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CHAMPOLLION, Jean-François

(23 décembre 1790, Figeac – 4 mars 1832, Paris)
Auteur(s) de la notice : AUFRÈRE Sydney

Profession ou activité principale

Orientaliste, égyptologue, professeur d’histoire ancienne, conservateur de musée

Sujets d’étude
Histoire orientale, géographie et histoire de l’Égypte, déchiffrement de l’écriture hiéroglyphique, épigraphie des monuments pharaoniques en Égypte, dans les musées et les collections privées, grammaires et dictionnaires de l’égyptien et du copte

Carrière
1801 : son frère, Jacques-Joseph Champollion-Figeac, le fait venir à Grenoble
1806 : communication à l’Académie des sciences et des arts des Grenoble
1807 : seconde communication à l’Académie des sciences et des arts de Grenoble dont il devient membre
1808 : étude de langues orientales à Paris, au Collège de France et à l’École des langues orientales
Juillet 1809 : professeur adjoint d’histoire ancienne à la faculté des lettres de Grenoble
1810 : nommé docteur ès lettres par décret
1812 : assistant de la bibliothèque de Grenoble ; secrétaire à la faculté des lettres de Grenoble
1815 : suspension de sa chaire d’histoire ancienne à la faculté des lettres de Grenoble
1816 : Terreur blanche : assignation à résidence des frères Champollion à Figeac (Lot)
1824-1831 : rédacteur principal avec son frère, Champollion-Figeac, du Bulletin des sciences historiques, VIIe section du Bulletin universel des sciences et de l’industrie
1824-1826 : voyage en Italie : visite des collections égyptiennes de Turin, Rome, Florence, Livourne
13 janvier 1825 : membre associé de l’Académie royale de Turin
16 mai 1826 : conservateur du département des antiquités égyptiennes au musée Charles X
1826-1827 : second voyage en Italie
1827 : officier du service de première classe à la maison du Roi
16 juillet 1828 – 6 décembre 1829 : directeur de l’expédition franco-toscane en Égypte, chargée d’effectuer des relevés épigraphiques des monuments égyptiens
16 mai 1830 : élu membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres
18 mars 1831 : professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d’archéologie égyptienne, créée pour lui par ordonnance royale

Chevalier de la Légion d’honneur, à l’instigation du pape Léon XII ; officier de l’ordre de Saint-Joseph de Toscane

Étude critique   

La fratrie scientifique

Eût-il existé un Champollion sans un autre – et de renom ? Le découvreur de la clé des hiéroglyphes égyptiens demeura à la postérité sous le nom de « Champollion le Jeune », se distinguant de son frère, savant lui aussi, Jacques-Joseph Champollion-Figeac (1778-1867) – de douze ans son aîné. Dans la marche qui les conduit vers la reconnaissance académique, l’un et l’autre sont liés dans une fratrie scientifique. Ainsi, dans la vie des deux frères s’entremêle tout ce qui ressortit au domaine de l’étude, dans les bons comme les mauvais jours. La situation politique de ces temps généra alternativement succès et revers, avec des répercussions sur la vie du savant. Il est vrai qu’il plaçait ses pas dans ceux de l’expédition d’Égypte qui, par ses découvertes, scellait sur les rives du Nil l’acte de naissance d’une discipline à laquelle on donnerait le nom d’égyptologie, dans laquelle se lit en filigrane le portrait de Bonaparte. « La romance scientifique » se superpose parfois à la réalité, sans qu’il soit possible de démêler l’une de l’autre, et cela est sans importance.

Une jeunesse érudite lors de la découverte de la pierre de Rosette

Jean-François Champollion naît à Figeac (Lot), le 23 décembre 1790, dernier d’une famille qui compte cinq enfants vivants. Son père, Jacques Champollion (1744-1821), fondateur d’une librairie, avait épousé en 1773 Françoise Gualieu (1747-1807). La famille Champollion, dont l’existence gravite autour du livre, vit dans le rêve suscité par la grande aventure de cette fin de siècle, l’expédition d’Égypte. Jacques-Joseph, aux études perturbées par les événements révolutionnaires, demande sans succès à y être rattaché, lorsqu’elle se forme, en 1798. Il gagne, après un séjour à Beaucaire, le Dauphiné, berceau de la famille paternelle, et se fixe à Grenoble où, employé dans le commerce d’un cousin, il s’adonne à sa passion des lettres, se créant un noyau de bibliothèque que l’humaniste abonde en ouvrages sur l’antiquité classique et l’Égypte. Dès 1801, il avait fait venir auprès de lui son jeune frère, qui présentait des dons précoces pour la lecture. Jacques-Joseph, devinant ses aptitudes linguistiques, prend son éducation en main, complétant celle que le garçon reçoit, de 1801 à 1807, au lycée de Grenoble. N’était la légende, il est réellement doué.

Lorsque l’année suivante parvient l’annonce inattendue de la découverte, faite par le capitaine François Bouchard (1772-1822), de la pierre de Rosette dans les fossés du fort d’Aboukir, une perspective nouvelle se dessine devant les yeux de la communauté savante, dont les deux frères. La « pierre », dont les tirages en taille réelle, effectués par l’imprimeur orientaliste attaché à l’expédition, Jean-Jacques Marcel (1776-1854), circulent, au retour de l’expédition, dans les cercles érudits, reproduit le décret trilingue dit de Memphis, rédigé sous le règne de Ptolémée V Épiphane, au jour du 27 mars 196 avant notre ère. Le décret est écrit en hiéroglyphes (cette partie est acéphale), en démotique (écriture cursive de forme vermiculée de l’égyptien) et en grec. Cette découverte est celle que le monde savant attend avec impatience depuis environ soixante-dix ans, après que le grand helléniste, dom Bernard de Montfaucon, dans son Supplément à L’Antiquité expliquée et représentée en figures paru à Paris en 1724, a explicitement signalé la nécessité, pour ce faire, d’un document bilingue : « Un moïen d’y réüssir seroit, si l’on venoit à découvrir des inscriptions d’ancien Égyptien répétées enfuite en Grec, comme on a trouvé de nos jours une inscription Grecque répétée enfuite en langue Palmyrénienne, fur laquelle infcription & sur quelques autres fort petites, d’habiles gens font exercez pour y déterrer la langue Palmyrénienne… »

