De la profanation (XIXe-XXe siècles)

mardi 26 juin 2007

Galerie colbert
Salle Jullian
2, rue Vivienne
75002 Paris
accès : 6 rue des Petits Champs

Entrée libre

Engagée dans une entreprise de désacralisation et d'autocritique radicales de l'institution « art », la modernité du XIXe siècle a fait un large usage de la profanation, de l'irrévérence à l'outrage, du sacrilège au blasphème. Mais, les avant-gardes du début du XXe siècle en exploiteront toutes les possibilités, à un degré inédit, la revendiquant jusque dans leur vocabulaire comme l'outil privilégié de la neutralisation des valeurs établies et de l'abolition des frontières. Ainsi, Victor Brauner et Ilarie Voronca recommandent-ils d'« uriner sur tout », Malévitch de « cracher sur les idoles …
Mais l'époque des avant-gardes historiques peut-elle être pour autant considérée comme une sorte d'âge d'or de la profanation ? Peut-on affirmer que les mises en scène actuelles de l'obscène, de l'abject, ou encore que les expériences d'automutilations relèvent effectivement de la profanation ? D'une manière générale, dans une société qui ne cesse, depuis le XIXe siècle, de proclamer la mort de Dieu et déplace sans relâche les formes du sacré, à quelles conditions une chose, un objet ou un lieu restent-ils profanables ?

Programme

9 h15
Ouverture de la journée par Éric Darragon, Professeur à l'Université Paris 1, Directeur du CIRHAC

Matin / Modérateur : Catherine Wermester
Intention/procédures/réception

9h30
L'Église et l'abstraction : intégration ou profanation
Fanny Drugeon, doctorante, Université François Rabelais, Tours

10h00
La question du blasphème dans l'œuvre de Francis Picabia
Judith Delfiner, docteur en histoire de l'art, ATER, Université François-Rabelais, Tours

10h30 - Pause

10h45
« Nous sommes et voulons être […] les porteurs des flambeaux de la vérité » (Hans Grundig, 1946) : Des artistes en mission contre la profanation de l'art par le Troisième Reich
Jeanne-Marie Portevin, doctorante, Université Paris 1

11h15
Le drapeau britannique et le “Black Art” : la profanation au service de la revendication
Sophie Orlando, doctorante, chargée de TD, Université Paris 1

11h45 - Questions

Après-midi / Modérateur : Bertrand Tillier
Transgression/déplacement/simulacre

14h00
La sculpture religieuse dans le deuxième tiers du XIXe siècle : faire œuvre de profanation (Dieu n'en mourra pas)
Clélia Simon, doctorante, Université de Paris IV Sorbonne

14h30
Le cas de l'ange dans la revue Jugend : recharge sacrale et profanation d'apparence
Laurence Danguy, docteur en histoire et théorie de l'art (EHESS / Universität Konstanz) ; chargée de cours à l'université de Konstanz 15h00 - pause

15h30
La profanation, une tentation du premier surréalisme (1924-1929) ?
Françoise Levaillant, Directrice de recherche au CNRS, UMR 8150 (« Centre André Chastel »), Paris.

16h00
Détruire pour construire : les expérimentations de l'avant-garde ZERO, 1950-1960
Anne Bariteaud, doctorante, chargée d'études et de recherche, INHA

16h30 - Questions

Documents joints