« La recherche à l’oeuvre ». Le podcast de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA)à partir du 15 juillet 2020

À partir du 15 juillet l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) diffuse, une série de podcasts destinée à faire découvrir au plus grand nombre la recherche en histoire de l’art. Cette série de 5 épisodes donne la parole aux chercheurs et chercheuses en dévoilant la part intime qui les lie à leurs travaux tout en faisant découvrir aux auditeurs les enjeux des sujets de recherche actuelle.

La série est diffusée sur la chaine Youtube de l’INHA mais aussi sur Deezer, Spotify, Soundcloud, Apple Podcasts et Google Podcasts.

Ces podcasts permettent d’aborder 5 sujets de recherche menés au sein de l’INHA, des universités et des musées, par Isabelle Marchesin (médiéviste), Ines Rotermund-Reynard (spécialiste de la période 1933-1945), Claire Bosc Tiessé (africaniste), Anne Perrin Khélissa (spécialiste du 18e siècle), et Éric Pagliano (spécialiste de dessins).

L’auteure, Anne-Cécile Genre, fait surgir dans un tête-à-tête avec un chercheur, une question sur les enjeux de leurs travaux, et revient sur le point de départ ou l’origine d’un sujet de recherche. Le chercheur lui ouvre ses dossiers et nous partage la passion qui l’anime. Il raconte sa manière de travailler, ses résultats, ses hypothèses, mais aussi ses doutes et ses interrogations. Le ton est volontairement accessible mais le contenu des épisodes est néanmoins exigeant. Ces conversations dessinent les contours d’une recherche en cours et ont pour objet le sens des images du Moyen Âge, le marché de l’art sous l’occupation allemande, la datation et la provenance des objets d’Afrique, la formation des artistes à la fin du XVIIIe siècle, ou encore la genèse d’une oeuvre (XVe et XVIIIe siècle). Animé, vivant, La recherche à l’oeuvre plonge l’auditeur dans le monde de l’histoire de l’art et parcourt les époques en utilisant le pouvoir immersif de l’écriture sonore. Mais l’objectif de la série est avant tout de démontrer à travers la personnalité du chercheur que l’histoire de l’art est une discipline vivante, ancrée dans l’actualité et souvent au cœur de brûlants sujets de société.

Épisode 1 : L’Ontologie du christianisme médiéval en images
(mise en ligne le 15 juillet 2020) :

Le Moyen Âge : 1 000 ans d’histoire, 1 000 ans d’images. Qu’est-ce que les images nous disent de celles et ceux qui ont vécu à cette époque ? Rencontre avec Isabelle Marchesin, médiéviste, pour dévoiler les liens secrets qui relient ces images aux idées qu’elles recèlent. C’est le fruit du programme de recherche de l’INHA, une nouvelle approche pour un nouveau lexique des images du Moyen Âge : L’Ontologie du christianisme médiéval en images.


Épisode 2 : Le Répertoire des acteurs du marché de l’art sous l’occupation allemande (1939-1945) (mise en ligne le 23 juillet) :

Plongée en période trouble. Sous l’Occupation, le marché de l’art bat son plein en France : spoliations, pillages de musées, trafics lucratifs... Ines Rotermund-Reynard nous ouvre le Répertoire des acteurs du marché de l’art sous l’occupation allemande. Des bribes d’existence qui apportent un éclairage nouveau sur des secrets bien gardés et permettront de faire avancer le dossier toujours sensible des restitutions d’œuvres spoliées.


Épisode 3 : Vestiges, indices, paradigmes, lieux et temps des objets d’Afrique (XIVe – XIXe siècle) (mise en ligne le 30 juillet) :

Comment dater et situer dans l’histoire les objets d’art africains ? Pour dépasser les classifications héritées de l’ère coloniale, toujours en vigueur aujourd’hui, tout commence par un inventaire : celui des objets se trouvant dans les musées français. Suivant la piste de ces œuvres, Claire Bosc Tiessé mène une enquête aux brûlants enjeux sociopolitiques, pour retrouver les traces d’un passé qui nous permettra de construire l’avenir.

Épisode 4 : Les académies d’art et leurs réseaux dans la France préindustrielle (mise en ligne le 6 août)

La décentralisation, déjà ? Au XVIIIe siècle, l’art ne se joue pas qu’à Paris. Un réseau de cinquantaine d'académies permet aux artistes de toutes les provinces de se former. Qui sont-ils, qu’apprennent-ils, quelle sera leur carrière et leur destin ? Anne Perrin Khelissa dans une recherche qu'elle réalise avec Émilie Roffidalnous emmène à la découverte de ces écoles méconnues, de ceux qui les ont animées et de leurs liens avec le territoire local, sur fond de France préindustrielle et de scintillement des Lumières.


Épisode 5 : Le lapsus et l’erreur dans le dessin (titre provisoire) (mise en ligne le 13 août)

Qu’est-ce qui anime les crayons des grands artistes ? Avec Éric Pagliano, remontons le fil des œuvres tracées sur papier, pour en connaître la genèse et croquer une thématique pour le moins insolite : l’erreur et l’acte manqué dans le dessin !