Sitôt les tirages diffusés, des hommes à l’esprit pénétrant de toutes les nations d’Europe s’enflamment et s’attellent au déchiffrement, en quête de gloire. Champollion, on ne peut plus touché par la même fièvre, est assurément le benjamin de cette épopée scientifique dans laquelle prennent rang des hommes de la fin des Lumières comme Thomas Young (1773-1829), Antoine Isaac Silvestre de Sacy (1758-1838), Johan David Akerblad (1763-1819). Le jeune homme ne vit que dans cette perspective. Sa jeunesse est un avantage notable car, en formation, son esprit peut se moduler en fonction de l’objectif à atteindre. Son aîné, qui cultive les études classiques, le guide dans les arcanes des difficultés des langues orientales que l’on suppose, à tort ou à raison, liées à l’égyptien et, partant, utiles au déchiffrement : l’hébreu, l’arabe, le syriaque, l’araméen. À partir de 1805, il ajoute l’éthiopien et travaille le copte, la langue de la communauté chrétienne d’Égypte. Ses connaissances sont dispersées, mais son habile conseiller – celui-là travaille désormais depuis 1808 comme assistant à la bibliothèque de Grenoble, dont il sera responsable en chef en 1812 – lui procure tous les ouvrages nécessaires à ses travaux linguistiques. À l’âge de seize ans (1806), Champollion lit devant les membres de l’Académie de Grenoble une communication dans laquelle il conclut à l’identité de l’égyptien et du copte. Dans l’absolu, ce n’est pas une découverte, puisque le monde savant le savait depuis le XVIIe siècle, l’humaniste Nicolas-Claude Fabri de Peiresc (1580-1637) en tête. Mais si tant est que l’idée vînt du jeune Champollion, c’était un résultat pour le moins encourageant. Lorsqu’il quitte le lycée en 1807, il présente une communication devant l’Académie des sciences et des arts de Grenoble, intitulée Description géographique de l’Égypte avant la conquête de Cambyse, à la suite de quoi il est élu membre de cette compagnie.

L’apprentissage au Collège de France et l’École des langues orientales

Mais le déchiffreur n’est pas né, loin s’en faut. L’acquis doit être confirmé à Paris, auprès de maîtres confirmés. Étudiant sous la férule bienveillante des orientalistes à l’École spéciale des langues orientales dont Louis Mathieu Langlès (1763-1824), Isaac Silvestre de Sacy au Collège de France, entre 1808-1809, et d’autres, il complète sa formation en arabe, syriaque, hébreu, copte, chaldéen, amharique, et il étudie le parsi, le persan, le sanscrit, le palhavi et le chinois – ces dernières ne lui seront pourtant d’aucune utilité. L’intime conviction, après les grands antiquaires du XVIIe et du XVIIIe siècle, que le copte était la clé de l’égyptien hiéroglyphique lui fait écrire à dix-sept ans, dans une lettre à son frère : « Je me livre entièrement au copte. Je veux savoir l’égyptien comme mon français parce que sur cette langue sera basé mon grand travail sur les papyrus égyptiens. » Nanti désormais du viatique nécessaire pour aborder le déchiffrement, il s’y lance, non sans être reconnu docteur ès lettres par décret (1810), aux côtés de son aîné qui, entre-temps, a poursuivi une belle carrière. Ce dernier est l’ami de Joseph Fourier. Ce compagnon de Bonaparte durant l’expédition d’Égypte a été nommé par lui préfet de l’Isère en 1802. Par son entremise, Jacques-Joseph est nommé à la bibliothèque de Grenoble, en 1812. Il devient membre correspondant de l’Institut de France (1814). Mais en haut lieu, Jacques-Joseph et Jean-François apparaissent comme des privilégiés du régime en place de par leurs relations, une situation embarrassante lors de la première abdication de l’Empereur à Fontainebleau (le 4 avril 1814). Cette année-là, Champollion, à qui a été confiée une chaire d’histoire et, en outre, une charge de bibliothécaire-adjoint à la bibliothèque de Grenoble, vient juste de publier les deux tomes de L’Égypte sous les pharaons ou recherches sur la géographie, la religion, la langue, les écritures et l’histoire de l’Égypte avant l’invasion de Cambyse, soit sept ans après qu’une ébauche de ce travail lui avait valu d’intégrer l’Académie de Grenoble. Dans ce livre au titre ronflant, à la première page armée de tous ses titres est présentée une synthèse sur les toponymes grecs, latins et coptes d’Égypte, servie par une maîtrise déjà remarquable des langues anciennes.

Les premiers jalons balisant la voie du déchiffrement

Suspects, à juste titre, de sympathies bonapartistes affichées, les deux frères conservent néanmoins leurs postes grâce au revirement opportuniste de Jacques-Joseph qui, craignant des représailles, se rallie à la dynastie des Bourbons. Mais nouvelle volte-face quelques mois plus tard – fatale. L’Empereur revenu de l’île d’Elbe, le 26 février 1815, Jacques-Joseph négocie la réconciliation entre Fourier et Napoléon. Après Waterloo, le jeune Champollion est touché par les excès de zèle politique et les imprudences de son frère. Au cours de la Terreur blanche, qui s’ensuit à Grenoble, ils sont arrêtés puis expulsés en mars 1816 et assignés à résidence à Figeac pendant dix-huit mois, jusqu’en avril 1817. Après d’excellents rapports du préfet du Lot sur le comportement des deux frères, qui ont mené une intéressante expérience pédagogique, l’assignation prend fin. Cependant, pendant que son frère prend la direction de Paris, Champollion reste à Figeac où il travaille au remaniement de son dictionnaire et de sa grammaire coptes, deux travaux d’envergure qui connaîtront bien des tribulations, en sorte que le copte, dans les œuvres de Champollion, fait figure d’oublié alors qu’il est sous-jacent à toute sa démarche. Sitôt fait, le revoici attaché à la chaire d’histoire et de géographie du Collège royal à Grenoble, qu’il occupe de 1818 à 1821, tandis que son frère devient secrétaire particulier du baron Joseph-Bon Dacier (1742-1833), secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. C’est le moment pour ce jeune homme de vingt-huit ans de reprendre d’arrache-pied ses travaux sur le déchiffrement.

