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Expositions virtuelles

Gauguin dans les collections de Jacques Doucet

La bibliothèque de l’INHA collections Jacques Doucet compte dans ses collections le Cahier pour Aline, exceptionnel manuscrit rédigé et illustré par Gauguin pour sa fille, ainsi qu’une importante série d’estampes.

Né à Paris en 1853, Jacques Doucet est le fils de commerçants en dentelles et lingerie de la rue de la Paix. En 1875, après des études rudimentaires, il commence à travailler dans l’entreprise familiale où il prend en charge le rayon de confection de robes, nouvellement créé. Il en fera l’une des plus célèbres maisons de haute couture des années 1900.

S’il est d’abord connu pour son exceptionnelle collection d’art du XVIIIe siècle, Jacques Doucet s’est très tôt intéressé aux artistes contemporains. A 21 ans, il achète son premier tableau au peintre Raffaelli. La même année 1874, il acquiert les œuvres des impressionnistes, alors "refusés" dans les Salons par l’art officiel. Il visite Monet ou Degas dans leur atelier et leur achète, au premier une Marine, au second une Danseuse.

Rien d’étonnant donc de voir ces choix confirmés trente ans plus tard lors de la constitution de sa collection d’estampes. Car les achats de ce qui allait devenir le Cabinet d’estampes modernes de la Bibliothèque d’art et d’archéologie commencent bien avant la naissance de l’établissement, créé en 1908 lorsque Jacques Doucet s’attache la collaboration de René-Jean. Parmi les archives comptables conservées, les factures les plus anciennes concernent la Galerie Strölin, sise 27 rue Laffitte. Elles datent de l’année 1906. C’est précisément le 27 novembre 1906 que le marchand facture à "Monsieur Doucet " l’Album lithographique de Gaugain (sic), pour le prix de 300 francs or. Il voisine avec un dessin de Daumier, des clichés-verres de Corot, 6 estampes de Bonvin, 5 de Carrière, 7 de Forain, 2 gravures de Goya avec son album intitulé Proverbes, et la suite des Caprices de Tiepolo. Le tout pour un total de 4280 F. L’année suivante, le 14 mai 1907, Doucet effectue un nouvel achat important chez Strölin : 6 planches de Goya plus 29 pièces de la Tauromachie, 3 estampes de Corot, 12 de Pissarro, 2 de Millet, 4 de Jongkind, 2 de Manet avec un album de 30 eaux-fortes, 14 eaux-fortes en couleur de Preissig, les Soirées de Rome d’Hubert Robert, 6 planches des Caprices de Tiepolo, les 2 albums des Peintres graveurs édités par Vollard