Historique de la bibliothèquePlus d'un siècle de collections pour l'histoire de l'art

Portrait de Jacques Doucet

Au début des années 1900, le grand couturier et mécène Jacques Doucet (1853-1929), célèbre pour sa collection d’œuvres d’art du XVIIIe siècle, constate l’état de pénurie où se trouve alors la recherche en histoire de l’art en France. Il décide de consacrer une part de sa fortune à la création d’une bibliothèque, en réunissant « les documents, imprimés, estampes, photographies nécessaires à l’étude de l’art de tous les temps et de tous les pays et de mettre cet ensemble à la disposition des travailleurs ».

Cet amateur d’art, sans formation universitaire, demande à d'éminents spécialistes de chaque domaine inventorié de l’aider à dresser un recensement de textes, de recueils de gravures et de reproductions nécessaires à la connaissance de l’évolution artistique. Il se préoccupe aussi d’acquérir systématiquement les sources elles-mêmes : manuscrits, textes imprimés fondamentaux. Quant aux documents graphiques anciens, recueils d’ornements et estampes, il les conçoit comme un moyen de diffuser les techniques de travail et comme un trésor d’images reflétant le goût de chaque époque. Doucet crée également un Cabinet d’estampes modernes afin d’illustrer les tendances de l’art contemporain. Les plus grands artistes y sont représentés : Bonnard, Degas, Gauguin, Manet, Matisse, Redon, Toulouse-Lautrec.

Le souci de la diffusion complète chez Doucet la passion du collectionneur. Il fonde le Répertoire d’art et d’archéologie, bibliographie de référence, ouvre aux amateurs éclairés sa bibliothèque, installée dans son hôtel de la rue Spontini depuis 1909, et n’a de cesse de multiplier les accès possibles à la recherche. Il constitue une photothèque consacrée à l’art en achetant de nombreux clichés et en finançant des campagnes de prises de vue.

En 1918, Jacques Doucet fait donation de ses prestigieuses collections à l’université de Paris : la Bibliothèque d’art et d’archéologie prend le statut de bibliothèque universitaire. Implantée rue Michelet en 1935, elle fut par la suite rattachée à deux universités, Paris IV et Paris I. En 1981, la Bibliothèque d’art et d’archéologie Jacques Doucet devient le Centre d’acquisition et de diffusion pour l’information scientifique et technique (CADIST) en art et archéologie. Ses collections s’enrichissent et l’espace rue Michelet, déjà exigu auparavant, se révèle insuffisant. La bibliothèque déménage en 1992-1993 pour s’installer dans le quadrilatère Richelieu de la Bibliothèque nationale de France. Elle relève de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) depuis janvier 2003.

Aujourd’hui, la bibliothèque offre ses collections et services dans la salle Ovale de la Bibliothèque nationale de France. En 2016, elle se redéploiera dans la salle Labrouste, offrant un plus grand nombre de places, 150 000 volumes en libre accès et des services modernisés.