L’exposition « Sauvages nudités. Peindre le Nord » ouvrira ses portes le 7 juin 2019 à Fontainebleau

Peder Balke, Vue du Cap Nord (Norvège), huile sur carton, v. 1847, 50 x 67 cm, Paris, Musée du Louvre © Musée du Louvre/A. Dequier - M. Bard

À l’occasion de la 9eme édition du Festival de l’histoire de l’art, l’INHA organise au Château de Fontainebleau l’exposition Sauvages nudités. Peindre le Nord (François-Auguste Biard, Peder Balke et Anna-Eva Bergman), du 7 juin au 8 juillet 2019, sous le commissariat d'Éric de Chassey.

« J’ai trouvé un intérêt particulier à parcourir le Nordland et le Finnmark (…), là où les îles, les rochers et les écueils avec leurs sauvages nudités, en conflit avec la mer, étonnent au même degré le studieux peintre et le voyageur épouvanté. ». « Sauvages nudités » : c’est ainsi que le peintre Peder Balke (1804-1887) décrit le paysage qu’il découvre du Grand Nord lors d’une expédition scientifique dans une lettre adressée à Louis-Philippe en 1847. Pour la première fois les œuvres de deux peintres norvégiens et d’un artiste français dont l’art, à un siècle de distance, fut marqué par leur expérience du Cap Nord seront mises en regard : François-Auguste Biard (1799-1882), Peder Balke (1804-1887) et Anna-Eva Bergman (1909-1987).

Un dialogue fécond

Au travers de l’exposition, il s’agit de rendre compte de l’interprétation d’un paysage, de sa lumière, de sa palette chromatique, de ses lignes d’horizon et des phénomènes naturels qui lui sont propres : celui du Grand Nord, par des peintres dont le travail original a su entrer en résonnance avec celui des uns et des autres. Peder Balke fut en 1832 l’un des tout premiers artistes à effectuer un voyage dans le Finnmark (la partie la plus septentrionale de l’Europe), puis c’est au tour de François-Auguste Biard qui s’y rend en 1839 dans le cadre d’une mission ethnographique. Enfin, Anna-Eva Bergman, fit par deux fois un voyage similaire, d’abord en 1950, puis en 1964. Peder Balke et Anna-Eva Bergman en rapportèrent tous deux des impressions décisives, qui laissèrent leur marque dans l’ensemble de leur œuvre postérieure, notamment en brouillant les frontières de la figuration et de l’abstraction. L’exposition confronte des œuvres de Peder Balke prêtées par le musée du Louvre et des collectionneurs privés, norvégiens et français, aux grandes toiles et lithographies d’Anna-Eva Bergman provenant de la Fondation Hartung, de collections particulières et de la Galerie Jérôme Poggi, ainsi que des œuvres significatives de François-Auguste Biard.

Pour chacun d’entre eux, leur expérience concrète s’est concentrée sur le romantisme des paysages désolés caractéristiques de cette région, où se mêlent la montagne et la mer, dans la lumière si particulière du soleil de minuit (en été) et des aurores boréales (en automne et en hiver), qui atténue dramatiquement la vivacité des couleurs. Cette expérience les ont conforté dans une pratique expérimentale marquée par l’utilisation de techniques originales (les grattages pour Balke, l’usage de la feuille d’or, de cuivre ou d’argent pour Bergman) qui ont sans doute empêché leur pleine reconnaissance de leur vivant mais contribuent aujourd’hui à un intérêt renouvelé pour leurs œuvres.

Cette exposition est réalisée grâce au soutien de la Fondation Hartung Bergman et en collaboration avec le Nordic Institute of Art et le Château de Fontainebleau.

Des tables-rondes seront organisées pendant le Festival de l’histoire de l’art autour de l’exposition.

Cette exposition donnera également lieu à la publication d'un catalogue, sous la direction de Marianne Dautrey, directrice des éditions de l'INHA.

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