L’Angleterre et la Hollande, explorateurs de l’indigo des IndesSéminaire « Teintures naturelles ou colorants de synthèse ? Indigo »

Outremer Guimet, boîte de 50 gr., début du XXe siècle ; coll. part. Clichés : François Delamare

Buisson à branches dressées donnant de petites fleurs rose violacé, l’Indigofera tinctoria est un végétal originaire de l’Inde, indigène dans toute l’Asie tropicale, proliférant spontanément au bord des rivières, des routes et dans les taillis. Cultivé depuis très longtemps, il a été introduit en Italie dès le Moyen Âge pour la peinture d’une part, d’autre part pour la teinture de la soie. 

Ce sont toutefois les compagnies anglaise et néerlandaise des Indes orientales qui sont à l’origine de son expansion dans l’Europe textile des xviie et xviiie siècles, permettant une production considérable de drap de laine bleu ou noir. Au xixe siècle, les colons anglais développent amplement la plantation et la fabrication d’indigo en Inde, dominant le marché mondial jusqu’à l’avènement de l’indigo de synthèse.

Intervenante : 

  • Dr. Jenny Balfour-Paul (université d’Exeter)

À propos du séminaire

Alors que l’invention des colorants de synthèse au cours de la seconde moitié du XIXe siècle est la plus célèbre découverte scientifique européenne de l’époque, la transition quant à l’usage dans le textile des teintures naturelles et/ou des colorants de synthèse reste largement méconnue. L’Institut national d’histoire de l’art a ouvert en 2017 un nouveau programme de recherche consacré aux colorants utilisés de 1850 à 1914, à leurs inventeurs, chimistes et teinturiers, et à leurs utilisateurs, manufactures et maisons de couture, avec pour objectif essentiel de lier les données de l’histoire des sciences à des faits textiles, attestés par des pièces conservées dans les collections publiques françaises. Prenant la suite du mouvement d’étude de la mode et du vêtement né dans les années 1980 en Europe et aux États-Unis, le programme en constitue un jalon à même d’en susciter une relecture. Plus largement, il invite à une réévaluation de la réception de la couleur au cours de la seconde moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle, sur la base des données matérielles. À partir de la présentation de précieux manuels de teinture, de livres d’échantillons historiques ou de textiles teints, le séminaire abordera notamment la question des rapports de couleurs du XVIIIe siècle à nos jours, sur laine et soie.

En partenariat avec l’École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art et l’École nationale supérieure des arts décoratifs

Voir le programme complet du séminaire

__

Informations pratiques 

11 décembre 2019 - 18h-20h
Institut national d'histoire de l'art, auditorium
6, rue des Petits-Champs ou 2, rue Vivienne 
75002 Paris

Entrée libre