En 1821, il a abouti à plusieurs résultats préparatoires non négligeables. Dès 1808, il avait mis en évidence l’existence des ligatures dans les signes cursifs. Le 7 août 1810, devant l’Académie des arts et des sciences de Grenoble, il signale que les hiéroglyphes, pour transcrire des noms grecs, doivent nécessairement produire des sons. En 1814, dans L’Égypte sous les Pharaons (I, p. 105), se fondant sur l’examen de la structure des mots autochtones en copte (il existe également des mots grécoptes, dans une moindre proportion), qui possèdent de rares voyelles, il inférait que l’égyptien présentait des caractéristiques similaires et présumait que les « Égyptiens négligeaient beaucoup les voyelles et très souvent ne les écrivaient pas ». En mai 1821, dans un mémoire publié avant de quitter Grenoble, il établit que l’écriture hiératique simplifie l’écriture hiéroglyphique, quoiqu’il eût pensé, d’après un écrit publié en 1812, et ce contre l’opinion, que l’écriture hiératique « n’[était] point alphabétique », c’est-à-dire qu’elle ne rappelait pas des signes de la langue parlée. C’était là une contre-vérité absolue. Jules Klaproth (1783-1835), dans un écrit intitulé Examen critique des travaux de feu M. Champollion sur les hiéroglyphes paru à Paris en 1832, sera réservé, qui montre l’importance des travaux de Thomas Young, intégrés dans la démarche de Champollion, notamment l’article de l’Encyclopaedia Britannica (Suppl. IV, 1818-1819) du savant anglais qui, par sa vaste ouverture aux sciences, est un génie des Lumières, tandis que Champollion s’affirmera comme spécialiste génial des langues puis un génie tout court. Pour l’instant, il ne l’est pas encore.

Une lettre adressée à François Artaud (1772-1849), en date du 24 septembre 1820, connue seulement depuis 1990, prouve que malgré ses recherches, Champollion n’était guère plus avancé à cette date qu’Athanase Kircher (1601-1680) à la fin de sa vie, si l’on en croit les malheureuses tentatives de traduction du Figeacquois. Pour ne prendre qu’un exemple, le nom si banal d’Osiris, gravé sur pratiquement tous les monuments funéraires, écrit à l’aide d’un cadrat de trois signes (un œil, un trône et une figure d’Anubis) est traduit, en vertu du principe du symbolisme prôné par Kircher – un signe égale une signification – respice Anubi Potentissime, « Regarde moi favorablement, puissant Anubis ». Autant dire une traduction grotesque, le reste étant à l’avenant. Mais paradoxalement, cette lettre fait aussi état d’intéressantes remarques, dont il ne tire pour l’heure aucun profit. Ainsi, en cette fin de septembre 1820, Champollion tourne le dos à la solution. Il doute même des hypothèses de bon sens. C’est au cours des deux années suivantes que le sort des hiéroglyphes se joue, après ce franc insuccès de méthode.

Tout d’abord par des remarques formelles. Le 27 août 1821, dans une communication devant l’Académie des inscriptions et belles-lettres, il établissait une chronologie des écritures : hiéroglyphes, hiératique et démotique, ces deux dernières étant cursives, établissant que celles-ci dérivent de ceux-là. L’examen des exemplaires du Livre des Morts, écrits soit en hiéroglyphes, soit en hiéroglyphes cursifs, soit en signes hiératiques, voire en démotique, lui permet d’étayer cette hypothèse. Servi par une maîtrise étonnante du dessin qu’il a appris dans sa jeunesse et secondé par un regard scrutateur, il dresse des tables de correspondance entre signes hiéroglyphiques, hiératiques et démotiques, et même des tableaux des ligatures, en sorte que sans même avoir déchiffré la langue, il est capable de la lire formellement, quel que soit son mode graphique. C’est ainsi au moyen de constatations simples – simples mais admirables –, que lentement l’obscurité commence à se disperser et les yeux à se dessiller. Le 23 décembre, nouvelle intervention à l’Académie, nouvelle constatation. Il démontre d’après la pierre de Rosette que le nombre des hiéroglyphes (1419) excède celui des mots grecs du texte (486), ce qui l’amène à déduire que chaque hiéroglyphe ne peut représenter une idée et que chaque hiéroglyphe ne peut pour autant correspondre à un son.

Des derniers revirements à la lumière

Le résultat auquel aboutit Champollion ne découle pas d’une progression linéaire, mais d’une alternance de progrès et de revirements intellectuels, où il balance entre plusieurs hypothèses, alternance que mettrait en évidence une étude critique de ses papiers publiés ou non. Le 27 septembre 1822, devant l’Académie et devant son protecteur, Champollion lit sa fameuse Lettre à M. Dacier, qui passe pour le document marquant le début de l’ère du déchiffrement. Il l’a rédigée du 14 au 22 septembre, avec l’aide de son frère qui accourt au fameux mot lâché : « Je tiens l’affaire ! » Au cours des années et des mois précédents, l’enchaînement des découvertes s’était précipité. Sans entrer dans la complexité, voici les éléments dans leurs grandes lignes :
1. En 1816, Frédéric Cailliaud (1767-1869) avait signalé l’existence à Philae d’un obélisque (future collection Bankes) dont le socle était couvert d’une inscription hiéroglyphique à deux cartouches et sur lequel on lisait le texte de la pétition des prêtres de Philae adressée à Ptolémée Évergète (II) et à la reine Cléopâtre.
2. En 1821, il obtient communication du papyrus Cazati, qui contient une inscription bilingue en démotique et en grec datant du temps d’Évergète II, dans laquelle se trouve, par trois fois, le nom en démotique de la reine Cléopâtre.
3. En 1822, paraissait la quatrième livraison de la Description de l’Égypte, dans laquelle est publiée la pierre de Rosette (« Antiquités », vol. 5, pl. 54). Champollion a amélioré la lecture de Thomas Young, en déduisant la valeur des sept hiéroglyphes qui restituent sept des dix lettres composant le nom de PTOL(E)M(A)I(O)S : PTOLMIS.
4. Champollion reçoit communication des cartouches de l’inscription de l’obélisque de Philae, transporté à Londres par Giammbattista Belzoni (1778-1823), par le truchement d’Antoine-Jean Letronne (1787-1848) qui avait publié l’inscription grecque l’année précédente (« Éclaircissements sur une inscription grecque contenant une pétition grecque des prêtres dans l’île de Philae, à Ptolémée Évergète second, copiée à l’Académie royale des inscriptions et belles-lettres », tiré à part du Journal des savants, Paris, 1821). Postulant que le second cartouche était celui de la seconde Cléopâtre (KLEOPATRA) (Observations sur l’obélisque égyptien de l’île de Philae, mars 1822), il reconnaît l’existence de trois hiéroglyphes communs (L, O, P) aux deux noms. Lisant le nom de Cléopâtre, c’est-à-dire neuf hiéroglyphes pour les neuf lettres de KLEOPATRA, il possède désormais dix hiéroglyphes qui servent à transcrire dix lettres grecques, consonnes et voyelles : K, L, M, P, R, S, T ; A, I, O. Cette découverte lui permet d’établir que les noms grecs des rois écrits en hiéroglyphes sont des transcriptions phonétiques, dans lesquelles le scribe tient plus ou moins compte des voyelles, comme dans d’autres langues sémitiques. De là, Champollion s’attaque avec succès aux autres noms des rois lagides et des empereurs romains. Ce n’est là qu’un succès relatif, car ce système de translittération des noms de souverains étrangers reposant, peu ou prou, sur une série de signes que l’on pourrait qualifier d’alphabétiques, il ne fournit pas pour autant la solution du « système hiéroglyphique » proprement dit.
5. Les choses basculent, car tout d’abord, en étudiant le zodiaque de Dendara, qui venait d’être transporté en France en 1821, Champollion comprend le système des déterminatifs : planètes et constellations sont déterminées par la présence explicite d’une étoile.
6. Le 14 septembre jaillit l’étincelle dont découlera l’illumination. À cette date, il examine des copies de cartouches royaux – de Ramsès, copié à Abou Simbel, et de Thoutmès (Thoutmôsis), envoyés par l’architecte et voyageur Nicolas Huyot (1780-1840). Il postule (géniale intuition ?) que le premier n’est autre que le Ramsès de la Bible et des textes classiques. La découverte du 14 septembre allie plusieurs remarques sur les hiéroglyphes, les textes démotiques, grecs et coptes. La fameuse lettre, montrant apparemment si peu de résultat, adressée à Artaud, témoignait déjà en 1821 d’un élément essentiel : le rapprochement entre le signe central des cartouches de Ramsès et de Thoutmès, mès, qu’il ne comprend pas, avec un groupe hiéroglyphique de trois signes correspondant à un mot mentionné à la quarante-sixième ligne de la version grecque et qui désigne le « jour anniversaire » (taù geneàqlia). Sachant qu’en copte l’anniversaire se dit hou-mise, littéralement « jour de naissance », il est en mesure d’individualiser le mot se rapportant à la naissance (mise) qui correspond au signe non déchiffré : mès. le nom de Ramsès, « Rê l’engendre » et Thoutmès, « Thot l’engendre ». Après bien des hésitations, à partir de ces deux exemples, il comprend – ce que personne n’avait jamais observé jusque-là, et qui est la clé de voûte du système –, que l’écriture hiéroglyphique consistait en une combinaison de signes phonétiques, dotés d’un, de deux (ou de trois) sons consonantiques et de signes idéographiques.

