Barreto, JoanaLauréate du Prix Marc de Montalembert 2015

Biographie

Après une formation en histoire et en histoire de l’art, Joana Barreto consacre ses travaux de Master puis de doctorat à la Renaissance napolitaine. Elle est également titulaire du Capès d’histoire-géographie. Sa thèse de doctorat intitulée Du portrait du roi à l’image de l’État. Les Aragon de Naples dans l’Italie de la Renaissance a été dirigée par M. Philippe Morel et soutenue à l’université Paris I en 2010. Elle a enseigné l’histoire de l’art aux universités de Paris I, de Poitiers et de Toulouse II. Ses travaux sur Naples ont beneficié de l'appui des bourses de l’Académie de France à Madrid, de l’Institut Hollandais à Florence, de la Seconda Università de Naples et d'une Bourse Lavoisier du Ministère des Affaires étrangères. Son post-doctorat mené comme pensionnaire à la Villa Médicis portait sur les images de guerre à la Renaissance. Auteur de nombreux articles et d’un livre collectif sur Naples, elle a aussi participé au manuel d’agrégation La péninsule ibérique et le monde 1470-1640, PUR, 2013 et à une réflexion collective sur les liens entre texte et image.

 

Bibliographie

  • La Majesté en images. Portraits du pouvoir sous les Aragon de Naples, Rome, École Française de Rome, collection Histoire, Archéologie, Sciences Sociales, 2013, n°482, 500 p., 260 ill. coul.
  • avec G. Abbamonte, T. d'Urso, A. Perriccioli-Saggese, F. Senatore, Battaglia nel Rinascimento meridionale. Moduli narrativi tra parole e immagini, actes du colloque (Naples-Teggiano 13-17 avril 2010), Rome, Viella, 2011, 568 p., 110 ill. n/b, 15 x 21.
  • avec J. Cerman, G. Soubigou et V. Toutain-Quittelier Visible et lisible. Confrontations et articulations du texte et de l'image, actes du colloque, (Paris, Institut National d'Histoire de l'Art, 29-30 juin 2006), Paris, Nouveau Monde Éditions, 2007, 360 p..
  • à paraître : avec C. Nativel, Gabriele Quaranta, Voir Gaston de Foix 1512-2012. La construction paradoxale d’un mythe national, 2015, Publications de la Sorbonne.
  • « Une peinture de Pisanello à Naples ? Hypothèse pour la Vierge à l’Enfant avec saint Antoine et saint Georges », Studiolo. Revue d’histoire de l’art de l’Académie de France à Rome, n° 10, 2013, p.193-214.
  • « De l'histoire au mythe: les Aragon de Naples en guerre » dans Philippe Morel (dir.), Le miroir et l’espace du prince dans l’art italien de la Renaissance, Presses de l'Université François-Rabelais et les Presses Universitaires de Rennes, 2012, p. 283-314.
  • « Il diritto all’immagine nella Napoli aragonese : i ritratti di Pontano e Sannazaro», California Italian Studies Journal, John A. Marino et Carlo Vecce (dir.) « The Disciplines of the Arts and Science in Naples : Medieval, Modern, Contemporary », volume 3, n.1, 2012, ISSN: 2155-7926, 28 p. (en ligne : http://www.escholarship.org/uc/item/1t29z5rr).
  • « Artisan ou artiste entre France et Italie ? Le cas de Guglielmo Monaco (Guillaume le Moine) à la cour de Naples au XVe siècle », Laboratoire italien. Politique et société, Lyon, ENS Edition, 11, 2011, p. 301-328.

 

Projet de recherche

Après avoir replacé lors de ma thèse la dynastie aragonaise de Naples dans son contexte italien et européen, je souhaite ouvrir les frontières et changer d'échelle d'analyse. Caractérisée comme porte vers l'Afrique et ouverture vers l'imaginaire oriental par Edward Saïd, Naples s'inscrit aux marges d'une Renaissance occidentale qui était loin d'être fermée aux cultures environnantes. Avec l'installation d'Alphonse V d'Aragon sur le trône napolitain en 1442, et jusqu'à l'éviction de la dynastie aragonaise en 1501, la cour parthénopéenne devient une véritable courroie de transmission entre l'Afrique (via notamment la péninsule espagnole), l'Europe et le Levant méditerranéen. Si son rôle de pivot stratégique entre les sphères musulmane, byzantine et chrétienne a fait l'objet d'études historiques et culturelles, il n'en est pas de même pour les études d'histoire de l'art. Des pratiques artistiques aux imaginaires collectifs, de l'Afrique à Constantinople, ce projet veut cerner le rôle de la cour de Naples comme relais entre aires culturelles séparées mais perméables. Il s’agira d’envisager aussi bien les transferts artistiques - de l’Espagne musulmane à l’Italie, de l’Italie à la Méditerranée orientale – que les images de « l’Autre » - Africains et Turcs. En appuyant ces échanges de formes et de motifs artistiques sur une réflexion autours des termes d' « archaïsme » et de « primitif » qui contrastent avec une vision de la Renaissance comme modernité.