’analyse des objets, la documentation mise en regard et les paradigmes qui ont dominé les réflexions. À partir de cas concrets, les intervenants – historiens, historiens de l’art, archéologues, anthropologues ou chercheurs combinant ces approches – explorent de nouvelles pistes, tant méthodologiques que théoriques, pour tenter de refonder une réelle histoire des arts d’Afrique, jusqu’ici négligée.

Voir le programme du cycle de conférences

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Informations pratiques

6 mai 2020 - 18H-19H30
Galerie Colbert, salle Giorgio Vasari
Institut national d’histoire de l’art
2, rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs
75002 Paris

Entrée libre