Dans le doute qui est encore le sien, il se gardera pourtant de publier sa découverte dans toute son ampleur, en se contentant, pour l’heure, de livrer le système par quoi les noms des souverains grecs et des empereurs romains étaient transcrits dans la langue des pharaons et la variabilité des signes employés pour un seul et même nom. Dans ce système d’une grande souplesse, renaissent, grâce à Champollion, outre les Ptolémées et les Cléopâtre, les Alexandre, les Bérénice, les Arsinoé, les César, les Autocrator et bien d’autres. Il a surpassé Young, dont le système n’était pas abouti, en obtenant en tout (pl. IV) vingt valeurs alphabétiques auxquelles correspondent, d’une part, vingt séries plus ou moins étendues de hiéroglyphes homophones et, d’autre part, vingt séries de variantes de signes démotiques. Ne se tenant par pour autant battu, Thomas Young, l’année suivante, dans un mémoire de cent quarante pages (An account of some recent discoveries…), fait une nouvelle tentative sur la pierre de Rosette, mais ses traductions, malgré quelques-unes heureuses, tiennent davantage de l’intuition ou de l’homologie que d’un raisonnement fondé linguistiquement parlant. Le Figeacquois n’aura désormais plus de concurrents sérieux.

La consécration sur les rives de la Seine,…

Par la Lettre, Champollion s’est attiré la faveur des Bourbons qui lui accorderont un soutien. En 1824, paraît à Paris, Strasbourg et à Londres, son Précis du système hiéroglyphique, qui n’est pas sans défaut, mais ce qui n’était qu’ébauche du système acquiert davantage de profondeur. Cependant Champollion y entreprend longuement de nourrir une polémique contre Young, dont l’ouvrage était paru l’année précédente, montrant très clairement la précellence de ses propres travaux sur ceux de son adversaire. Mais le livre est moins une grammaire qu’une tentative d’exploiter, sur fond de littérature ancienne, ses découvertes sur la langue, fondée sur le cartouche de Ramsès et qu’il couronne cependant par une présentation plus étoffée du système que dans la Lettre. Mais, ne voulant rien perdre de l’exploitation de sa découverte, il expose des postulats historiques qui apparaissent aujourd’hui comme un résultat mitigé, dans un style qui fait de son livre plus un essai qu’un précis. Le caractère prodigieux est le tournant épistémologique véritable que prend l’approche de l’égyptien, dans ses dimensions hiéroglyphique, hiératique, démotique et copte. La maîtrise des trois dimensions graphiques en même temps que sa pénétration du copte – il se sert de celui-ci pour transcrire celles-là – suscitent encore aujourd’hui l’étonnement. Mais s’en faut de beaucoup que toutes les difficultés aient été percées.

…pendant son périple en Italie…

Une tâche reste à accomplir, qui est énorme, car il n’existe pas de corpus, et la Description de l’Égypte, si elle a reproduit des monuments, n’en a pas pour autant copié fidèlement leurs parois. Or, seul l’accès aux textes lui eût permis d’aller plus avant. Grâce aux protections dont il jouit, il parcourt tout d’abord l’Europe en 1824 en quête d’inscriptions et visite musées et collections privées, un voyage que l’on connaît à travers les trois lettres – en fait de véritables livres – envoyées à son protecteur, Pierre Louis Jean Casimir duc de Blacas d’Aulps (1770-1839), membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, publiées chez Didot, entre 1824 et 1826, et qui finance son voyage.

