La prison de la Santé – 1861-2016. L'architecture carcérale du XIXe siècle à l’épreuve du XXIe siècleCycle « Architectures restaurées »

La prison de la Santé © musée Carnavalet

Le cycle Architectures restaurées propose de confronter, à l’occasion des travaux engagés sur un monument, le regard de l’architecte chargé de la restauration à celui du chercheur en histoire de l’architecture, mais aussi, dans une approche plus large et collective, de réunir l’ensemble des acteurs: administrateurs, affectataires, commanditaires, conservateurs, restaurateurs, entrepreneurs, etc., afin d’offrir la vision la plus complète des contraintes et des enjeux inhérents aux travaux de restauration. Il ne s’agit donc pas de mettre un chantier sous les projecteurs de « la critique », mais, au contraire, de valoriser son déroulement, ses contingences et ses acteurs pour mieux saisir la diversité de son histoire économique, technique, matérielle et, pour finir, sociale.

Ce cycle anime actuellement l’axe V du domaine Histoire de l’architecture : construire, restaurer, détruire : les chantiers. L’historien de l’art et l’archéologue oublient trop souvent que leurs sources ne sont pas uniquement celles des périodes qu’ils étudient mais se révèlent aussi dans les gestes et les paroles des artisans des chantiers contemporains (XXe-XXIe siècles). En ouvrant le domaine de la recherche historique à l’observation anthropologique, sans pour autant forcer la greffe, ce cycle offre ainsi un complément de chair aux historiens soucieux de mieux comprendre la technicité des chantiers qu’ils abordent.

Présentation de la séance

Pour cette séance sur la prison de la Santé, il s’agira de réunir des historiens de l’architecture, les architectes de l’APIJ, ceux lauréats de l’appel d’offres, les restaurateurs et entrepreneurs en charge du chantier pour évoquer les conditions d’édification puis les évolutions successives du bâtiment jusqu’au chantier en cours, avec les choix patrimoniaux particuliers qui ont été faits.

Pour étudier aujourd’hui, quelque cent cinquante ans après son ouverture, le cas de la prison de la Santé, ouverte en 1867 et toujours maintenue dans sa fonction d’origine, s’ajoutent aux problématiques de restauration celle du phénomène encore nouveau de la patrimonialisation d’établissements carcéraux. Si « les prisons font aussi partie de notre patrimoine », pour reprendre le titre d’un appel lancé par plusieurs historiens dans Libération le 18 septembre 2014, le chantier de la prison la Santé est particulièrement révélateur des difficultés liées aux ajustements successifs et à la réhabilitation d’un programme à la charge symbolique grande, emblématique de l’enfermement du xixe siècle en France, et aux contraintes multiples.

Comité scientifique

  • Elsa Besson (INHA)
  • Caroline Soppelsa (laboratoire InTRu, université François-Rabelais, Tours)
  • Arnaud Timbert (INHA)

Intervenants

  • Elsa Besson (INHA)
  • Caroline Soppelsa (laboratoire InTRu, université François-Rabelais, Tours)
  • Arnaud Timbert (INHA)

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Informations pratiques

26 octobre 2016 - 9H-18H

Galerie Colbert, salle Vasari
Institut national d’histoire de l’art
2, rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs
75002 Paris

entrée libre