À propos des chercheurs 

Isabelle Marchesin est maîtresse de conférences habilitée à diriger les recherches à l’Université de Poitiers. Elle est conseillère scientifique à l’INHA depuis septembre 2014 pour le domaine de recherche Histoire de l’art du ive au XVe siècle. Isabelle Marchesin a été formée en histoire (Toulouse), en histoire de l’art (École du Louvre) et en anthropologie historique (EHESS), et elle a séjourné dans diverses institutions de recherche à l’étranger. Elle est spécialisée dans les images manuscrites et sculptées du premier Moyen Age. Son premier champ de recherche concerne l’iconographie musicale (elle a été initiatrice et commissaire de l’exposition Moyen Age, Entre ordre et désordre en 2004 au Musée de la Musique, et elle est responsable scientifique du projet de recherche Musiconis). Elle étudie aussi les relations entre images, science et exégèse, ainsi que la question du processus de la vision médiévale. Elle a publié un livre sur la porte de bronze d’Hildesheim, L’arbre et la colonne, Éditions Picard, 2017).


Claire Bosc-Tiessé, est chargée de recherche au CNRS (UMR 8171 - Institut des mondes africains). Elle est conseillère scientifique à l’INHA pour le domaine Histoire de l’art du XIVe - XIXe siècle depuis septembre 2017. Spécialiste de l’Éthiopie, Claire Bosc-Tiessé mène des recherches sur la production artistique dans le royaume chrétien sur une période longue, du 13e au 19e siècle. Ses recherches développent une anthropologie historique des images, s’intéressant particulièrement aux différents aspects de leur fabrication, à leurs statuts et leurs utilisations. Elle co-dirige plusieurs projets sur l’art rupestre chrétien, les matériaux des peintures et les processus de création. Elle a publié à ce sujet plusieurs livres, Peintures sacrées d’Ethiopie. Collection de la mission Dakar-Djibouti avec Anaïs Wion (Sépia, 2005) et Les îles de la mémoire. Fabrique des images et écriture de l’histoire dans les églises du lac Tana (Ethiopie, XVIIe-XVIIIe s.) (Publications de la Sorbonne, 2008). Plus largement, ses travaux s’inscrivent dans une réflexion sur les conditions et les modalités d’écriture d’une histoire des arts d’Afrique avant le 20e siècle et ses enjeux.


Ines Rotermund-Reynard rejoint l’INHA en janvier 2018 au poste de cheffe du projet Répertoire des acteurs du marché de l’art en France sous l’Occupation. Elle est historienne de l’art et germaniste ayant suivie un double parcours d’études supérieures en Allemagne et en France. Sa thèse de doctorat, en co-tutelle entre l’EHESS Paris et la Freie Universität Berlin, portait sur la vie et l’oeuvre du critique d’art juif allemand Paul Westheim (1886-1963) pendant son exil en France et au Mexique entre 1933 et 1963. Depuis ses études, elle s’est spécialisée sur la période 1933 à 1945, et notamment sur les activités culturelles des exilés, fuyant l’Allemagne nazie, et sur les questions de provenance d’œuvres d’art. En 2017, elle a fait partie de l’équipe « Provenienzrecherche Gurlitt » (dirigée par Andrea Baresel-Brand au Deutsches Zentrum Kulturgutverluste, Berlin) afin d’enquêter sur la provenance des oeuvres d’art du Kunstfund Gurlitt. Sa recherche portait sur la provenance d’une quarantaine d’œuvres d’origine française.

Anne Perrin Khelissa est maîtresse de conférences en histoire de l’art à l’Université Toulouse Jean-Jaurès et membre du Laboratoire de recherche FRAMESPA-UMR 5136. Ses travaux portent sur les arts du décor en France et en Italie au Siècle des Lumières. Elle est co-porteuse du programme ACA-RES sur Les académies d’art et leurs réseaux dans la France préindustrielle (https://acares.hypotheses.org/) et a récemment publié un essai sur notre rapport à la culture matérielle, sous le titre Luxe intime. Essai sur notre lien aux objets précieux (Paris, CTHS, 2020).


Éric Pagliano est conservateur du patrimoine, au département Recherche du Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF), chargé des Arts graphiques. Son activité principale consiste à sortir de l’anonymat des dessins italiens mais aussi français ou nordiques datant de l’époque moderne (XVe - XVIIIe siècles) généralement préparatoires à des œuvres d’art. Ce travail de dénomination s’accompagne d’une interrogation sur les fondements mêmes de l’attribution (comment parvient-on à un nom ?) et d’une étude sur la genèse des œuvres (comment peut-on reconstituer des séquences préparatoires à partir d’un ensemble de dessins appartenant à un même dossier ?), inspirée de la critique génétique littéraire, double démarche qui irrigue toute son approche du dessin. Il a organisé plusieurs expositions à Orléans, Lyon, Grenoble, Montpellier et Rennes à partir des fonds respectifs de dessins italiens conservés dans les musées de ces villes. Il est ancien pensionnaire à l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) et à l’Académie de France à Rome – Villa Médicis. Il a été co-commissaire en 2019 de l’exposition, Drapé. Degas, Christo, Michel-Ange, Rodin, Man Ray, Dürer… au Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Production : Institut national d’histoire de l’art (INHA) en partenariat avec Beaux-Arts Magazine
Auteure : Anne-Cécile Genre
Réalisation, habillage sonore, mixage : Théo Boulenger
Jingle : Guillaume Auguet
Production exécutive : Alessandra Danelli et Jean-Baptiste Costa de Beauregard

Détails visuels issus des collections numérisées de la bibliothèque de l’INHA.