Au cours de ce périple, il explore à Turin la collection vendue au roi de Piémont-Sardaigne par le Consul de France, Bernardino Drovetti (1776-1852). Il est le premier à dérouler le papyrus qui porte le Canon royal, document unique figurant dans la collection. Il y reconnaît bon nombre de noms de souverains égyptiens identifiés grâce à la liste recopiée d’après des écrits sacerdotaux par le prêtre Manéthôn de Sebennytos. Celui-là, auteur des Ægyptiaca, est un contemporain de Ptolémée Philadelphe, qui lui aurait commandé une traduction des principaux écrits du Livre sacré, parmi lesquels figurait une liste des rois répartis par dynasties accompagnées de leurs durées et de celles des rois qui les composaient. Le Canon est écrit en hiératique, mais Champollion se joue désormais de cette difficulté (on se souviendra qu’il maîtrise déjà, dans son évolution paléographique, toute la palette hiéroglyphique et cursive des Égyptiens et devient, de ce fait, le premier papyrologue-égyptologue). L’examen du Canon royal, qu’il lui faut restituer morceau par morceau, est cependant troublé par le mauvais état du document. Sa tristesse est grande, lorsqu’il voit fondre ses espoirs d’établir une liste complète des noms royaux. Il comprend, en outre, grâce à ce document qui donne des durées en nombres d’années, les normes numériques égyptiennes. À Rome, on le charge d’établir le catalogue des papyrus de la collection Vaticane. À Florence, à la demande du Grand-Duc de Toscane, il examine la collection du consul d’Autriche, Giuseppe Nizzoli. À Livourne, il visite la seconde collection du consul d’Angleterre au Caire, Henry Salt (1780-1827), que celui-là avait réunie entre 1819 et 1824. Charles X lui enjoint, dès son retour en France, de repartir pour l’Italie, de l’estimer et de l’acquérir (la collection de quatre mille quatorze pièces est achetée 10000 livres) Les temps sont rudes pour Champollion. Alors qu’il est à Florence (1826), il défend son système contre les allégations de Frédéric Auguste Guillaume Spohn (1792-1824) soutenues par Gustav Seyffarth (1796-1885), publiées dans une brochure (datée à Naples, le 18 octobre 1826) parue à Leipzig l’année suivante. Champollion démonte l’argumentation de Seyffarth dans la troisième Lettre à M. le duc de Blacas, qu’il fait éditer à Florence, en 1826, contrairement aux deux précédentes.

Avant et pendant son voyage en Italie avaient paru à Paris, entre 1823 et 1825, les quinze livraisons du Panthéon égyptien, agrémentées des planches effectuées d’après les dessins de Jean-Joseph Dubois (1780-1846). Avec le recul, on y retrouve les qualités du Précis, et ses défauts, notamment une absence de distance par rapport aux sources classiques auxquelles la tradition a accordé un degré d’importance que tout dément. Cela aboutit à une religion égyptienne forgée par des chaînes d’inférences fallacieuses – pouvait-il en être autrement ? – et bien éloignée de celle qui sera reconstituée par ses successeurs. La discipline à laquelle il a donné l’impulsion lui vaut d’être nommé conservateur de la section égyptienne du musée du Louvre (1826), créée par l’entremise du duc de Blacas, et existant en vertu d’une ordonnance royale de Charles X, en date du 15 mai 1826. Le Louvre s’était enrichi, en 1822, du « fatal » zodiaque de Dendara (son coût avait empêché Louis XVIII d’acquérir la première collection Drovetti proposée à la France en 1818), et en 1825, par l’achat de 2500 pièces de la collection du chevalier Durand. Le conservateur nouvellement nommé (le voilà chargé de cours par la même ordonnance), épaulé par Dubois et d’autres amis, le Pisan Ippolito Rosellini (1800-1843) et Nestor Lhôte (1804-1842), soumet alors la collection – inaugurée le 15 décembre 1827 par le souverain en personne – à une étude scrupuleuse. De celle-là naît, la même année, la Notice descriptive des monuments égyptiens du musée Charles X. L’année suivante, Champollion fera acquérir la deuxième collection Drovetti, la première ayant été acquise, en 1824, par le roi de Piémont-Sardaigne, Victor-Emmanuel Ier (1759-1824).

…et sur les bords du Nil

Pourtant, sa « connaissance » des dieux égyptiens alliée à celle de la langue égyptienne nécessitait d’être portée à son terme et ne demandait qu’à être confrontée aux temples de la vallée du Nil mêmes et non aux seuls artefacts des musées et des collections particulières, intéressants certes, mais auxquels manquait cette dimension monumentale. Dès 1826, s’étant lié d’amitié avec Rosellini, devenu son élève, se forme, dans la sphère du duc de Blacas alors ambassadeur de France à Naples, un projet d’expédition franco-toscane en Égypte. Un mémoire est rédigé par Champollion dans ce sens, envoyé à Charles X (1757-1836) et au Grand-Duc de Toscane, Léopold II (1797-1870). Le projet est appuyé à Paris par le gouvernement Martignac et reçoit bon accueil à Florence. Les années 1828 et 1829 sont décisives pour le parachèvement de la « doctrine ». Le rêve égyptien d’être confronté à la civilisation égyptienne prend corps. Champollion est chargé de conduire l’expédition franco-toscane, avec Rosellini, directeur en second. Y participent, pour la partie française et la partie italienne, des architectes et des artistes de talent. Avec ceux-là, il débarque à Alexandrie le 18 août 1828, où il est accueilli par Drovetti, hostile à l’expédition. Affrétée à l’occasion, la florille – rebaptisée l’Athyr et l’Isis – remonte jusqu’à Kalabcha, en Basse-Nubie, puis de là redescend jusqu’au Caire. Lorsqu’il rembarque à Alexandrie, Champollion, malgré les conditions de travail pénibles (nombre de compagnons rentreront de ce fait en France avant la fin de l’expédition) et les crises de goutte qui l’assaillent, rapporte dans ses malles une centaine de pièces archéologiques pour la collection du Louvre, et dans ses portefeuilles une importante moisson d’inscriptions copiées et traduites de sa main – deux mille quatre cents dessins – qui seront publiées après sa mort, entre 1835 et 1844, sans compter les mille huit cent trente-trois lettres expédiées à ses correspondants en France, où il annonce ses découvertes, sans oublier son journal de bord. Au fil du Nil, Champollion feuillette le grand livre des monuments égyptiens, qui reprennent vie sous son regard et cela, au vu des Monuments d’Égypte et de Nubie, n’est pas qu’une simple métaphore.

Passer à la postérité

Usé par tant d’effort, et bien qu’il eût connu deux succès coup sur coup – son élection à l’Académie des inscriptions et belles-lettres et la création d’une chaire d’archéologie au Collège de France (ordonnance royale du 18 mars 1831), où il enseignera à peine – il rend son dernier souffle prématurément, terrassé par une crise d’apoplexie, le 4 mars 1832. Il a à peine le temps, dans les derniers mois, de peaufiner sa Grammaire, selon lui « sa carte de visite à la postérité », dans laquelle se concentre son enseignement, et son Dictionnaire (ils paraîtront, grâce à son frère, respectivement en 1836 et en 1841). Pendant son voyage égyptien, il n’abandonnera jamais ce dernier et continuera à enrichir cet ouvrage lexicographique qui comporte sept cent soixante-douze folios. Malheureusement, ne paraîtront jamais ni la grammaire ni le dictionnaire de la langue qui lui aura permis de percer le mystère des hiéroglyphes : le copte. Encore aujourd’hui, on peut dire que la découverte de Champollion, par l’ouverture d’un champ de recherches s’appliquant à une culture dont les portes s’étaient fermées, est l’une des plus grandes des sciences humaines du XIXe siècle.

