Allegra IafrateLauréate du Prix Marc de Montalembert 2014

Biographie

Allegra Iafrate, née à Bologne en 1985, élève de l'École Normale Supérieure de Pise, s'est formée comme philologue médievale ; pour sa laurea a travaillé sur le moine anglais Matthieu Paris et sur ses manuscrits, auxquels elle a consacré de nombreux articles. Elle a reçu son doctorat en histoire de l'art avec une thèse sur Salomon dans l'art et les légends en Méditerranée médiévale. Pendant les années de sa formation, elle a reçu une bourse pour etudier au Warburg Institute à Londres et à l'Academie Americaine à Rome. Elle a collaboré avec l'éditeur Le Monnier pour les éditions de deux dictionnaires. Parallèlement à son parcours universitaire, elle a aussi suivi un parcours musical, en gagnant un diplôme de violon en 2006.

Bibliographie

  • "Si sequeris casum, casus frangit tibi nasum” : la raccolta delle sorti del ms Ashmole 304", Aevum, 85 (2011) fasc. 2, p. 457-488 ;
  • The Workshop of Fortune : St Albans and the sortes manuscripts", Scriptorium, 66 (2012), p. 55-87
  • “Artifex specialis” : per una lettura critica della figura di Matthew Paris attraverso le fonti, "Opera Nomina Historiae", 2/3 (2010), p. 1-42 ;
  • Of Stars and Men : Matthew Paris and the Illustrations of MS Ashmole 304, « Journal of the Warburg and Courtauld Institute », 76 (2013), pp. 139-177 ;
  • "Ordine di sequenza degli estratti-ordine di sequenza delle figure", in Antiche stelle a Bisanzio. Cod. Vaticanus Graecus 1087. Manoscritti astronomici illustrati, (Giornata di studio, Pisa, February 8), Pisa 2013, ed. by A. Santoni-F. Guidetti, p. 63-68 ;
  • Le Moine et le Hasard (Introduction to the facsimile of ms. Ashmole 304), Paris, éditions Classiques Garnier, en préparation.

Projet de recherche

Ce projet fait suite à ma thèse de doctorat, intitulée : The Wandering Throne of Solomon : Precious Objects and Legends of Kinghsip in the Medieval Mediterranean. Cette recherche en histoire culturelle est centrée sur la circulation d'objets et de traditions littéraires en rapport avec le roi Salomon, en particulier parmi les Chrétiens, les Juifs et les Musulmans de la Méditerranée, approximativement entre les Xe et XIIIe siècles. L'objectif principal de ce travail consiste à montrer comment les objets à fort impact visuel interagissent avec les sources écrites. Cette interaction révèle en effet à quel point de beaux et astucieux objets peuvent obséder l'imagination humaine, ainsi que l'effort continu de l'homme à essayer de faire se correspondre les échos littéraires des merveilles passées en produisant des histoires jugées dignes de devenir des légendes elles-mêmes. La qualité intrinsèque d'objets artistiques (ou de monuments) est davantage mise en valeur une fois que ces derniers font partie intégrante d'une histoire connue ou d'une tradition littéraire. Dans ce contexte, un espace privilégié sera consacré aux automata, situés à mi-chemin entre merveilles techniques et objets précieux. De ce fait, le roi Salomon et les riches éléments liés à son éternelle légende fournissent un sujet de recherche idéal. L'étendue du folklore et des traditions qui lui sont liées constitue un patrimoine culturel commun, partagé par l'Orient comme l'Occident au Moyen Âge. Le pouvoir lié à son nom touche également tout ce avec quoi il était directement en contact (et aussi ce qui lui sera plus tard rattaché), enlevant donc ces éléments du royaume de l'ordinaire et les transformant en objets magiques symboliques et évocateurs.