La future bibliothèque de l’INHAProjet et programmation

La salle Labrouste rénovée, avril 2016. © Jean-Christophe Ballot - BnF/INHA/OPPIC

Depuis 2010, de grands travaux de réhabilitation et de rénovation ont lieu au sein du quadrilatère Richelieu. Ces travaux ont pour premier objectif de réhabiliter les bâtiments et équipements afin de mieux assurer la sécurité des personnes, des biens et des collections patrimoniales. Ils s’attachent à la mise aux normes de sécurité, à la rénovation de l’installation électrique, au renouvellement des équipements techniques, à la rénovation et à l’extension des magasins et à la remise en état du clos et couvert.

À cette exigence technique s’en ajoute une autre, plus ambitieuse encore : celle de tracer un nouveau destin pour le quadrilatère et d’en rénover de manière approfondie l’offre, les bâtiments et espaces. Les travaux se déroulent sans fermeture aux publics. L’opération comprend deux phases. La première concerne les travaux de la zone Labrouste et cour d’honneur. Elle doit aboutir avec l’installation, en 2016, de la bibliothèque de l’INHA, de la bibliothèque de l’École nationale des chartes et le redéploiement d’une partie des départements spécialisés de la Bibliothèque nationale de France. La seconde, relative aux travaux des zones Vivienne – salle Ovale – Tubeuf permettra le redéploiement des départements de la BnF situés dans cette zone.

En 2007, Bruno Gaudin, architecte auquel on doit de belles réalisations (la rénovation du musée Guimet, la construction de l’École d’art et de design d’Amiens, la Bibliothèque universitaire de l’École normale supérieure de Lyon), est sélectionné parmi 58 candidats. Il est assisté des entreprises Iosis, L’observatoire 1, et Casso. Jean-François Lagneau, architecte en chef des monuments historiques, aidé de Patrice Girard, a la charge de la réhabilitation des espaces classés au sein du quadrilatère et notamment de la salle Labrouste. La maîtrise d’ouvrage est confiée à l’OPPIC (Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la culture).

La bibliothèque de l'INHA redéploiera ses collections et ses services dans la salle Labrouste, sur 4 niveaux du magasin central et sur plusieurs niveaux de l’aile Richelieu, couvrant au total près de 10 000 m². Déjà riche de 1 471 000 documents, héritière de la Bibliothèque d’art et d’archéologie fondée par le couturier et mécène Jacques Doucet, la bibliothèque s'est enrichie des collections de la Bibliothèque centrale des musées nationaux, créée au XIXe siècle, autrefois installée au palais du Louvre et composante du service des bibliothèques, des archives et de la documentation générale des musées nationaux (SBADG) du ministère de la culture, qui a intégré l'INHA le 1er janvier 2016. Les collections de la BCMN, particulièrement riches en catalogues de musées français et étrangers, catalogues d’expositions, bulletins de musées et catalogues de ventes publiques, représentent environ 300 000 volumes. Enfin, une partie des imprimés de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts (environ 40 000 documents) rejoindra également l'INHA.
Cet ensemble exceptionnel de près de 2 millions de documents sera complété par la présence proche de la bibliothèque de l’École nationale des chartes (155 000 documents), et des départements spécialisés de la Bibliothèque nationale de France.

La conception de cette bibliothèque, qui offrira 400 places de lecture, répond à un certain nombre de principes fondateurs, qui peuvent être résumés comme suit :

  • elle est destinée à combler le retard de la France en matière de sources documentaires pour la recherche en histoire de l’art ;
  • elle formera, avec le soutien à la recherche, l’un des deux socles de l’INHA, pensés en complémentarité et enrichissement réciproques ;
  • elle offrira à un public de chercheurs, de professionnels, d’amateurs une part importante de ses collections d’ouvrages et de périodiques en libre accès (150 000 documents)
  • bibliothèque de recherche, elle sera à même de refléter l’actualité de la recherche au niveau international, par un recours important aux sources et réseaux informatiques de tous types ;
  • bibliothèque numérique, elle offrira accès à distance à ses principaux fonds numérisés (manuscrits, livres anciens, estampes, photographies).

Cette bibliothèque fera de la richesse et de la pertinence de ses collections d’une part, et de la qualité de ses services aux utilisateurs d’autre part ses exigences premières ; elle offrira à son public un ensemble de services documentaires approfondis.

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