Sydney H. Aufrère, directeur de Recherche au CNRS, Centre Paul-Albert Février (UMR 6125 du CNRS)

Principales publications   

Ouvrages

Éditions postérieures

  • Lettres de Champollion le jeune recueillies et annotées par H. Hartleben. I : Lettres écrites d’Italie ; II : Lettres et journaux écrits pendant le voyage d’Égypte. Maspero Gaston, éd. Paris : Leroux (« Bibliothèque égyptologique »), t. XXX et XXXI, 1909. Rééd. Genève : Slatkine reprints, 1973. Rééd. avec une introduction. de R. Lebeau : Paris : Christian Bourgeois, 1986. Rééd. : Suresnes : Éditions Image magie, 1989. Rééd. : Le Voyage d’Égypte : lettres et journaux. Préf. de Robert Solé. Paris : Diderot, 1999.

Petites monographies et articles

  • Discours d’ouverture du cours d’histoire de l’académie de Grenoble. Grenoble : J.-B. Peyronard, 1810.
  • « Observations sur le catalogue des manuscrits coptes du musée Borgia, à Velletri : ouvrage posthume de George Zoega ». Repris du Magasin encyclopédique, octobre 1811. Paris : Impr. de J.B. Sajou, 1811, in-8°. 36 p.
  • Memphis (extrait d’Égypte sous les Pharaons). Grenoble : Vve Peyronard, 1814, in-8°. 32 p.
  • « Lettres sur les odes gnostiques attribuées à Salomon ». Magasin Encyclopédique, avril 1815, in-8°, 12 p.
  • « Observations sur les fragmens coptes (en dialecte baschmourique) de l’Ancien et du Nouveau Testament, publiés par M. W.F. Engelbrecht, à Copenhague ». Annales encyclopédiques, année 1817, 16 p.
  • C[hampollion] S[aquir]. – Observations sur la brochure intitulée : La mission à Grenoble. Grenoble : Vve Peyronard, 1818, in-8°, 20 p.
  • Attention ! Paris : Corréard, 1820, in-8°, 16 p.
  • « Lettre à M. le rédacteur de la Revue encyclopédique relative au Zodiaque de Dendera ». Revue encyclopédique, XV, juillet 1822, p. 232-239.
  • « Analyse du mémoire sur la découverte phonétique ». Journal des savants, 1822, p. 620-628.
  • « Observations sur l’obélisque égyptien de l’île de Philae ». Revue encyclopédique, mars 1822, 8 p.
  • « Lettre à M. Letronne sur l’expression phonétique des noms Pétémenon et de Cléopâtre, dans les hiéroglyphes de la momie rapportée par M. Cailliaud. ». Avec une planche. Repris du Bulletin universel des sciences et de l’industrie, VIIe section, 1824. Paris : Bobée, 1824, in-8°, 8 p., 1 pl. Rééd. in : Observations critiques et archéologiques sur l’objet des représentations zodiacales qui nous restent de l’Antiquité…, par M. Letronne. Paris : Auguste Rouland, mars 1824. p. 111-118.
  • « Antiquités égyptiennes. Extrait des lettres de Champollion le Jeune, datées de Turin les 9 et 14 juin 1824 ». Repris du Bulletin universel des sciences et de l’industrie, VIIe section, novembre 1824, p. 18-23. Paris : Impr. de Fain, 1824, in-8°, 6 p.
  • Papyrus égyptiens historiques du musée royal de Turin. Extrait des Lettres de Champollion le jeune. Paris : Impr. de Fain, 1824, in-8°, 8 p.
  • « Antiquités égyptiennes : collection Drovetti. ». Revue encyclopédique, juin 1824. Paris : Impr. de Rignoux, 1824, in-8°, 4 p.
  • « Réponse aux observations de Valeriani relative à la découverte de l’alphabet phonétique ». Revue encyclopédique, XXI, année 1825, p. 225.
  • Écritures égyptiennes. Paris : Impr. de Fain, 1825, in-8°, 8 p.
  • « Explication de la principale scène peinte des papyrus funéraires égyptiens ». Bulletin universel des sciences et de l’industrie, VIIe section, novembre 1825, 10 p.
  • « Lettre à M. Z. en réponse à M. l’abbé Lanci ». Memorie Romana di Antichità, vol. I, 1825. Rééd. : « Écritures égyptiennes. Lettre de M. Champollion le jeune à M. Z*** ». Bulletin universel des sciences et de l’industrie, VIIe section, août 1825, p. 85-92. Paris : Impr. de Fain, 1825, in-8°, 8 p.
  • « Rapport à son Excellence, M. le duc de Doudeauville, sur la collection égyptienne nouvellement acquise par l’ordre de Sa Majesté à Livourne ». Bulletin universel des sciences et de l’industrie, VIIe section, mai 1826.
  • Notizia sopra un basso relievo della collezione di Salt. Florence : Prelati, 1826.
  • Explication d’une stèle égyptienne représentant un Sésostris enfant. Livourne, 1826.
  • « Essay on Dr. Young and M. Champollion’s phonetic system of hieroglyphics, etc. Essai sur le système des hiéroglyphes phonétiques du Dr Young et de M. Champollion… par M. Henry Salt… Notice sur cet ouvrage ». Bulletin universel des sciences et de l’industrie, VIIe section, janvier 1826, 8 p.
  • « Notice sur le papyrus hiératique et les peintures du cercueil de Pétaménoph ». Avec une planche. In Cailliaud de Nantes M. F., Voyage à Méroë. Paris : Imprimerie royale, 1827, 36 p., 1 pl.
  • « Analyse critique de la Lettre de M. Klaproth sur la découverte des hiéroglyphes acrologiques de M. de Goulianof ». Bulletin universel des sciences et de l’industrie, VIIe section, avril 1827.
  • Lettre sur la découverte des hiéroglyphes acrologiques, adressée à M. le chev. de Goulianoff par M. Klaproth. Analyse critique de cet ouvrage. Paris : Impr. de Fain, 1827, 4 p.
  • Aperçu des résultats historiques de la découverte de l’alphabet hiéroglyphique égyptien. Paris : Impr. de Fain, 1827, 20 p.
  • Les Monuments de l’Égypte et de la Nubie. Prospectus. Paris : Firmin Didot, 1831, 32 p.

Bibliographie critique sélective   

[N. B. : Jusqu’en 1990, la bibliographie sur Champollion est réunie dans Kettel Jeannot. – « Jean-François Champollion le Jeune. Répertoire de bibliographie analytique 1806-1989 ». In Mémoires de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, nouvelle série, t. X, 1990.

À partir de 1824, les travaux de Champollion, de ses admirateurs et de ses adversaires ont fait l’objet de revues critiques dans Bulletin universel des sciences et de l’industrie, VIIe section.]

  • Klaproth Jules. – Lettre à M. Champollion le jeune, relative à l’affinité du copte avec les langues du Nord de l’Asie et du Nord-Est de l’Europe. Paris, 1823.
  • Young Thomas. – An account of some recent discoveries in hieroglyphical literature and Egyptian antiquities including the author’s original alphabet as extended by M. Champollion with a translation of five unpublished Greek and Egyptian Manuscripts. Londres : John Murray, 1823.
  • Ausonioli Th. [pseud. de Goulianof Ivan Alexandrevitch]. – Opuscules archéographiques. 1re livraison. Paris : P. Dufart, 1824, 44 p.
  • Spohn Frédéric Auguste Guillaume. – De lingua et litteris veterum Ægyptiorum cum permultis tabis lithographicis literas Ægyptiorum tum vulgari tum sacerdotali ratione scripas explicantibus et interpretationem Rosettanae aliarumque inscriptionum et aliquot voluminum papyraceorum in sepulcris repertorum exhibentibus. Accedunt grammatica atque glossarium Ægyptiacum edidit et absolvit Gustavus Seyffarth, pars prima. Leipzig : Weidmann, 1825, XVI-36 p.
  • Salt Henry. – Essai sur le système des hiéroglyphes phonétiques du docteur Young et de M. Champollion le jeune avec quelques découvertes additionnelles qui se rendent applicable à la lecture des noms des anciens rois d’Egypte et d’Ethiopie par M. Henry Salt, consul général de S. M. Britannique en Égypte. Traduit de l’anglais et augmenté de notes par M. L. Devèze. Trad. de l’anglais et aug. de notes par M. L. Devèze. Paris : Bobée et Hingray ; Treuttel et Wurtz ; Debure Frères, 1827, 6 pl.
  • Goulianof Ivan Alexandrevitch (chevalier de). – Essai sur les hiéroglyphes d’Horapollon et quelques mots sur la cabale. Paris : P. Dufart, avril 1827, 50 p.
  • Rosengarten Jean. – De Prisca Ægyptiorum litteratura commentatio prima. Weimar : Landes industrie, 1827, xv-72 p., pl.
  • Klaproth Jules. – Lettre sur ta découverte des hiéroglyphes acrologiques, adressée à M. de Goulianof. Paris : Merlin, 1827.
  • Klaproth Jules. – Seconde lettre sur les hiéroglyphes. Paris : Merlin, 1827.
  • Klaproth Jules. – Observations sur la découverte de l’alphabet hiéroglyphique faite par Champollion. Paris : Merlin, 1827.
  • Coquerel Athanase Laurent Charles. – Lettre à Mr. Charles Coquerel, sur le système hiéroglyphique de Champollion, considéré dans ses rapports avec l’écriture Sainte. Amsterdam : Héritiers H. Gartman, 1825.
  • Silvestre de Sacy Antoine-Isaac (baron). – Notice sur les ouvrages intitulés Lettre à M. Dacier, relative à l’alphabet des hiéroglyphes phonétiques employés par les Égyptiens etc. par M. Champollion le jeune ; 2. Précis du système hiéroglyphique des anciens Égyptiens etc. etc., par le même ; 3. An account of some recent discoveries in hieroglyphical literature and Egyptian antiquities etc., by Thomas Young [Exposé de quelques découvertes récentes concernant la littérature hiéroglyphique et les antiquités égyptiennes, où se trouve l’alphabet original de l’auteur augmenté par M. Champollion avec la traduction de cinq manuscrits grecs et égyptiens inédits] ». Journal des savants, mars 1825, 16 p.
  • Klaproth Jules. – Lettre sur la découverte des hiéroglyphes acrologiques adressée à M. Le Chevalier de Goulianoff. Paris : J. S. Merlin, 1827.
  • Dujardin. – Les Hiéroglyphes et la langue égyptienne à propos de la Grammaire de M. Champollion le Jeune. [s. l. n. d.].
  • Seyffarth Gustav. – Réplique aux objections de M. J. F. Champollion le Jeune contre le système hiéroglyphique de MM. F.A.G. Spohn et G. Seyffarth. Leipzig : Jean Ambroise Barth, 1827.
  • Henry Dominique. – Lettre à M. Champollion le Jeune sur l’incertitude de l’âge des monuments égyptiens. Paris : Bossange, 1828.
  • Klaproth Jules. – Collection d’antiquités égyptiennes, recueillies par M. le chevalier de Palin, publiées par MM. Dorow et Klaproth en 33 planches, auxquelles on en a joint une trente-quatrième, représentant les plus beaux scarabées… de M. J. Passalacqua, précédées d’observations critiques sur l’alphabet hiéroglyphique découvert par M. Champollion le jeune, et sur le progrès fait jusqu’à ce jour dans l’art de déchiffrer les anciennes écritures. Paris : Gide, 1829, 40 p.
  • Greppo J.-G.-Honoré. – Essai sur le système hiéroglyphique de M. Champollion le Jeune, et sur les avantages qu’il offre à la critique sacrée. Paris : Dondey-Dupré Père et Fils, 1829.
  • Klaproth Jules. – Examen critique des travaux de Feu M. Champollion sur les hiéroglyphes. Paris : Impr. de Dondey-Dupré, Père et Fils, 1832.
  • Rosellini Ippolito. – Tributo di reconoscenza e d’amore alla memoria di G.-Fr. Champollion. Pise, 1832.
  • Walckenaer Charles-Athanase (baron). – Funérailles de M. Champollion le jeune. Discours de M. le Baron Walckenaer… prononcé aux funérailles de M. Champollion le jeune le 6 mars 1832. Institut de France. Académie Royale des Inscriptions et belles Lettres. Paris : Firmin Didot, 1832, 4 p. –* Affre Denis Auguste, Mg. – Nouvel essai sur les hiéroglyphes égyptiens d’après la critique de M. Klaproth sur les travaux de M. Champollion le jeune. Paris : A. Le Clere et Cie, 1834, 32 p.
  • Silvestre de Sacy Antoine-Isaac (baron). – Notice sur la vie et les ouvrages de M. Champollion le Jeune. Paris : Firmin Didot, 1833.
  • Goulianof Ivan Alexandrevitch (chevalier de). – Archéologie égyptienne ou recherche sur l’expression des signes hiéroglyphiques et sur les élémens de la langue sacrée des Égyptiens. Leipzig : Jean Ambroise Barth, 1839, XX-312 p.
  • Archinard André. – La Chronologie sacrée basée sur les découvertes de Champollion. Paris ; Genève, 1841.
  • Champollion-Figeac Jacques-Joseph. – Notices des manuscrits autographes de Champollion le Jeune, perdus en l’année 1832 et retrouvés en 1840. Paris : Firmin Didot, 1842, 48 p., 1 pl.
  • Dulaurier Édouard. – Examen de quelques points des doctrines de J. F. Champollion relatives à l’écriture hiéroglyphique des anciens égyptiens. Paris : Firmin Didot, 1847.
  • Champollion-Figeac Aimé. – Les Deux Champollion. Leur vie et leurs œuvres, leur correspondance archéologique relative au Dauphiné et à l’Égypte. Étude complète de biographie et de bibliographie 1778-1867 d’après des documents inédits. Grenoble : Xavier Drevet, 1887.
  • La Brière Léon (de). – Champollion inconnu : lettres inédites. Paris : Plon ; Nourrit, 1897, 204 p.
  • Hartleben Hermine. – Jean-François Champollion. Sa vie et son œuvre 1790-1832. Rééd. Paris : Pygmalion, 1983.
  • Recueil d’études égyptologiques dédiées à la mémoire de Jean-François Champollion à l’occasion du Centenaire de la Lettre à M. Dacier relative à l’alphabet des hiéroglyphes phonétiques lue à l’Académie des inscriptions et belles-lettres le 27 septembre 1822. Bibliothèque des Hautes Études des sciences historiques et philologiques, 234. Paris : Champion, 1922, 788 p.
  • Naville Édouard. – Champollion. Genève : Société anonyme des éditions Sonor, 1922.
  • Hommage de l’Académie des inscriptions et belles-lettres à la mémoire de J.-Fr. Champollion, à l’occasion du centième anniversaire du déchiffrement de l’écriture hiéroglyphique. Fondation Eugène Piot, Monuments et mémoires, t. XXV. Paris : Leroux, 1921-1922.
  • Tresson Paul (abbé). – Recueil de pièces intéressant la succession de Champollion le Jeune. Grenoble : Impr. Allier, 1942.
  • Textes et langages de l’Égypte pharaonique. Cent cinquante années de recherche 1822-1972. Bibliothèque d’études de l’Ifao, LXIV/1-3. Le Caire : Institut français d’archéologie orientale, 1972.
  • Champollion et le déchiffrement des hiéroglyphes : exposition du 150e anniversaire, 1822-1972. Cat. par Pierre Vaillant. Grenoble : bibliothèque de Grenoble, 1972.
  • Carbonnel Charles-Olivier. – L’Autre Champollion. Préf. de Jean Leclant. Toulouse : Presses de l’Institut politique de Toulouse, 1984.
  • Lacouture Jean. – Champollion. Une vie de lumières. Paris : Grasset, 1988.
  • Gabolde Marc. – « Une lettre inédite de Jean-François Champollion à la bibliothèque de l’Académie de Lyon ». Bulletin du Cercle lyonnais d’égyptologie Victor Loret, n° 4, 1990, p. 6-35.
  • Dewachter Michel. – Champollion. Un scribe pour l’Égypte. Paris : Gallimard (« Découvertes Gallimard »), 1990, 144 p.
  • Hommage de l’Europe à Champollion. Mémoires d’Égypte. Préf. d’Emmanuel Le Roy Ladurie. Paris : La Nuée bleue, 1990.
  • Mémoires d’Égypte. Notices descriptives des objets présentés : [catalogue de l’exposition], Paris, Bibliothèque nationale de France, Strasbourg, église Saint-Paul, Berlin, musée d’Égyptologie. Strasbourg : La Nuée bleue, 1990.
  • Lunel Alain. – Le Rêve inachevé : chronique historique : Jean-François Champollion d’après les écrits de son frère, J.-J. Champollion-Figeac. Paris : Intertextes, 1990.
  • Dewachter Michel et Fouchart Alain, éd. – L’Égyptologie et les Champollion. De l’Égypte des pharaons à celle de 1990. Hommage de Grenoble aux frères Champollion. Actes du colloque international, Grenoble, 29 novembre-1er décembre 1990. Grenoble : Presses universitaires de Grenoble, 1994.
  • Capasso Mario. – « A proposito dell’itinerario papirologico di Jean-François Champollion ». In Atti del VI Congresso Internazionale di Egittologia, Turin, 1-8 septembre 1991. Turin : International Association of Egyptologists, 1993, vol. 2, p. 51-59.
  • Dereymez Jean-William. – « “Mon très cher frère…” : les billets de Jean-François à Jacques-Joseph Champollion (1804-1807) ». s. l. s. n., 1995.
  • Schneider Hans D. – Notes diverses d’un futur grand antiquaire : un manuscrit de jeunesse de J.-F. Champollion se trouvant au musée des Antiquités des Pays-Bas à Leyde. Leyde : Brepols, 2006.
  • Gady Éric. – Le Pharaon, l’égyptologue et le diplomate : les égyptologues français en Égypte du voyage de Champollion à la crise de Suez (1828-1956), thèse de doctorat, université Paris IV-Sorbonne, 2005.

Sources identifiées   

Grenoble, Bibliothèque municipale

  • Lettres écrites à son frère depuis son enfance (64 vol.) : conservées dans la famille, à Vif près de Grenoble. Des microfilms de ces documents sont déposés à la bibliothèque municipale.

Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits

  • Papiers des familles Champollion et Champollion-Figeac, 179 F : cote n.a.f. 15 777
  • Papiers de Jean-François Champollion le Jeune, 68 volumes : cote n.a.f. 20 303-20 390
  • Papiers et correspondance de Jean-François Champollion le Jeune, 112 F : cote n.a.f. 23 142
Léon Cogniet, Jean-François Champollion, 1831, Paris, musée du Louvre, ©Gérard Blot. Huile sur toile, 73,5 x 60 cm.
Mise en ligne : 21 novembre 2008
Notice(s) de AUFRÈRE Sydney
• LETRONNE, Antoine-Jean